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 Bienheureux François et Jacinthe Marto et commentaire du jour "Appelés à devenir saints"

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MessageSujet: Bienheureux François et Jacinthe Marto et commentaire du jour "Appelés à devenir saints"   Sam 20 Fév - 16:05:43






Le Bienheureux Francisco Marto
1908-1919



Le petit François Marto était, à l'exemple de ses parents, un enfant doux et humble, au caractère
aimable et discipliné. Dès le lever du soleil, la maman de François et Jacinthe allait les réveiller.
Leurs yeux à peine ouverts, ils récitaient cette prière, si populaire jadis au Portugal : « Béni et loué
soit le Très Saint Sacrement de l'Eucharistie, Fruit béni et sacré de la Vierge très pure, Sainte
Marie ! ». Il aimait parfois jouer des tours à ses frères et soeurs, mais les parents n'eurent jamais à se
plaindre sur le comportement de leur fils. Son obéissance était exemplaire. Avec ses camarades, il se
montrait très pacifique et condescendant. Un jour, Teresa, sa marraine, lui offrit un petit mouchoir
où était représenté l'image de Notre Dame de Nazaré. Tout heureux, il alla le montrer à ses petits
camarades ; mais un matin ce petit mouchoir disparut. Hors, il y tenait beaucoup ; sans cesse il en
parlait pour savoir qui aurait pu le trouver. Quand il sut qu'il se trouvait entre les mains d'un autre
enfant, il alla le voir, mais comme il ne voulait pas lui rendre son mouchoir, il dit : « Et bien, gardele
! »
Toutefois, n'allons pas croire que François manquait de caractère où était un garçon de volonté
faible, bien au contraire ; mais il ne cherchait nullement la bagarre. Le petit pastoureau était aussi
quelque peu poète. Il aimait particulièrement la musique à un point tel que, un jour, il vola un tostão
à son père (cela faisait une petite somme !) pour s'acheter un harmonica. Ce fut la seule faute grave
de sa très courte vie. Il passait des heures et des heures à jouer des airs sur son petit fifre de roseau,
assis sur une pierre, la plupart du temps accompagné de Lucie et de Jacinthe, qui chantaient et
dansaient au son de la musique. Il aimait beaucoup les petits oiseaux, et ne pouvait supporter que
quelqu'un vole leurs nids. Il gardait toujours pour eux quelques miettes du pain qu'il emportait pour
son repas et les déposaient au dessus des pierres afin que les moineaux puissent eux aussi manger.
Un jour, il vit un de ses compagnons avec un petit oiseau dans la main. Emu de pitié, il demanda à
celui-ci de le lâcher. Comme l'autre refusait, il lui offrit un vintém (env. 2 centimes d'euro) pour le
décider à lui donner l'oiseau. Lorsqu'il l'eût entre les mains, il le laissa s'envoler, en disant : « Prends
garde une autre fois de ne pas te laisser attraper ! ». Ce n'est pas seulement pour les animaux que le
petit garçon avait bon coeur : il y avait dans le hameau une vieille dame qui avait toujours du mal à
regrouper son troupeau de chèvres et de brebis. François n'hésitait jamais à venir à son aide pour
rassembler les bêtes. Pour lui, la nature était une merveille. Il ne se lassait pas d'admirer le ciel
immense, les étoiles. Les rayons du soleil à travers les vitres l'enchantaient. Les gouttes de rosée,
irisées par le soleil, étaient pour lui aussi précieuses que des joyaux, aussi belles que les étoiles du
ciel.
« Laissez venir à moi les petits enfants »
Lors de l'Apparition du 13 mai 1917, la Très Sainte Vierge dit que François irait au Ciel, mais pour
qu'il en soit ainsi il faudra qu'il récite beaucoup de chapelets. En effet, le petit garçon avait pour
habitude d'abréger la récitation des chapelets pour aller jouer plus rapidement. Depuis ce jour, le
petit garçon porta une attention toute particulière à dire ses chapelets. « J'ai beaucoup aimé voir
l'Ange, disait-il, mais ce que j'ai le plus aimé, c'est de voir la lumière de Notre Dame ». Quelques
semaines après la dernière apparition, Lucie demanda à son cousin : « Qu'est-ce qui te plaît le plus,
consoler Notre-Seigneur ou convertir les pécheurs pour que les âmes n'aillent plus en enfer ? » « A
choisir, j'aimerais mieux consoler Notre-Seigneur. N'as-tu pas remarqué comment la Sainte Vierge,
encore le mois dernier, devint si triste lorsqu'elle demanda que l'on n'offense plus Notre-Seigneur
qui est tant offensé ? Je voudrais aussi ensuite convertir les pécheurs pour que les âmes n'aillent
pas en enfer. ».Dès lors, François se sentait poussé par la grâce et recherchait toujours la solitude
pour prier et offrir ses sacrifices, lui qui savait qu'il aura beaucoup à souffrir pour réparer tant de
péchés qui offensent Notre Seigneur et Son Coeur Immaculé. Il était triste, non pas de souffrir pour
le Bon Dieu, mais parce qu'il savait Notre Seigneur bien triste à cause des offenses des hommes.
La nouvelle au village de la première Apparition de Notre-Dame fut par la suite assez éprouvante
pour le petit enfant. A l'école, qui à cette époque n'était pas obligatoire, le professeur profitait du peu
d'intérêt que portait François pour les études pour le traiter de "faux voyant", faisant montrer à tous
les autres élèves ses défauts et négligences. Bien entendu, ses compagnons d'école ne manquaient
pas de rire et de se moquer des ces humiliations. A la récréation, le petit François passait son temps
appuyé à un mur pour essayer de se défendre des mauvais traitements que des élèves plus robustes
n'hésitaient pas à lui infliger... sans que le professeur intervienne pour le défendre. Loin de se
