sophie208 Assidu

Nombre de messages: 2936 Age: 43 Date d'inscription: 09/10/2008
 | Sujet: Homélie pour la Fête de la Toussaint par Saint Bernard et commentaire du jour "Avec tous les saints" Lun 1 Nov - 12:18 | |
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HOMÉLIE POUR LA FÊTE DE LA TOUSSAINT par SAINT BERNARD
 Pourquoi notre louange à l'égard des saints, pourquoi notre chant à leur gloire, pourquoi cette fête même que nous célébrons ? Que leur font ces honneurs terrestres, alors que le Père du ciel, en réalisant la promesse du Fils, les honore lui-même ? De nos honneurs les saints n'ont pas besoin, et rien dans notre culte ne peut leur être utile. De fait, si nous vénérons leur mémoire, c'est pour nous que cela importe, non pour eux. Pour ma part, je l'avoue, je sens que leur souvenir allume en moi un violent désir.
Le premier désir, en effet, que la mémoire des saints éveille, ou plus encore stimule en nous, le voici: nous réjouir dans leur communion tellement désirable et obtenir d'être concitoyens et compagnons des esprits bienheureux, d'être mêlés à l'assemblée des patriarches, à la troupe des prophètes, au groupe des Apôtres, à la foule immense des martyrs, à la communauté des confesseurs; au chœur des vierges, bref d'être associés à la joie et à la communion de tous les saints. Cette Église des premiers-nés nous attend, et nous n'en aurions cure ! Les saints nous désirent et nous n'en ferions aucun cas ! Les justes nous espèrent et nous nous déroberions ! Réveillons-nous enfin, frères ; ressuscitons avec le Christ, cherchons les réalités d'en haut ; ces réalités, savourons-les. Désirons ceux qui nous désirent, courons vers ceux qui nous attendent, et puisqu'ils comptent sur nous, accourons avec nos désirs spirituels. Ce qu'il nous faut souhaiter, ce n'est pas seulement la compagnie des saints, mais leur bonheur, si bien qu'en désirant leur présence, nous ayons l'ambition aussi de partager leur gloire, avec toute l'ardeur et les efforts que cela suppose. Car cette ambition-là n'a rien de mauvais : nul danger à se passionner pour une telle gloire.
Et voici le second désir dont la commémoration des saints nous embrase : voir, comme eux, le Christ nous apparaître, lui qui est notre vie, et paraître, nous aussi, avec lui dans la gloire. Jusque là, il ne se présente pas à nous comme il est en lui-même, mais tel qu'il s'est fait pour nous : notre Tête, non pas couronnée de gloire, mais ceinte par les épines de nos péchés. Il serait honteux que, sous cette tête couronnée d'épines, un membre choisisse une vie facile, car toute la pourpre qui le couvre doit être encore non pas tant celle de l'honneur que celle de la dérision. Viendra le jour de l'avènement du Christ : alors on n'annoncera plus sa mort de manière à nous faire savoir que nous aussi sommes morts et que notre vie est cachée avec lui. La Tête apparaîtra dans la gloire, et avec elle les membres resplendiront de gloire, lorsque le Christ restaurera notre corps d'humilité pour le configurer à la gloire de la Tête, puisque c'est lui la Tête.
Cette gloire, il nous faut la convoiter d'une absolue et ferme ambition. Et vraiment, pour qu'il nous soit permis de l'espérer, et d'aspirer à un tel bonheur, il nous faut rechercher aussi, avec le plus grand soin, l'aide et la prière des saints, afin que leur intercession nous obtienne ce qui demeure hors de nos propres possibilités.
Éditeur : P. Roguet
Commentaire du jour
Concile Vatican II Constitution dogmatique sur l'Eglise « Lumen gentium » § 50-51
Avec tous les saints
De même que notre communion de chrétiens en marche vers Dieu nous rapproche davantage du Christ, ainsi la fraternité entre nous et les saints nous unit au Christ, Source et Tête, qui dispense toute grâce et la vie du Peuple même de Dieu... Notre union avec l'Église du Ciel se réalise avant tout dans la sainte liturgie où la force du Saint Esprit agit sur nous par les signes sacramentels. Lorsque nous célébrons dans une commune allégresse les louanges de la majesté de Dieu, tous, de quelque tribu, langue, peuple et nation que nous soyons, rachetés par le Sang du Christ (Ap 5,9) et rassemblés dans une Église unique, nous chantons d'une même voix les louanges du Dieu un et trine.
Ainsi, quand nous célébrons le sacrifice eucharistique, nous nous unissons très intimement au culte de l'Église du Ciel : réunis dans une même assemblée, nous vénérons d'abord la mémoire de la glorieuse Marie toujours Vierge, mais aussi du bienheureux Joseph, des bienheureux apôtres et martyrs, et de la foule de tous les saints... Nous tous en effet qui sommes fils de Dieu, nous constituons dans le Christ une seule famille (cf He 3,6). Tant que nous communions entre nous dans la charité mutuelle et dans l'unique louange de la très sainte Trinité, nous correspondons à la vocation intime de l'Église, et nous participons, comme par un avant-goût, à la liturgie de la gloire parfaite.
Quand le Christ apparaîtra et que se produira la glorieuse résurrection des morts, la Cité céleste, dont l'Agneau sera la lampe, s'illuminera de la clarté de Dieu (Ap 21,23). Alors toute l'Église des saints, dans le suprême bonheur de l'amour, adorera Dieu et l'Agneau qui a été immolé (Ap 5,12), en proclamant d'une voix unanime : « A Celui qui siège sur le trône et à l'Agneau, louange, honneur, gloire et puissance aux siècles des siècles ! » (Ap 5,13)
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