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 Le Sacrement de l’Ordre

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Thierry
Invité



MessageSujet: Le Sacrement de l’Ordre   Lun 3 Oct - 22:48

Le Sacrement de l’Ordre


Evêque – Prêtre - Diacre

Le mot Ordre est étranger au Nouveau Testament. Il désignait dans le Rome antique chacun des trois corps sociaux parmi lesquels se répartissaient tous les citoyens : les sénateurs, les chevaliers et le peuple. Dans l’Eglise, il distingua, dès le second siècle, le clergé du peuple. Les détenteurs du ministère apostolique, évêques, prêtres et diacres, constituent donc, avec les ministères inférieurs, l’ordre du clergé, tandis que les autres baptisés constituent l’ordre des laïcs ou le peuple. A l’intérieur du clergé, on distingue l’ordre des évêques, l’ordre des prêtres et celui des diacres. Chacun est promu à son ordre respectif par l’ordination, que confère l’imposition des mains de l’évêque. C’est là le sacrement du ministère apostolique.



Dans le ministère apostolique, certaines fonctions majeures relèvent à un titre spécial du sacerdoce du Christ, telle la charge pastorale à le tête de chaque communauté de croyants, la garde de l’intégrité de la foi dans l’annonce du Message de salut, la présidence de toutes les assemblées où l’on célèbre les sacrements, en particulier celles où est conféré le don de l’Esprit et où le pain et le vin sont changé au corps et au sang du Seigneur, ainsi que l’usage du pouvoir de remettre les péchés.



Mais tout le peuple de Dieu n’est-il pas un peuple sacerdotal (1 Pierre 2,5.9) ? Il convient donc d’éclairer la distinction et la relation qui existe entre le sacerdoce baptismal des fidèles et le sacerdoce ministériel des évêques et des prêtres. L’un et l’autre participent au sacerdoce du Prêtre unique, le Seigneur jésus-Christ.



Le Prêtre unique



La Lettre aux Hébreux expose longuement comment le Christ, Fils de Dieu et frères des hommes, est le Grand Prêtre de la Nouvelle Alliance. Prêtre non par appartenance à la famille d’Aaron, mais par appel de Dieu, consacré par son incarnation, il a offert sur la croix le sacrifice de réconciliation en s’immolant lui-même. Son sacrifice, offert dans l’Esprit et agréé par le Père, lui a donné accès au Saint des Saints dans le ciel et a fait de lui le Médiateur entre Dieu et les hommes : Par une unique offrande, il a rendu parfaits à perpétuité ceux qui reçoivent la sanctification (Hébr 10,14).



La réflexion chrétienne ultérieure devait élargir la notion purement sacrificiel du sacerdoce du Christ. S’il est sacrificateur, il est aussi prophète et pasteur ou roi de son peuple. C’est là le triple aspect de son sacerdoce.



Le peuple sacerdotale

Saint Pierre applique au peuple baptisé la parole que le Seigneur avait dit au peuple Israël : Je vous tiendrai pour un royaume de prêtres et une nation consacrée (Ex 19,6). Il invite les chrétiens à devenir un sacerdoce saint, en vue d’offrir des sacrifices spirituels, agréables à Dieu par le Christ (I Pierre 2,5,9). Pour Paul, les membres du corps du Christ participent au sacerdoce de leur chef. Aussi peut-il dire : Je vous exhorte, frères, à offrir vos personnes en hostie vivante, sainte, agréable à Dieu : c’est là le culte spirituel que vous avez à rendre (Rom12,1). C’est donc la communauté des croyants en tant que telle qui est sacerdotale. Chacun de ses membres doit faire de sa vie une offrande, un sacrifice à Dieu. Les fidèles exercent leur sacerdoce en participant à la liturgie, spécialement en offrant le sacrifice eucharistique, mais aussi dans toutes leurs activités familiales et sociales. C’est là qu’ils porteront témoignage au Christ et rendront raison de l’espérance qui est en eux (Vatican II, Lumen Gentium 10).



Le sacerdoce ministériel


Le sacerdoce des évêques et des prêtres diffère essentiellement de celui des fidèles, bien que « l’un et l’autre, chacun selon son mode propre, participent de l’unique sacerdoce du Christ ». Sacerdoce plénier des évêques, sacerdoce de collaborateurs des évêques pour les prêtres, il confère à chacun de ses détenteurs « un pouvoir sacré pour former et conduire le peuple sacerdotal, pour faire, dans le rôle du Christ, le sacrifice eucharistique et l’offrir à Dieu au nom du peuple tout entier » (Vatican II ibid.).



Les allocutions qui ouvrent la liturgie de l’ordination de l’évêque et des prêtres mettent en lumière leurs charges respectives :

Par le ministère de l’évêque, c’est le Christ qui continue d’annoncer la Bonne Nouvelle et de dispenser aux croyants les sacrements de la foi ; par la paternité spirituelle de l’évêque, c’est lui qui agrège à son propre corps de nouveaux membres ; par la sagesse et la prudence de l’évêque, c’est lui qui guide (le peuple de Dieu), dans son pèlerinage terrestre, jusqu’au bonheur du ciel.



Les prêtres sont institués pour être collaborateurs des évêques, associés à eux dans la fonction sacerdotale au service du peuple de Dieu. Configuré au Christ, Prêtre souverain et éternel, le prêtre est consacré pour annoncer l’évangile, pour être le pasteur du peuple de Dieu et pour célébrer la liturgie, surtout en offrant le sacrifice du Seigneur.



Le ministère diaconal
( aussi « Diaconat permanent »)



Le diacre ne participe pas au sacerdoce ministériel, il est établi pour le service de l’évêque et de tout el peuple de Dieu.