plaindre, toujours humble, doux et patient, il supportait tous les affronts sans rien dire, au point que
ses parents n'en surent jamais rien.
« Vous aurez beaucoup à souffrir, mais la grâce de Dieu sera votre réconfort »
Tels furent les Paroles de Notre Dame ; et de fait, non seulement François, mais également sa soeur
Jacinthe et sa cousine Lucie, acceptaient de bon coeur toutes les souffrances par amour du Bon Dieu.
En méditant les leçons des apparitions de Notre-Dame, à Fatima, le chrétien doit s'arracher aux
horizons étroits de la terre et se replacer dans les perspectives de l'éternité comme les petits modèles
que la Vierge nous propose. Hélas !, en effet, de plus en plus, les hommes bornent leurs ambitions
aux intérêts d'ici-bas. C'est là la fallacieuse promesse que les plus redoutables ennemis de la religion
ont fondée sur un système de doctrine qui ramène tout à la matière visible et périssable. Jésus disait
aux apôtres : « Si vous ne devenez semblables à ces petits enfants, vous n'entrerez pas dans le
Royaume des Cieux ». Nous pouvons entendre la Sainte Vierge nous donner le même avertissement
en nous présentant François, mais aussi Jacinthe : pour eux, les choses de ce monde n'existaient pas.
Ils jugeaient tout d'après la perspective de l'éternité qu'ils attendaient avec impatience et il semble,
qu'ils aient plongé — Jacinte en particulier — leurs regards jusque dans l'au-delà qui approchait.
C'est l'impression qui résulte très nettement des souvenirs conservés par des personnes qui furent les
témoins de leurs derniers jours. Un jour, deux dames s'entretenaient avec lui, et l'interrogeaient au
sujet de la carrière qu'il voudrait suivre quand il serait grand: « Tu veux être charpentier ?, dit l'une
d'elles ; Non, madame, répondait l'enfant. Tu veux être militaire ?, dit l'autre dame ; Non, madame.
Tu ne désirerais pas être médecin ? ; Non plus. Moi je sais bien ce que tu voudrais être... Être
prêtre !, dire la Messe, confesser, prêcher... N'est-ce pas vrai ? ; Non madame, je ne veux pas être
prêtre. Alors que veux-tu être ? ; Je ne veux rien !. Je veux mourir, et aller au Ciel !. C'était là,
confia le père de François, présent à cette conversation, une vraie décision !. Le désir du Ciel, la
contemplation des choses divines, remplissaient le coeur du petit garçon. Ce désir d'aller au Ciel
était surtout inspiré par la volonté de consoler Notre Seigneur : « Jésus est si triste à cause de tant
de péchés, et je veux le réconforter par la prière et la pénitence. Nous ne devons pas faire le
moindre péché ! », disait-il.
En 1918, le petit François fut atteint d'une très forte grippe. L'épidémie causa la mort de
nombreuses personnes en Europe, mais surtout en Espagne et au Portugal. Chez la famille Marto,
tout le monde tomba malade presque en même temps, excepté Antonio, le père, et son fils Jean ;
mais en décembre la famille allait mieux. Pour François et Jacinthe, ce rétablissement fut de courte
durée car fin décembre ils chutèrent gravement dans la maladie. C'est pendant cette ultime épreuve
que la Vierge Immaculée apparut aux deux petits enfants pour leur renouveler Sa promesse du 13
juin 1917. En janvier 1919, le petit garçon allait de nouveau un peu mieux. Il put aller une dernière
fois à la Cova da iria pour prier là où il avait vu la sainte Apparition ; mais, vers la mi-février, il
rechuta. Cette fois, il ne se releva pas. Sa santé s'empirait de jour en jour. Une fièvre intense
continue minait peu à peu son organisme. Sur son lit de mort, il offrit souvent ses souffrances pour
« consoler Nôtre-Seigneur et convertir les pécheurs ». « D'ici peu, disait-il, Jésus va venir me
chercher pour aller au Ciel avec Lui, et alors je resterai toujours à le voir et à le consoler. Quel
bonheur ! ».
Pour mieux préparer sa dernière confession, il demanda à Jacinthe et à Lucie de l'aider à se
remémorer ses peccadilles. Après les avoir entendues, il leur dit : « Ces péchés, je les ai confessés ;
je les confesserai de nouveau. Qui sait si par mes péchés, je ne suis pas cause que Notre-Seigneur
est si triste ? Même si je ne devais pas mourir, je ne les ferais plus. Maintenant, je suis bien
repentant ». Lorsque le prêtre entra dans sa chambre pour lui apporter la sainte communion, il
sollicita la faveur de ne pas rester couché ; il aurait au moins voulu s'asseoir sur son lit ; on ne le lui
permit pas. Il reçut les derniers sacrements le jeudi 3 avril et, le lendemain, après avoir vu une belle
lumière près de la porte de sa chambre, son visage s'illumina d'un sourire angélique. Sans aucune
marque de souffrance, sans agonie, ni gémissement, il expira doucement à 22 heures. Le samedi 5
avril, un modeste cortège conduisit son corps au cimetière de Fatima. Le 13 mars 1952, ses restes
mortels furent transférés dans la basilique de Fatima.
Le procès en vu de la béatification de François Marto a été ouvert à Leira le 21 décembre 1949 en
même temps que celui de sa soeur Jacinthe. Il a été transmis au Saint-Siège le 3 août 1979, et c'est le
13 mai 1989 qu'ils ont été déclarés Vénérables. Le 16 avril 1999, la Congrégation pour la Cause des
Saints a approuvé un miracle attribué à leur intercession. L'assemblée plénière de la Congrégation a
entériner cette décision le 24 juin 1999. C'est alors que le Pape a publié, le 28, le décret de
béatification. François et Jacinthe sont désormais les plus jeunes Bienheureux de l'Église
(respectivement, 11 et 9 ans).


