Forum Religion Catholique

Forum convivial pour partager notre foi, nos prières, accueillir tous les Catholiques qui souhaitent découvrir ou redécouvrir notre belle Religion
 
AccueilPortailCalendrierFAQS'enregistrerConnexion

Partagez | 
 

 Enseignement sur "la Jalousie"

Aller en bas 
AuteurMessage
Invité
Invité
avatar


MessageSujet: Enseignement sur "la Jalousie"   Sam 24 Avr - 15:45:03

De la jalousie, nous exposerons d'abord la nature, puis ce qui en fait une maladie spirituelle, le caractère diabolique de cette maladie, ses effets néfastes sur l'âme et sur le corps, et enfin ses remèdes
.

1. La nature de la jalousie


Saint Thomas d'Aquin a fait une analyse très fine de la jalousie et de son lien existentiel avec l'envie. L'envie est essentiellement une tristesse ; c'est la tristesse du bien d'autrui. Le langage courant associe à ce point jalousie et envie qu'il les confond, mais en réalité ce sont deux sentiments
distincts.
L'envie désigne le mauvais oeil qui ne peut voir le bien d'autrui sans s'en attrister, tandis que la jalousie est un amour passionné qui n'admet pas de partage. M. de La Rochefoucauld, dans ses Maximes, a bien saisi la différence entre jalousie et envie : "La jalousie, écrit-il, tend à conserver un bien quinous appartient ou que nous croyons nous appartenir, au lieu que
l'envie est une fureur qui ne peut souffrir le bien des autres"
(Maximes, éd. Firmin-Diderot, p. 153). La distinction de la jalousie et
de l'envie n'est pas difficile à comprendre; dans la pratique cependant,
la jalousie est habituellement si pénétrée d'envie qu'elle en épouse la
tristesse et la fureur. Avec saint Thomas, on peut dire plus
précisément que la jalousie est une espèce d'envie: c'est l'envie qui
naît de l'émulation et du zèle. Les autres espèces d'envie, selon Maître
Thomas, sont celle qui naît de la crainte, celle qui naît de
l'indignation, et celle qui naît de l'orgueil. Dans l'envie, qui naît de
l'émulation ou du zèle, et qui est à proprement parler la jalousie, la
tristesse du bien d'autrui que ressent la personne jalouse vient d'un
amour si vif et si intense qu'il ne peut tolérer rien de ce qui lui
répugne ou le contrarie.



La personne jalouse devient triste à la pensée, qui naît du soupçon, qu'elle n'a pas tout le coeur de son bien-aimé ou de sa bien-aimée. Cette tristesse torture tellement l'âme que la personne jalouse vit dans une inquiétude perpétuelle, une méfiance qui la pousse à surveiller la personne qu'elle dit aimer ­ dansses paroles, dans ses attitudes, dans ses actes, dans ses allées et venues ­ essayant d'y trouver quelque justification à ses soupçons. Elle
a tôt fait de conclure dans le sens de ses appréhensions. D'où le
mensonge qui s'insère de plus en plus dans son esprit ; et ce mensonge
consiste dans une fausse certitude qu'elle se fabrique à partir de son
imagination. Oui, mon mari me trompe, pense la femme jalouse, parce
qu'avec moi il n'a pas les mêmes prévenances, les mêmes gentillesses
qu'avec telle ou telle autre dame. Oui, ma femme me trompe, dira un mari
jaloux, parce qu'elle aime trop le monde, elle aime trop s'évader de la
maison. Devant tel ou tel monsieur, elle semble séduite; ses yeux
deviennent brillants, alors que depuis bien longtemps elle ne me regarde
plus ainsi. C'est certain qu'elle m'est infidèle, soupire-t-il. En
réalité, lorsqu'il y a jalousie, il ne peut pas ne pas y avoir de la
tristesse non seulement dans la personne jalouse, mais aussi dans la
personne victime de la jalousie. La tristesse que la personne jalouse
remarque, pour se justifier, chez la personne qu'elle voudrait posséder
toute entière est un effet de sa propre jalousie. C'est ainsi que la
jalousie engendre chez les autres la tristesse dont elle se nourrit

[center]elle-même.