Le diacre a pour mission d’aider l’évêque et ses prêtres dans le service de la parole, de l’autel et de la charité, en se montrant le serviteur de tous.



La prière d’ordination du diacre détaille ensuite ses diverses fonctions. On y voit entre autres que le service de la parole confié au diacre déborde le domaine de la célébration liturgique. L’évêque peut l’envoyer « porter la parole de Dieu aux incroyants et aux croyants »



Dans l’ordination, le Saint-Esprit est conféré à l’évêque, aux prêtres et aux diacres par l’imposition des mains, mais d’une manière particulière pour chaque ordre. Tous les évêques présents imposent les mains à celui qui entre dans le collège des successeurs des apôtres. L’évêque et les membres du presbytérium imposent les mains à celui qui devient prêtre. Dans l’ordination des diacres, seul l’évêque leur impose les mains. Le sacrement marque d’une empreinte, que nul ne peut faire disparaître, l’évêque et le prêtre, configurés au Christ prêtre, ainsi que le diacre, configuré au Christ serviteur.
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Thierry
Invité



MessageSujet: Re: Le Sacrement de l’Ordre   Lun 3 Oct - 22:57

L'ordination d'un évêque.

Le futur évêque reçoit la plénitude du sacerdoce, au milieu de son peuple dans sa cathédrale, au cours de la messe concélébrée par plusieurs évêques et tout le "persbyterium", assistés des diacres. Après l'évangile, il est appelé à s'engager en présence de tous à maintenir la foi apostolique; à s'acquitter des devoirs de sa charge au service du peuple; à annoncer l'Evangile "avec fidélité et sans relâche", à garder le dépôt de la foi, à travailler à construire le corps du Christ, avec le collège des évêques, sous l'autorité du successeur de Pierre; à guider le peuple vers le salut, avec ses compagnons de service, les prêtres et les diacres; à accueillir avec amour ceux qui sont dans le besoin et à ramener les égarés; à prier sans se lasser et à remplir, comme il convient, sa fonction sacerdotale.

Après l'imposition des mains par chaque évêque, geste apostolique par excellence, le consécrateur principal dit la prière consécratoire en imposant sur la tête de l'ordinand le livre des évangiles ouvert. Ce rite manifeste que l'évêque est soumis à l'Evangile en tout son ministère. Plusieurs rites complémentaires expriment le mystère qui vient de se réaliser: l'évêque consacré reçoit l'onction sur la tête et on lui donne le livre des évangiles et les insignes de sa mission: l'anneau, symbole de la fidélité ("gardez dans la pureté de la foi de l'Eglise, qui est l'épouse du Christ") et le bâton du pasteur, signe de sa charge. A partir de ce moment, l'évêque prend place sur le siège épiscopal et préside l'eucharistie au milieu de son peuple.



L'ordination des prêtres.

Les futurs prêtres reçoivent le sacerdoce en tant que collaborateurs de l'évêque et membres du presbyterium. Tout le rite de l'ordination met ce caractère en lumière. Le candidat s'engage à collaborer avec l'évêque "pour servir et guider le peuple de Dieu sous la conduite de l'Esprit Saint"; à annoncer l'Evangile et à célébrer les sacrements selon la Tradition de l'Eglise "pour la louange de Dieu et la sanctification du peuple chrétien"; à s'unir chaque jour davantage au Christ qui s'est offert pour nous à son Père et à se consacrer avec lui, à Dieu et aux hommes; enfin, il promet de vivre en communion avec l'évêque dans le respect et l'obéissance.

L'évêque transmet alors la mission qu'il a lui même reçue: il confère le sacrement en imposant les mains sur chaque ordinand. Les prêtres présents reprennent le même geste, en silence, pour signifier l'entrée du nouveau prêtre dans le presbyterium. L'évêque prononce la prière consécratoire, puis il oint les mains du consacré pour que celui ci sanctifie le peuple et offre à Dieu le sacrifice eucharistique. Il lui remet les insignes de sa mission: le calice rempli de vin et la patène avec le pain. "Recevez l'offrande du peuple saint pour la présenter à Dieu. Prenez conscience de ce que vous ferez, vivez ce que vous accomplirez". Le nouveau prêtre concélèbre alors pour la première fois avec l'évêque et les autres prêtres.


L'ordination des diacres.

Ceux qui se préparent au sacerdoce reçoivent d'abord l'ordination diaconale. Mais le diaconat peut également être conféré indépendamment du sacerdoce: on l'appelle le "diaconat permanent ".

L'Eglise latine choisit ses diacres permanents parmi les hommes célibataires ou mariés. Celui qui n'est pas marié s'engage, dans l'ordination, devant Dieu et devant l'Eglise à garder toute sa vie le célibat: "En acceptant par amour les exigences de cet état, vous manifesterez votre disponibilité pour tous les hommes et par votre vie vous témoignerez que Dieu doit être aimé plus que tout". Pour le candidat marié, l'évêque demande le consentement de l'épouse: "L'Eglise me demande d'ordonner diacre votre mari. Acceptez-vous ce que cette ordination va entraîner pour votre vie conjugale et familiale ?".

Le candidat s'engage à accomplir sa mission avec charité et simplicité de coeur; à garder intact le mystère de la foi et à le proclamer en parole et en acte; à être fidèle à la prière et à conformer sa vie au Christ dont il distribuera le corps et le sang aux fidèles. Il promet de vivre en communion avec l'évêque, dans le respect et dans l'obéissance.

Après l'imposition des mains, I'évêque prononce la prière consécratoire; puis il remet au diacre le livre des évangiles: "Soyez attentif à croire à la Parole que vous lirez, à enseigner ce que vous avez cru, à vivre ce que vous aurez enseigné".
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