La Bienheureuse Jacintha Marto
1910-1920



Jacinthe avait deux ans de moins que son frère François. C'était une petite fille gaie et vive, au
grand coeur, mais capricieuse par moment ; à tel point que Lucie disait d'elle : « Ma cousine était
susceptible, parce que la moindre contrariété suffisait pour la faire bouder dans un coin à attacher
le bourricot !. Il fallait alors la laisser choisir le jeu et le partenaire avec qui elle voulait jouer ».
Cependant, c'était une petite fille aimable, attirante et d'une nature extraordinairement sensible. Son
maintien toujours sérieux, modeste et affable, paraissait traduire la présence de Dieu dans toutes ses
actions, maintien qu'on ne trouve d'ordinaire que chez des personnes déjà avancées en âge et de
grande vertu. Une de ses qualités particulières était l'amour de la vérité, au point d'être capable de
reprendre une personne qui aurait dit un mensonge. A cinq ans environ, en entendant parler des
souffrances de notre divin Rédempteur, elle s'attendrissait et pleurait. « Pauvre Notre Seigneur !,
répétait-elle. Je ne veux faire aucun péché, pour que Jésus ne souffre pas davantage. » Les vilaines
paroles étaient un péché, et faisaient souffrir le Petit Jésus. Aussi Jacinthe évitera-t-elle tout le long
de sa courte vie la compagnie de ceux parmi lesquels il y avait danger de prendre cette mauvaise
habitude. Elle avait une attirance particulière pour sa cousine Lucie, avec qui elle aimait jouer.
Lorsque la famille Marto allait prendre un repas chez les dos Santos, la plus heureuse était Jacinthe
qui aimait se placer à table tout près de Lucie. Le soir, elle faisait tout pour rester avec sa cousine, si
bien que sa tante proposait de la laisser dormir à la maison.
Plus tard, et après de nombreuses insistances, Jacinthe (et François) purent obtenir de leurs parents
la garde des brebis afin de pouvoir aller avec Lucie à la Cova da Iria pour être en sa compagnie.
Elle aimait courir derrière les papillons, mais elle aimait encore mieux cueillir les fleurs pour en
faire des guirlandes. La danse était sa distraction favorite. Comme son frère François, elle aimait la
musique et durant les longues heures qu'elle passait à faire paître le troupeau, elle faisait retentir de
sa jolie voix la solitude de la campagne. Assise sur le sommet d'une colline, ou sur un rocher, elle ne
se lassait pas d'entendre l'écho de sa voix se répercuter au fond des vallées. Le nom qui résonnait le
mieux était le nom de « Marie », et Jacinthe récitait quelquefois l'Ave Maria tout entier, en
prononçant seulement la parole suivante lorsque celle qui précédait avait cessé d'être répercutée par
l'écho. La communion de Lucie exalta chez Jacinthe et son frère le désir de recevoir comme elle la
sainte Hostie. Au printemps 1918, Olimpia les présenta à l'abbé Ferreira afin qu'ils remplissent le
devoir pascal s'il les trouvait assez instruits. Jacinthe fut acceptée ; elle n'avait pas huit ans : grande
dérogation aux principes pour M. le Curé ! Hélas ! son frère trébucha, paraît-il, dans la récitation
d'une question importante et fut refusé ; ce qui faisait accuser le bon prêtre de partialité par Ti
Manel, le papa, lequel eût été bien content que son frère put l'accompagner également à la Sainte
Table.
En décembre 1918, elle tomba gravement malade, presque au même moment que François. Au
cours de cette année là, la très sainte Vierge apparut trois fois à la fillette, mais sans lui apporter de
messages. Elle lui apprit seulement à bien réciter le chapelet. Après le départ du François pour le
Ciel, les parents installèrent la petite fille dans la chambre de son saint frère, car plus proche de la
porte d'entrée. En effet, Jacinthe était très affaiblie par la maladie. La présence de sa cousine Lucie
était pour elle un soutient indispensable car depuis le départ de François elle ne cessait de penser à
lui en pleurant. Sa consolation était de souffrir pour Notre Seigneur afin de réparer les péchés du