2. La jalousie-vertu et la jalousie-maladie


Nous avons vu que la tristesse est une grave maladie de l'âme, mais cependant pas toujours. Car il peut y avoir une bonne tristesse, celle qui s'origine dans la prise de conscience du mal dont nous sommes responsables, et quiengendre la contrition conduisant l'âme à la conversion. Toute tristesse qui n'est pas orientée vers le bien de l'âme, ou encore
s'inscrirait dans la poursuite d'un bien temporel avec des sentiments
contraires à l'amour de Dieu ou du prochain, sera toujours une maladie
très nuisible à l'âme. Il en va ainsi pour l'envie qui naît de
l'émulation ou du zèle, c'est-à-dire la jalousie. Si une personne aime
Dieu d'un amour ardent, qui s'attriste de le voir offensé, son amour
jaloux de Dieu est vertueux. De même, si quelqu'un s'attriste de la
prospérité des méchants, parce qu'il souffre de la haine qu'ils ont
envers Dieu et du mal qu'ils répandent dans la société, son zèle est
évidemment vertueux. Ainsi saint Thomas d'Aquin n'hésite pas à affirmer
qu'il peut exister une jalousie vertueuse, si elle a pour objet les
biens spirituels et nous stimule à égaler et même à surpasser en matière
de perfection des rivaux. Ce zèle peut être louable encore, dit-il,
lorsqu'il est appliqué à la poursuite de biens terrestres, pourvu qu'il
ne comporte rien de déshonnête et ne soit pas inspiré par l'égoïsme et
l'orgueil.

La jalousie, maladie de l'âme, est toujours inspirée par un égoïsme
exclusif, qui veut être seul à jouir d'un bien et qui ne souffre aucun
concurrent. Elle manifeste donc un amour égoïste, passionné,
radicalement ouvert à une haine, pouvant être féroce, envers quiconque
pourrait menacer la possession du bien auquel le coeur est attaché d'une
façon désordonnée. C'est que la personne jalouse est une personne dont
l'amour pour une autre n'est nullement un amour d'amitié ­ qui ne peut
pas exister sans gratuité et désintéressement ­ mais reste au niveau
d'un amour de convoitise. La jalousie, alors, dans la mesure où aucun
remède efficace ne lui est appliqué, est en réalité ennemie de l'amitié à
la façon d'une force aveugle qui la détruit. Elle s'oppose donc à cette
amitié surnaturelle qu'est la charité. La personne jalouse, incapable
d'aimer vraiment, est toujours inquiète, anxieuse, au sujet de l'objet
de son attachement ; son esprit est vite envahi de soupçons, qui la
portent à de fréquents jugements téméraires et à des accusations
injustes d'infidélité. Elle craint constamment qu'une rivale lui soit
préférée. Elle considère que l'être qu'elle aime, ou une fonction
honorable qu'elle occupe elle-même, lui appartient, qu'elle en est la
propriétaire. Sa passion la rend ombrageuse, intransigeante et toujours
prête à se dresser contre tout ce qu'elle pense être un obstacle à ce
qu'elle estime son droit exclusif de possession. La personne jalouse est
incapable d'être magnanime; elle est pusillanime, remarque saint
Thomas, comme les petits enfants qui n'ont pas encore appris à partager,
ou encore comme les vieillards aigris qui ne veulent pas être
supplantés par des jeunes. Son attachement désordonné, avant d'être une
cause de souffrances pour les autres, la fait terriblement souffrir ; il
est pour elle-même la souce empoisonnée d'un profond malheur.