monde. Les souffrances des damnés et l'éternité de leur peine la préoccupaient sans cesse et
l'encourageaient à supporter sans plainte et même avec joie les souffrances de la maladie. Elle avait
demandé à François mourant, de dire, au Ciel, à Notre-Seigneur et à sa Mère qu'elle souffrirait
« tout ce qu'ils voudraient » pour la conversion des pécheurs. La vision de l'enfer l'avait tant
impressionnée, qu'elle ne pouvait chasser de son esprit cette pensée. Parfois, pensive, elle répétait
tout haut : « Coïtadinhos !... » (Pauvres malheureux !). « Dis, Lucie, ces flammes ne s'éteignent
jamais ? Et ces gens ne se consument pas comme le bois qui devient de la cendre ? » Et, après les
explications de sa cousine, elle reprenait : « L'enfer !... l'enfer !... Quelle peine me font les âmes qui
y tombent !... nous prierons beaucoup et nous ferons des sacrifices pour que les pécheurs se
convertissent. »
La maladie la faisait souffrir beaucoup. Après une broncho-pneumonie se déclara pleurésie
purulente. Elle s'efforçait toutefois de ne jamais se plaindre malgré les douleurs, mais elle trouvait
encore la force de se lever pour réciter la prière de l'Ange. Au cours du mois de juin 1919, le
médecin conseilla aux parents de l'envoyer à l'hôpital saint Augustin, à quinze kilomètres de la
maison. Là, la petite fille fut soumise à un traitement rigoureux, mais qui ne donna aucun résultat.
Alors, à la fin du mois d'août, il fut décidé que la petite revienne à la maison, d'autant plus que ses
parents n'avaient pas les moyens de payer plus longtemps le prix de la pension à l'hôpital.
Sa santé s'affaiblissait de jour en jour. La maladie minait son pauvre petit corps. Atteinte de
tuberculose, il lui était tout à fait impossible de quitter son lit. Lorsqu'elle eut appris, par Notre-
Dame elle-même la visitant dans sa chambre d'Aljustrel, qu'elle irait à Lisbonne dans un hôpital
pour y mourir seule, son coeur fut bouleversé par cette perspective de mourir loin de ses parents et
de sa cousine bien-aimée ; mais, elle l'acceptait avec amour pour Jésus et Marie, ainsi que pour les
pécheurs, en disant dans sa prière : « O mon Jésus ! ce sacrifice est si grand ! vous pouvez sauver
beaucoup de pécheurs ! ».
A la mi-janvier 1920, arriva à Aljustrel un prêtre, ami de la famille, avec un médecin renommé à
Lisbonne pour voir la petite malade, le Dr. Eurico Lisboa. Ce médecin décida de l'hospitaliser
d'urgence à Lisbonne. La petite fille se gardait bien de soutenir l'opinion de ses parents qui
voulaient la garder à la maison, car elle savait qu'à Aljustrel, elle ne pourrait pas offrir le « si grand
sacrifice » de mourir « toute seule » que la Vierge lui avait proposé, sacrifice qui pouvait préserver
des flammes quelques âmes pécheresses. Ce départ pour la capitale effrayait beaucoup la petite
Jacinthe car elle savait de la très sainte Vierge même, que ce voyage serait le dernier avant d'aller au
Ciel ; et l'idée de ne plus revoir ceux qu'elle aimait tant lui fendait le coeur. Le 21 janvier 1920, la
malade fut reçu avec sa mère à l'orphelinat Notre-Dame des Miracles, à Lisbonne, en attendant que
le médecin puisse faire les démarches administratives d'admission à l'hôpital ; mais il rencontra un
obstacle imprévu : la mère de Jacinthe refusait que sa fille soit opérée, sans doute par peur de la
perdre... mais face à l'insistance et aux bons conseils du médecin, elle accepta.
Le 2 février, Jacinthe entra à l'hôpital Doña Estefania. Elle y recevait la visite quotidienne de soeur
Purification, sa « marraine », comme elle appelait sa bienfaitrice. Le diagnostic du chirurgien
révéla une pleurésie purulente de la grande cavité gauche, avec fistule, et ostéite des septième et
huitième côtes du même coté. Ce jour là la maman de Jacinthe reçut des nouvelles d'Aljustrel : elle
devait absolument rentrer chez elle car d'autres enfants de la famille étaient malades et avaient
besoin de sa présence. L'opération chirurgicale ayant été retardée de quelques jours, elle décida de
prendre le train pour Fatima, le 5 février. Ce fut un grand déchirement pour elle comme pour sa
petite fille qui tout au long de sa maladie, ne cessa de souffrir héroïquement pour la conversion des
pécheurs. Sur son lit d'hôpital, on l'entendra dire : « Il se commet beaucoup et de trop grands
péchés dans le monde. Si les hommes savaient ce que c'est que l'éternité, ils feraient tout pour
changer de vie... Les hommes se perdent parce qu'ils ne pensent pas assez à la mort de Notre-
Seigneur et qu'ils ne font pas pénitence ». (Voir forum n° 31). Le 10 février, Jacinthe fut opérée par
le docteur Freire. A cette époque, les anesthésies étaient très imparfaites, ce qui causait beaucoup de
souffrance aux malades. Le chirurgien lui ouvrit une fissure pour le drainage du pus et on lui retira
deux côtes du coté gauche.
Quelques jours après, la Vierge Marie vint au pied du lit d'hôpital consoler la petite fille, lui
annonçant que bientôt Elle viendrait la chercher pour aller au Ciel ; mais dès cet instant Jacinthe ne
manifesta plus aucune souffrance. Soeur Lucie rapporte dans ses « Mémoires » que sa cousine lui
confia que Notre-Dame lui avait dit lors de cette Apparition la date et l'heure de son entrée dans la
vie éternelle. Le 20 février 1920, vers 18 heures, la petite malade dit qu'elle se sentait mal et qu'elle
désirait recevoir les derniers sacrements. On appela donc le curé de la paroisse des Anges, M. l'abbé
Pereira dos Reis, qui l'entendit en confession vers 20 heures. La voyant apparemment bien, il ne
voulut pas lui donner les derniers sacrements et lui promit seulement de lui apporter Notre Seigneur
le jour suivant. De nouveau la petite insista pour recevoir la communion disant qu'elle allait bientôt
mourir. De fait, vers 22h30, la petite Jacinthe s'éteignit tranquillement, toute seule, en odeur de
sainteté, mais sans avoir pu communier, à l'hôpital Doña Estefânia. Soeur Godinho, directrice de
l'orphelinat Notre-Dame des Miracles, la revêtit d'une belle robe blanche avec ceinture bleu céleste,
puis, le 24 février, à 11 heures, le corps fut placé dans un cercueil afin de procéder à l'office funèbre,
en l'église des Saints-Anges. L'après-midi, le corps fut accompagné à pied jusqu'à la gare, sous la
pluie, par beaucoup de monde, et déposé à Vila Nova de Ourem, dans le caveau de la famille du
baron de Alvaiazere.
Le 12 septembre 1935, Mgr. da Silva fit transférer le corps de la petite Jacinthe dans le cimetière de
Fatima. Lorsqu'on ouvrit le cercueil, l'assistance put constater que le visage de la voyante était resté
intact. Ce fut le cas également, lors de l'exhumation définitive dans la basilique, le 1er mai 1951.
Lors de la première exhumation, on photographia le visage de la petite bergère et l'Evêque de Leiria
envoya cette photo à Lucie. Dans la lettre où elle remerciait le Prélat et lui disait toute sa joie, la
religieuse écrivait entre autres choses : « J'espère que Notre-Seigneur voudra lui donner l'auréole
des saints, pour la plus grande gloire de la Sainte Vierge. Quant à son âge, elle n'était qu'une
enfant ; elle excella néanmoins dans la pratique de la vertu et sut prouver son amour de Dieu et de
la la Sainte Vierge, par la mortification. Pour ma part, je dois à son amitié d'avoir conservé mon
innocence. Elle avait admirablement compris cet esprit de prière et de sacrifice que la Sainte
Vierge nous avait recommandé ». Le procès en vu de la béatification de Jacinta Marto a été ouvert à
Leira le 21 décembre 1949 en même temps que celui de son frère François. Il a été transmis au
Saint-Siège le 2 juillet 1979, et c'est le 13 mai 1989 qu'ils ont été déclarés Vénérables. Le 16 avril
1999, la Congrégation pour la Cause des Saints a approuvé un miracle attribué à leur intercession.
L'assemblée plénière de la Congrégation a entériner cette décision le 24 juin 1999. C'est alors que le
Pape Jean-Paul II a publié, le 28, le décret de béatification. François et Jacinthe sont désormais les
plus jeunes Bienheureux de l'Église (respectivement, 11 et 9 ans).