On voit ainsi combien de sentiments négatifs entrent dans la jalousie :
l'inquiétude, la crainte de perdre le bien qui veut être possédé
exclusivement, la tristesse de voir ou même d'imaginer ce bien partagé
et éventuellement possédé par d'autres, l'orgueil, la colère, le
mensonge qui ne s'arrête pas devant de graves injustices comme la ruine
de la réputation du prochain, la haine pouvant être mortelle. L'orgueil,
en effet, est le sentiment exagéré de sa propre excellence,
s'accompagnant d'un certain mépris à l'égard des autres, surtout des
personnes jugées comme rivales. Car s'il arrive qu'une rivale soit
préférée à la personne jalouse, dans l'exercice d'une fonction par
exemple, l'amour-propre réagit d'une façon très désagréable. À mesure
que la passion de jalousie s'empare de l'âme, monte en elle
l'indignation et la colère, source d'agressivité intérieure et
extérieure. Le mensonge fait partie de la jalousie dans sa genèse et
dans son fruit. D'abord dans la genèse de la jalousie, tout est à base
de mensonge, en raison d'une fausse perception de la réalité qui est
crue par la personne jalouse comme une vérité indiscutable. Croyant
fermement au mensonge que son imagination impose à son intelligence, la
personne jalouse peut devenir extrêmement injuste et méchante à l'égard
de personnes faussement perçues comme infidèles ou rivales. Comme le
mensonge engendre le mensonge, que peut-il sortir de la bouche d'une
personne jalouse sinon cette forme odieuse de mensonge qu'est la
calomnie? La jalousie enfonce l'âme dans des péchés si détestables et la
plonge finalement dans une haine si violente que les Pères de l'Église
l'ont qualifiée de vice diabolique par excellence.




3. Le caractère diabolique de la jalousie
Parmi les Pères, saint Cyprien, dans son Instruction
pastorale sur la jalousie et l'envie (De Zelo et livore), a insisté
particulièrement sur son caractère diabolique, en raison de son origine,
de ses effets, du nombre et de la gravité des vices qui lui sont
affiliés.
L'origine de la jalousie, en tant qu'elle participe à la
malice de l'envie, saint Cyprien l'établit dans les anges rebelles. Car
c'est par jalousie des dons de Dieu dans l'homme, écrit-il, que Satan a
tenté et fait tomber nos premiers parents. Le péché a donc fait son
entrée dans le monde par la jalousie du démon. La Sainte Écriture,
affirme-t-il, manifeste en plusieurs endroits les effets désastreux de
la jalousie. C'est la jalousie qui a fait dresser Caïn contre Abel.
C'est sous l'empire de la jalousie qu'Esaü a formé contre Jacob des
projets homicides. C'est par jalousie que Joseph a été vendu par ses
frères. C'est par jalousie que David fut persécuté par Saül. Et n'est-ce
pas la jalousie qui a allumé dans le coeur des Juifs une haine mortelle
contre Notre-Seigneur Jésus-Christ ?