Commentaire du jour

Bienheureuse Teresa de Calcutta (1910-1997), fondatrice des Soeurs Missionnaires de la Charité
No Greater Love (trad. Il n'y a pas de plus grand amour, Lattès, 1997, p. 67)


Appelés à devenir saints

Quelle est la volonté parfaite de Dieu à notre endroit ? Tu dois devenir saint. La sainteté est le plus grand don que Dieu puisse nous faire car il nous a créés à cette fin. Se soumettre, pour celui ou celle qui aime, est plus qu'un devoir; c'est le secret même de la sainteté.

Comme le rappelait saint François, chacun de nous est ce qu'il est aux yeux de Dieu -- rien de plus, rien de moins. Nous sommes tous appelés à devenir des saints. Il n'y a rien d'extraordinaire à cet appel. Nous avons tous été créés à l'image de Dieu afin d'aimer et d'être aimés. Jésus désire notre perfection avec une indicible ardeur. « Voici quelle est la volonté de Dieu : c'est votre sanctification. » (1Th 4,3) Son Sacré Coeur déborde d'une envie insatiable de nous voir progresser vers la sainteté.

Chaque jour nous devons renouveler notre décision de nous hausser à plus de ferveur, comme s'il s'agissait du premier jour de notre conversion, disant : « Aide-moi, Seigneur mon Dieu, dans mes bonnes résolutions à ton saint service, et donne-moi la grâce aujourd'hui même de vraiment commencer, car ce que j'ai fait jusque-là n'est rien. » Nous ne pouvons pas être renouvelés si nous n'avons pas l'humilité de reconnaître ce qui en nous a besoin de l'être.

Evangile au Quotidien
Evangelizo.org 2001-2009

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