Concernant spécifiquement la progéniture de l'envie, qui
habite toujours à différents degrés la jalousie-maladie spirituelle,
saint Cyprien écrit:"L'envie est la racine de tous les maux ; elle est une
source de désastres, une pépinière de péchés, une matière à fautes. De
là découle la haine, de là procède l'animosité. C'est l'envie qui
enflamme la cupidité ; cet homme ne sait plus se contenter de ce qu'il
possède parce qu'il en voit un autre plus riche que lui. C'est l'envie
qui allume l'ambition à l'aspect d'un rival plus élevé en honneurs.
C'est l'envie qui, aveuglant notre intelligence et tenant notre âme sous
le joug, nous fait mépriser la crainte de Dieu, négliger les
enseignements du Christ et oublier le jour du jugement. Par elle,
l'orgueil s'enfle, la cruauté s'emporte, la perfidie prévarique,
l'impatience s'agite, la discorde sévit, la colère bouillonne. Une fois
asservi à cette domination étrangère, l'homme n'est plus capable de se
contenir ni de se gouverner. On brise dès lors le lien de la paix du
Seigneur ; on viole tous les devoirs de la charité fraternelle ; on
corrompt la vérité par un mélange adultère ; on déchire l'unité ; on se
précipite dans l'hérésie et dans le schisme, en décriant les prêtres, en
jalousant les évêques... ou bien en refusant d'obéir à un chef. De là
les oppositions, les révoltes : l'envie va se transformer en orgueil ;
elle fait d'un rival un pervers; et ce que l'on poursuit dans les
autres, c'est moins la personne que sa fonction" (De Zelo et livore,
VI).
De son côté, saint Grégoire le Grand cité par saint
Thomas d'Aquin énumère ainsi les filles ou rejetons de la jalousie : «De
la jalousie naissent la haine, le murmure malveillant, le dénigrement,
la satisfaction de voir le prochain en difficulté, et la déception de le
voir prospérer ». (Moral.,31, cap. 45).
Massillon, dans un sermon célèbre sur la jalousie,
affirme que "de toutes les passions qui les opposent à la vérité, la
jalousie est la plus dangereuse, parce qu'elle est la plus difficile à
guérir; c'est un vice qui mène à tout, parce qu'on se le déguise à
soi-même".



4. Les effets de la jalousie sur l'âme et le corps

Les effets de la jalousie sont d'abord d'ordre moral. Elle fait perdre à l'âme la grâce de Dieu et la paix et la remplit d'amertume. Elle plonge l'âme dans une profonde tristesse. Elle la replie sur elle-même et lui fait broyer du lumière. Elle la rend toute négative. Elle nourrit en elle une colère qui la
dessèche. Elle allume au fond du coeur de bas sentiments de rancune, de
haine, de vengeance, qui ne s'assouvissent qu'en détruisant la
réputation d'autrui et parfois aboutissent à une inimitié mortelle.

Comme toute tristesse prolongée, la jalousie exerce aussi sur la santé corporelle une funeste influence. Elle est certes une cause de dépression. Elle nuit au bon fonctionnementde l'organisme, notamment des organes de la digestion. Elle est comme un feu intérieur qui consume l'énergie physique. Elle flétrit la beauté du visage en lui enlevant son rayonnement naturel et sa sérénité. Elle assombrit les traits extérieurs. L'expérience vérifie pleinement ce que dit l'Esprit-Saint au livre de Job: Rien ne fait plus de tort à la santédu corps que l'envie et la colère. (Job.5,2)
Sainte Hildegarde est convaincue de l'action négative de la jalousie particulièrement sur le coeur, augmentant de ce fait le risque de maladies cardio-vasculaires. Le Dr. Gottfried Hertzka, dans son livre "Manuel de la médecine de Sainte Hildegarde" écrit à ce sujet : "La jalousie fait du coeur de l'homme unecaverne de voleur, et elle est donc l'un des facteurs décisifs de risque pour le coeur et la circulation. On peut donc aussi «blémir de
jalousie» car celle-ci amène les vaisseaux à se crisper et à provoquer
une mauvaise circulation. Hildegarde écrit que la jalousie chasse de
l'homme la dernière force de vie. Dès que la jalousie s'allie à la
haine, sa soeur cadette, elle met en mouvement toutes les forces
psychiques et séduit les masses humaines. Comme elle dispose d'une plus
grande science que toutes les autres, la jalousie abuse de son savoir et
de la science pour faire clandestinement de grands torts aux hommes.
Qui ne pense pas là aux grands révolutionnaires qu'une opposition
provoquée par la jalousie entraîne à mettre le monde en pièces pour le
changer. Comme l'envieux n'a que mépris pour le bien qui est dans
l'homme, il empêche le développement personnel de ses propres semblables
et fait obstacle ainsi au bien de l'humanité. Aussi est-il combattu par
l'amour du prochain. (Manuel de la Médecine de Sainte Hildegarde, éd.
Résiac, 1988, p. 100).



L'histoire du monde témoigne concrètement jusqu'à quel point la jalousie a porté atteinte au bien de l'humanité. Que de calomnies, de rapports malicieux, d'injustes persécutions dont elle a été la cause sans parler des oeuvres qu'elle a entravées ou qu'elle a fait supprimer ! C'est pourquoi elle a toujours été considérée comme un des pires ennemis de la religion et de la
société.

.....à suivre....
Revenir en haut Aller en bas
Invité
Invité
avatar


MessageSujet: Re: Enseignement sur "la Jalousie"   Sam 24 Avr - 15:47:04


5. Les remèdes à la jalousie


La charité à l'égard du prochain
La jalousie, profondément enracinée dans
l'égoïsme,

blesse
premièrement et directement la charité à l'égard du prochain.

Elle ne peut être guérie que par la
renaissance de l'âme à une

authentique charité, qui exige, comme
nous l'avons dit, gratuité et

désintéressement. Ce véritable amour, qui
cherche le bien du prochain,

requiert le renoncement à tout
attachement désordonné, et donc à sortir

de son égoïsme. Il demande donc de
mortifier en soi la volonté de

posséder une autre personne, qui n'est
plus traitée comme un sujet libre

mais comme un objet qu'on utilise selon
son intérêt. Ce principe de

détachement affectif qui, seul, permet le
respect de la liberté

d'autrui, doit être appliqué au vaste
domaine des relations

interpersonnelles, c'est-à-dire dans les
relations conjugales et

familiales, les relations amicales, les
relations de travail. Les

personnes qui souffrent de cette
douloureuse maladie qu'est la jalousie,

doivent apprendre avant tout à aimer; à
aimer vraiment, sans

mesquinerie, mais d'une façon magnanime,
avec un grand coeur, qui, au

lieu de s'attrister, se réjouit du
bonheur et des avantages du prochain,

fût-il perçu d'abord comme un rival.
Cette vraie charité est la voie

nécessaire de la sanctification. Comment
peut-on se sanctifier si l'on

garde dans son coeur des sentiments de
jalousie, si contraires à la

charité évangélique ?



Mais comment pratiquer une telle charité qui réclame
l'oubli de soi pouvant aller jusqu'à un effacement très délicat, dans un monde où la première valeur est l'affirmation de soi, l'autre dût-il en être écrasé ?
Ce n'est pas possible sans une foi vécue en Jésus-Christ,

l'Amour infini incarné et source vive de
tout véritable amour. C'est

seulement dans son Coeur que les hommes
peuvent puiser l'authentique

charité, qui tue en eux-mêmes l'égoïsme
et fait vivre le prochain. Ce

qui signifie que sans une union intime
avec Jésus-Christ, dans une

prière confiante et la réception
fréquente des sacrements, le mal de la

jalousie ne pourra jamais être pleinement
vaincu.



L'humilité

Une âme vraiment humble ne saurait être
jalouse. C'est l'orgueil qui lui fait concevoir le désir d'être préférée
aux autres, ou encore d'obtenir le premier rang dans l'estime de
quelqu'un en repoussant toute personne rivale. C'est l'orgueil qui lui
inspire la crainte lancinante d'être rejetée ou de perdre certains
avantages qu'elle possédait ou s'estimait en droit de posséder, à

l'exclusion des autres. Entre le manque
d'estime de soi, qui caractérise

les pusillanimes et les déprime, et
cette estime exagérée de soi-même

qu'est l'orgueil, il y a place pour une
juste estime de soi-même, fondée

avant tout sur la certitude d'être aimé
de Dieu et sur la confiance en

son aimable Providence. La soumission
habituelle de l'âme à ce que Dieu

veut ou permet, qui s'épanouit dans
l'abandon de toute sa vie à la

Providence, requiert une profonde
humilité, antidote aux prétentions

égoïstes de la jalousie. Comment acquérir
cette vertu de l'humilité

contredite par les tendances de notre
pauvre nature blessée par le péché

originel ? Encore là, la réponse est
dans une sincère conversion à

Jésus-Christ, à son divin Coeur doux et
humble.



Cultiver la joie

Bien pire que l'ennui de l'acédie, la
jalousie est une tristesse déprimante. Cettetristesse qui torture l'âme
ne lui laisse aucun repos, aussi longtemps

qu'elle n'accepte pas de faire son deuil
de l'objet de son attachement

désordonné, que ce soit une personne, un
poste honorable ou des biens

matériels. Comme l'âme peut renaître à
une authentique charité, elle

peut aussi recouvrer la joie spirituelle,
ou en faire la découverte

émerveillée si elle n'y a jamais goûté.
La joie du coeur diffère

essentiellement du plaisir incapable de
rassasier sa soif de bonheur. La

joie du coeur vient de l'expérience de
Dieu, qui plonge l'âme dans son

infinie douceur. La jalousie est source
de tristesse parce qu'en

allumant dans l'âme une soif ardente des
plaisirs de la terre ­ soif

frustrée inévitablement un jour ou
l'autre ­ elle la détourne de Dieu et

de ses incroyables dons. Pour guérir de
la jalousie, il faut arriver,

avec la grâce de Dieu, à détacher son
coeur des créatures pour

l'attacher par-dessus tout à la bonté et à
la beauté du Créateur. Si

l'âme est ainsi attachée à Dieu, source
du plus pur bonheur, elle sera

contente de Dieu en tout ce qu'Il fait et
en tous les événements qu'Il

permet. Elle sera habituellement dans la
joie, de sorte qu'il n'y aura

plus de place en elle pour l'affreuse
tristesse de la jalousie, d'autant

plus qu'elle sera pleine de
reconnaissance pour les dons reçus de Dieu

et ceux qu'il répand abondamment sur
autrui.


Au plan de la vie naturelle, pour vaincre la tristesse de la jalousie,
saint Thomasd'Aquin, en bon psychologue, conseille de faire diversion,
de se
procurer
quelque honnête distraction qui aide l'âme à sortir du marasme où la
jette cette noire passion (S. Théol. IIa IIae q.38).



­
L'honnêteté et la vérité

La jalousie se fonde sur les mensonges
qu'on se dit d'abord à soi-même et elle s'en nourrit. Si d'autres
personnes entrent dans ces mensonges par vaine complaisance, elle s'en
trouve d'autant plus fortifiée. La raison pour laquelle cette passion
est si difficile àdéraciner du coeur, c'est qu'elle s'y attache
fermement par un tissu demensonges, crus comme des vérités absolues.
Pour en guérir, il faut accepter de poser un regard vraiment honnête sur
soi-même et sur les autres ; il faut accepter de mettre en question ses
impressions et ses fausses certitudes. Ne rien croire de ce que
représente l'imagination à l'intelligence, à moins d'en avoir été témoin
oculaire d'une façon ne laissant place à aucun doute sur les faits et
les intentions. Les faits eux-mêmes peuvent être mal perçus ou mal
interprétés ; pour les saisir dans leur vérité objective, le coeur doit
être libéré de tout préjugé etde tout sentiment négatif de méfiance, de
crainte exagérée et de

rancune. Cette pureté de coeur requiert
une vigilance continuelle sur

ses sentiments et ses pensées. La
jalousie ne peut être surmontée que

par l'âme qui se met à chercher
intensément la vérité, toujours prête à

renoncer à ses plus subtiles
contrefaçons. Sans l'aide du Seigneur

Jésus, qui a dit : " Je suis la vérité"
et encore "la vérité (que

j'apporte au monde) vous rendra libres",
sans le secours de ce divin

Sauveur, on ne peut voir comment une âme
jalouse peut sortir du mensonge

dans lequel sa passion l'enferme comme
dans une prison.




La réflexion et le discernement des esprits

La jalousie est en réalité une réaction
insensée, par laquelle on se rend inutilement malheureux, avantde rendre
les autres malheureux. La personne jalouse est la première victime de
sa propre malice. En prenant, par la réflexion et la prière, une
attitude intérieure diamétralement opposée aux sentiments de jalousie
qui enlèvent la paix, on arrive à les vaincre de plus en plus
facilement, c'est-à-dire à se conduire non plus d'une façon insensée

mais d'une façon raisonnable, et non plus
avec un égoïsme anxieux mais

avec une authentique charité.



La mise en pratique des règles fondamentales du discernement des esprits,
déjà bien connues dans l'Antiquité chrétienne et clairement exposées par
saint Ignace de Loyoladans ses Exercices spirituels, sera d'un précieux
secours pour vaincre tout sentiment de jalousie. Selon ces règles, nous
devrions nous interdire toute comparaison avec le prochain, engendrant
dans l'âme de la tristesse et de l'amertume. À ce sujet, le Père I.
Hausherr, S.J., écrit:
Bienheureuses les âmes
qui savent

discerner en elles-mêmes les
mouvements des esprits et se juger à la lumière de Dieu
.




Est-ce que nos souffrances ne viennent pas trop souvent de ce que nous nous comparons aux autres ?
Nous apercevons chez les autres des biens
que nous ne possédons pas, par

exemple le succès: «Moi, je ne réussis à
rien». Dans un milieu fervent,

on constatera avec chagrin que «les
autres progressent à grands pas,

tandis que moi, je piétine sur place».
Comment éviter ces constats
décourageants, si d'une part je dois m'estimer«la balayure de tous», et
d'autre part tendre obstinément à la perfection?

Le remède aux comparaisons jalouses,
c'est d'oublier que notre prochain, c'est «l'autre». Aristote avait
raison : c'est un autre moi-même, puisque le Seigneur me dit que
je dois l'aimer comme moi-même».
(in Prière de vie, Paris
1965, p.449)




­ La méditation de la parole de Dieu
La Sainte Écriture nous livre les remèdes
donnés par Dieu pour guérir les maladiesde l'âme. Ce qu'elle nous dit
de la jalousie et des vices qui lui sont

associés, de leurs effets désastreux sur
les personnes et la société,

est une médecine très efficace pour en
guérir. Cette médecine d'origine

divine devrait d'abord retenir notre
attention.




­ La fréquentation des Maîtres spirituels
Les grands Maîtres spirituels sont comme
des médecins instruits aux écoles divines pour guérir les maladies de
l'âme. C'est ainsi que chez les Pères et les Docteurs de l'Église, on
peut trouver des prescriptions médicales précises et efficaces pour
guérir la maladiede la jalousie. Saint Cyprien, saint Augustin, saint
Jean Chrysostome, saint Grégoire le Grand et saint Thomas d'Aquin en ont
traité d'une façon très explicite et leurs conclusions demeurent
toujours valables.



J.R.B.source : Lumen Christi


Prière contre la jalousie

De tous les poisons dont se sert Satan pour nuire au bonheur des
êtres, je sais, Seigneur, que la jalousie est l'un des plus dangereux parce
qu'elle offense l'image même que Tu nous as donnée du véritable
amour. Préserve-nous de ce danger et fais-nous comprendre combien nous
devons de plus en plus vivre dans la confiance et la compréhension.
Amen.

Revenir en haut Aller en bas
 
Enseignement sur "la Jalousie"
Revenir en haut 
Page 1 sur 1
 Sujets similaires
-
» Enseignement sur "la Jalousie"
» enseignement du Père Verlinde : "liberté" et " libre arbitre"
» Enseignement de l'abbé Pagès sur "Le Purgatoire" !
» "Supersize Me" ce soir sur Arte
» "Le Monde" prévoit un vote enseignant de gauche : la thérapie par le rire (jaune)

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
Forum Religion Catholique :: Téléchargement :: Enseignements-
Sauter vers: