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 Dialogue du réconfort dans les tribulations de Saint Thomas More

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MessageSujet: Re: Dialogue du réconfort dans les tribulations de Saint Thomas More   Sam 15 Juil - 0:33:14

I. SI L'ON PEUT, DANS L'ÉPREUVE, CHERCHER À SE RÉCONFORTER PAR DES DISTRACTIONS

ANTOINE : (...)Il en est de l'âme comme du corps : il y a des gens qui, par nature ou par mauvaise habitude, en sont arrivés à ceci : qu'un produit nocif les soulage plus vite et mieux qu'un produit bienfaisant. S'ils sont malades, ils n'avaleront ni médicament ni nourriture sans y avoir ajouté quelque chose qui en diminue l'action salutaire. Pourtant, nous devons les laisser agir à leur guise ; impossible de faire autrement.

Cassien (cet homme si vertueux) raconte dans une de ses conférences qu'un prédicateur parla un jour du ciel. Il parlait si suavement que ses auditeurs ne tardèrent pas à oublier où ils se trouvaient... et qu'ils tombèrent dans une profonde somnolence. Quand le saint prêtre s'en aperçut, il s'écria tout à coup : « Écoutez cette histoire, elle est amusante. » Toutes les têtes se levèrent et il put alors leur parler du ciel à sa guise. Je ne vous dirai rien des reproches qu'il leur fit, mais cette anecdote me suffit pour illustrer ma réponse à votre question : dans l'épreuve, ne peut-on chercher un soulagement, une honnête distraction ? Je réponds que ceux qui ne peuvent entendre parler du ciel sans être distraits de temps en temps par quelque histoire divertissante (comme s'il était pénible d'entendre parler du ciel !) eh bien ! laissez-les donc ! Je voudrais qu'il fût possible de les guérir de leur frivolité. Il n'en est rien.

Pourtant, à mon avis, il vaut mieux écourter au maximum ces récréations et les rendre aussi rares que possible. Qu'elles soient la sauce et non le plat principal. Prions Dieu de trouver une telle satisfaction dans la description des joies célestes que tout plaisir humain paraisse insipide. Si nous y parvenons, un an de plaisir nous soulagera moins qu'une demi-heure de méditation sur les bonheurs du paradis.

VINCENT : Vous avez raison, mon oncle, et je prie Dieu qu'il nous accorde de goûter de telles joies. Et, comme vous l'avez dit l'autre jour, c'est par la foi que nous y parviendrons et c'est par la prière que nous l'obtiendrons. Mais maintenant, mon cher oncle, arrivons-en au vif du sujet.(...)

Source : livres-mystiques.com

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MessageSujet: Re: Dialogue du réconfort dans les tribulations de Saint Thomas More   Dim 16 Juil - 0:46:59

II. DU PEU DE TEMPS QU'IL RESTE À VIVRE AUX PERSONNES ÂGÉES OU MALADES

ANTOINE : Cher neveu, j'y ai pensé depuis notre dernière rencontre. Si nous voulions le traiter à fond, il y faudrait bien plus de temps qu'il ne m'en reste à vivre. Et tous mes moments ne sont pas pareils. Il y en a de bien pénibles, pendant lesquels je souhaite mourir. Mes bons jours sont rares et vite passés. Je ne puis trouver meilleure comparaison que celle d'une chandelle presque entièrement brûlée. On pourrait la croire éteinte, car le bord du chandelier en cache la flamme, mais parfois cette flamme s'élève un peu et donne une brève lumière, jusqu'à ce qu'enfin elle s'éteigne complètement. C'est ainsi que bien souvent je crois ma mort proche, et puis j'ai quelques bons moments, comme maintenant. On pourrait croire que ces bons jours vont durer. Mais je sais que je n'en ai plus pour longtemps et même si je vous parais vraiment mieux portant, je tiens chaque jour pour mon dernier. On dit souvent pour calmer la jeunesse « qu'on voit au marché des peaux d'agneaux aussi bien que des peaux de béliers ». Il y a pourtant une différence, c'est que, s'il arrive qu'on meure en pleine jeunesse, le vieillard, lui, sait qu'il ne pourra vivre longtemps.

C'est pourquoi, mon neveu, je laisserai de côté les sujets que j'aurais traités en d'autres circonstances et j'en garderai très peu. Toutefois, si Dieu le permet, nous y reviendrons plus tard.

III. TROIS SORTES D'ÉPREUVES

Toutes les tribulations dont souffrent les hommes entrent forcément dans une des trois catégories suivantes : celles qu'on s'impose de plein gré, celles qui sont supportées patiemment et celles qui paraissent insupportables.

Je ne traiterai pas de cette dernière catégorie maintenant ; ce que j'ai dit la fois dernière suffira pour l'instant. Vous voyez de quoi je veux parler : la maladie, l'emprisonnement, la perte des biens, la perte d'un ami, une douleur physique, tout cela sont des épreuves de la troisième catégorie, telles qu'on ne les accepte pas de bon cœur au début et dont par la suite on ne peut se débarrasser malgré tous les efforts qu'on fait.

Je pense que rien ne peut venir au secours de l'homme qui n'a pas la foi, quels que soient les conseils qu'on lui donne.

Je vous ai déjà beaucoup parlé de celui qui l'a : puisqu'il ne peut se libérer de sa peine, mieux vaut lui conseiller de la prendre en considération, de la supporter patiemment et de rendre grâce à Dieu plutôt que de se révolter et ainsi d'augmenter la douleur tout en risquant de déplaire à Dieu.

Je pense en avoir dit assez sur ce sujet. Pourtant, je vous donnerai encore des exemples de consolation qui peuvent servir dans cette sorte d'épreuves.

Source : livres-mystiques.com

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MessageSujet: Re: Dialogue du réconfort dans les tribulations de Saint Thomas More   Lun 17 Juil - 8:29:52

IV. DANS LA CONTRITION ON EST À LA FOIS HEUREUX ET TRISTE

Je parlerai peu de la première catégorie, c'est-à-dire des épreuves qu'un homme s'impose à lui-même, telles qu'une douleur physique ou encore quelque sacrifice matériel auquel il consent librement pour ses péchés et pour l'amour de Dieu.

Cette sorte d'épreuve ne réclame aucune consolation. Puisque la victime s'impose elle-même une souffrance, elle connaît les limites de ce qu'elle peut supporter et ne les dépassera pas. Si un doute s'élève, c'est d'un conseil qu'on a besoin, non de consolation. Ainsi, le courage qui enflamme l'âme pour l'amour de Dieu donnera joie et consolation, à tel point qu'on en oubliera la douleur du corps.

Tout en ayant au cœur grand regret du péché, on ne peut s'empêcher, en pensant à l'immense joie du ciel, de se sentir dans cet état étrange où je fus un jour de fièvre.

VINCENT : À quoi faites-vous allusion, cher oncle ?

ANTOINE : Il y a une quinzaine d'années, j'étais au lit, atteint d'une fièvre tierce. J'avais déjà subi trois ou quatre crises quand il en survint une si forte et si étrange que je n'aurais jamais cru cela possible. Je me sentis à la fois brûlant et glacé dans tout le corps. Je ne dis pas que j'avais froid ici et chaud là. Il n'y aurait rien eu de surprenant à avoir le front brûlant et les mains glacées, non c'était les deux ensemble par tout le corps, et c'était bien pénible.

VINCENT : Ma foi, mon oncle, voici un étrange phénomène. Je n'ai jamais rien ouï de pareil et si je ne l'avais entendu dépeindre par votre bouche j'aurais eu du mal à y croire.

ANTOINE : La courtoisie vous empêche peut-être d'avouer que vous ne me croyez pas non plus quand je vous le décris. Mais ce qui m'arriva ensuite fut plus étrange encore.

VINCENT : Contez-moi cela, mon oncle !

ANTOINE : J'interrogeai deux médecins. Ils m'affirmèrent que j'avais dû tomber dans un demi-sommeil et rêver de telles sensations. D'après eux, cela ne pouvait pas être. (...)


Source : livres-mystiques.com

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MessageSujet: Re: Dialogue du réconfort dans les tribulations de Saint Thomas More   Lun 17 Juil - 22:16:36

IV. DANS LA CONTRITION ON EST À LA FOIS HEUREUX ET TRISTE

(...)VINCENT : Vous n'en avez pas moins maintenu votre point de vue ?

ANTOINE : C'est vrai. Mais il se passa alors autre chose. Une jeune fille de cette ville à qui certain de ses parents avait enseigné un peu de médecine, me dit qu'une telle maladie existait effectivement.

VINCENT : Par Notre-Dame, mon oncle, sauf le respect que je vous dois, je n'aurais jamais eu confiance dans les affirmations de cette jeune fille. Je la crois actuellement digne de foi, mais à l'époque, elle aurait pu mentir pour paraître savante.

ANTOINE : Peut-être, mais elle me montra dans Galien le chapitre De differentiis febrium, qui traite de cette maladie.

VINCENT : Vraiment, mon oncle, ce fut pour vous un heureux hasard de rencontrer cette jeune personne. Elle était, en ce qui concerne cette maladie, beaucoup plus savante que vos deux médecins et je suppose qu'à présent elle en sait beaucoup plus long qu'eux.

ANTOINE : Je le crois aussi. Elle est très docte, très sage et très vertueuse.

Mais voyez maintenant quel tour me joue mon grand âge : je ne puis me souvenir pour quelle raison je vous raconte cette histoire ! Ah ! J'y suis ! Je voulais comparer cet état, où je me trouvais simultanément brûlant et glacé, avec la contrition, où l'on est à la fois joyeux et triste. Saint Jérôme dit : « Sois tout à la fois triste, et en même temps joyeux d'éprouver cette tristesse. »

Celui qui connaît ce genre d'épreuve, le bienfaisant regret de la faute et la vraie contrition, n'a besoin d'aucune consolation. Il lui suffit de penser à la grande Miséricorde de Dieu, qui dépasse de beaucoup tous les péchés. Notre-Seigneur est prêt à recevoir tous les hommes. Il a étendu ses deux bras sur la croix pour mieux les accueillir tous. Il y était lorsqu'il accueillit le larron, qui pourtant ne s'est tourné vers Dieu que lorsqu'il ne pouvait plus commettre aucun larcin. Cependant « il y aura plus de joie dans le ciel pour un pécheur qui se repent que pour quatre-vingt-dix-neuf justes qui n'ont pas besoin de repentir » (Lc., 15, 7).
Là-dessus je ne parlerai plus de ce premier genre d'épreuve.

Source : livres-mystiques.com

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MessageSujet: Re: Dialogue du réconfort dans les tribulations de Saint Thomas More   Mer 19 Juil - 9:02:48

V. CONCERNANT CEUX QUI NE SE TOURNENT VERS DIEU QU'AU DERNIER MOMENT

VINCENT : En vérité, mon oncle, il y a là une grande consolation, si grande que bien des gens peuvent persévérer dans le péché, sûrs d'être sauvés à la fin comme le fut le larron repentant.

ANTOINE : C'est vrai, mon neveu, certains hommes sont assez pervertis pour abuser de la grande bonté de Dieu. Plus il se montre généreux, plus on s'enfonce dans le péché. Mais, s'il est vrai qu' « il y a plus de joie au ciel pour un pécheur qui se repent... » à cause de la crainte que Dieu et les saints éprouvaient à voir un homme en danger de perdition, sa place au ciel n'est pas la même que s'il avait toujours marché dans le droit chemin, à moins toutefois qu'après sa conversion il ne rejoigne et ne dépasse les gens de bien. C'est ce qui arriva à saint Paul qui, de persécuteur, devint apôtre et travailla plus que tout autre à semer la parole du Christ. Il ne craignait pas de proclamer lui-même : « J'ai travaillé plus qu'eux tous » (I Cor., 15, 10).

Je ne doute pas, cher neveu, que Dieu soit clément envers tous ceux qui se tournent vers lui, à quelque moment de leur vie qu'ils le fassent, fût-ce à la dernière extrémité. Il admet au ciel même ceux qui viennent travailler à sa vigne quand les autres ont fini (Mt., 20). Pourtant, il serait bien imprudent de se fier à cette parabole pour persévérer dans le péché. Personne ne se rend à la vigne sans y être appelé. Celui qui, dans l'espoir qu'il sera tout de même appelé le soir, dort toute la matinée et boit le reste du temps risque fort de n'être pas convoqué, et d'être envoyé « au lit sans souper ».

Il y avait une fois un homme qui se flattait de vivre toute sa vie selon son bon plaisir, car trois mots prononcés juste avant de mourir lui assureraient, disait-il, une éternité bienheureuse. Il n'atteignit jamais la vieillesse, car un jour, son cheval fit un écart sur un pont en ruines. Quand il vit qu'il ne pouvait se dégager et qu'il allait tomber dans l'eau mon bonhomme s'écria dans son désespoir : « Enfer et damnation ! » Et ce furent ses dernières paroles. C'est là-dessus qu'il avait fondé tout son espoir pendant sa misérable vie.

Inutile pour le pécheur de se répéter : la grâce viendra plus tard. La grâce ne vient que par la volonté de Dieu, et un tel état d'esprit peut être un obstacle à tout bienfaisant repentir. Le pécheur risque de traîner sa négligence toute sa vie ou alors de se faire de vains et tardifs soucis, sans jamais parvenir à la grâce et, finalement, de sombrer dans le désespoir.(...)

Source : livres-mystiques.com

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MessageSujet: Re: Dialogue du réconfort dans les tribulations de Saint Thomas More   Mer 19 Juil - 22:08:56

VI. CERTAINS PRÉTENDENT QU'IL NE FAUT PAS REGRETTER SES PÉCHÉS

VINCENT : C'est vrai, mon oncle. Mais certaines gens disent que nous ne devons pas regretter nos péchés, qu'il nous suffit de prendre la résolution de nous amender et de ne plus penser au passé. Quant au jeûne et aux mortifications imposées au corps, ils disent que nous devons nous en abstenir, sauf s'il faut dominer une chair qui s'amollit et commence à regimber.

Le jeûne, disent-ils, sert à maintenir le corps dans la tempérance. Mais d'après eux, jeûner ou accomplir quelque bonne action telle que la charité en vue de nous faire pardonner nos péchés, c'est insulter à la Passion du Christ, qui seule nous en vaut la rémission. D'après eux, ceux qui veulent faire pénitence pour leurs fautes voudraient être leur propre sauveur, payer eux-mêmes leur rançon, racheter eux-mêmes leur âme. C'est pour cette raison qu'en Saxe beaucoup de gens n'observent plus le jeûne, et ne s'imposent plus d'épreuve corporelle, excepté pour parvenir à la tempérance. Cela ne peut nous faire aucun bien, disent-ils, ni à nous ni à notre prochain. Ils condamnent ces pratiques comme superstitieuses. Regretter nos erreurs leur paraît honteux, puéril, efféminé. Pourtant leurs femmes sont devenues si viriles et si peu puériles qu'elles s'endurcissent dans le péché. Tout comme les hommes, elles ne craignent pas de s'y livrer et ensuite n'en ressentent ni honte ni remords.

Mon oncle, je m'étonnai moins quand j'entendis leurs prédicateurs. Quand je me rendis en Saxe, ces doctrines n'existaient encore qu'à l'état de tendances. Luther n'était pas encore marié et les gens d'Église avaient gardé toutes leurs habitudes, mais ceux qui voulaient être de la Secte pouvaient déjà prêcher librement. J'écoutai moi-même le prêche d'un religieux de grand renom, homme austère et grave. Ciel, quel sermon ! Il me semble que je l'entends encore. Il avait une voix bien timbrée et une grande érudition. Il mettait les fidèles en garde contre le jeûne et la douleur qu'on s'inflige par pénitence. Il appelait cela des inventions humaines. Il criait à ceux qui recommandent ces pratiques de s'en tenir aux lois du Christ, d'abandonner ces puériles pénitences, de s'amender spirituellement et de chercher le salut uniquement dans la Passion et dans la mort du Christ. « Il est notre juge, notre sauveur et c'est lui qui s'est sacrifié pour tous nos péchés mortels. Il a fait pénitence sur la croix. Il nous a lavés par l'eau qui s'écoula de son flanc et il nous a tirés des griffes du démon en répandant son sang précieux. Laissez donc ces inventions humaines, ces carêmes imbéciles et ces puériles pénitences. C'est la mort du Christ, vous dis-je, qui doit nous sauver tous, la mort du Christ et non nos propres œuvres. Ne jeûnez pas !(...)

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MessageSujet: Re: Dialogue du réconfort dans les tribulations de Saint Thomas More   Jeu 20 Juil - 23:56:54

VI. CERTAINS PRÉTENDENT QU'IL NE FAUT PAS REGRETTER SES PÉCHÉS

VINCENT (...)Abandonnez-vous au Christ, mes frères, en raison de sa douloureuse Passion ! » Il faisait sonner si fort à leurs oreilles le nom du Christ, il parlait avec un tel feu de la « douloureuse Passion », tant de sueur lui mouillait les tempes que je ne m'étonnai pas de voir dans son auditoire de pauvres femmes pleurer. Moi-même, je sentais en l'écoutant mes cheveux se dresser sur ma tête.

Les gens autour de lui étaient si ébranlés que quelques-uns n'observèrent plus le jeûne désormais. Ce n'était de leur part ni faiblesse ni malice, mais presque de la piété tant ils craignaient de manquer de reconnaissance pour la « douloureuse Passion du Christ ». Mais une fois sur cette pente, ils en vinrent à accepter bien des choses qui les eussent indignés auparavant.

ANTOINE : Plaise à Dieu, mon neveu, qu'il change l'âme de cet homme et qu'il garde tous ses fidèles de pareils prédicateurs ! Un sermonneur comme celui-là abuse plus du nom du Christ et de sa Passion que mille enragés joueurs qui blasphèment et se parjurent en jetant les dés ! En leur lançant le nom du Christ à la tête, ces gens font oublier à leurs ouailles l'enseignement de l'Église, à savoir que, sans le Christ et sa Passion, les pénitences que nous nous imposons seraient sans aucune valeur. Ils leur font croire que nous pouvons nourrir la prétention d'être sauvés par nos propres œuvres, alors que nous professons que sa Passion mérite infiniment plus que nos œuvres, mais qu'il lui plaît que nous souffrions avec lui, car il a dit : « Qui ne prend sa croix et ne vient à ma suite n'est pas digne de moi »(Mt., 10, 38 et 11, 24 ; Mc., 8, 34 ; Lc., 9, 23 et 14, 27).
Ils soutiennent que le jeûne ne sert qu'à dominer la chair et à la garder de la luxure. Mais alors je devrais croire que Moïse était bien perverti lui qui eut besoin de jeûner quarante jours d'affilée ! Et Élie ! Et Notre-Seigneur lui-même, qui jeûna quarante jours pour le Carême, et les apôtres qui l'imitèrent, ainsi que tous les chrétiens, de génération en génération.

Ce n'est pas pour lutter contre la luxure que le roi Achab jeûna, s'en alla vêtu de sacs et répandit des cendres sur sa tête (1 R., 21, 27). Pas plus que le roi de Ninive et toute la population de cette ville lorsqu'ils se mirent à gémir et entrèrent en pénitence afin que Dieu les prît en pitié et calmât son courroux (Jon., 3). Anne qui, dans son veuvage, passa tant d'années à prier dans le temple jusqu'à la naissance du Christ (Lc., 3), n'était pas, je suppose si portée à la luxure, elle si chargée d'ans, qu'elle eût besoin de jeûner. Saint Paul jeûna souvent, mais pas seulement à cette fin. (...)

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MessageSujet: Re: Dialogue du réconfort dans les tribulations de Saint Thomas More   Ven 21 Juil - 23:21:01

VI. CERTAINS PRÉTENDENT QU'IL NE FAUT PAS REGRETTER SES PÉCHÉS

ANTOINE : (...) À maints endroits, l'Écriture nous prouve que le jeûne n'est pas une invention humaine, mais une institution divine, et qu'il a plus d'une utilité. Nous voyons aussi que le jeûne de telle personne peut être profitable à telle autre. Notre Seigneur l'affirme quand il dit que certains démons ne peuvent être chassés du corps des possédés « que par la prière et par le jeûne » (Mc., 9, 29).

Je m'étonne vraiment que ces gens parlent ainsi du jeûne et de la pénitence corporelle, mais ce qui me stupéfie c'est qu'ils désapprouvent le repentir qu'on peut éprouver de ses péchés. Le prophète dit :« Mettez en lambeaux vos cœurs et non vos vêtements » (Jb., 2, 12).

Et David dit : (Seigneur) « Tu ne dédaignes pas un cœur contrit et brisé » (Ps., 51, 19), ce qui veut dire un cœur brisé par le chagrin que causent les péchés. Il dit aussi de sa propre contrition : « Je me suis épuisé en gémissements, chaque nuit je baigne ma couche de mes larmes et j'arrose mon lit de mes pleurs » Ps., 6, 7 et 8 Mais pourquoi vous citer un ou deux passages ? L'Écriture en est pleine. Évidemment, Dieu considère que nous devons non seulement nous amender en vue de l'avenir, mais aussi déplorer profondément nos péchés passés. Les Docteurs proclament unanimement que les hommes doivent ressentir de la contrition pour leurs chutes et pleurer dans leur cœur sur leurs fautes.

VII. OÙ IL EST QUESTION DE CEUX QUI NE PEUVENT TROUVER EN LEUR CŒUR LE REGRET DE LEURS FAUTES

VINCENT : En vérité, mon oncle, ce langage me semble un peu dur. Non que je ne sois d'accord avec vous sur l'ensemble, mais il arrive qu'un pécheur, même s'il le désire, ne parvienne pas à regretter son péché. Il y en a qui, se rappelant leur défaillance, ne peuvent s'empêcher d'en rire. Si la contrition et la tristesse étaient indispensables à la rémission des fautes, bien des gens, ce me semble, seraient en dangereuse posture.

ANTOINE : Bien des gens y sont en effet ! Les saints sont sévères sur ce chapitre. Mais « Ses tendresses s'étendent sur toutes ses créatures » (Ps., 145, 9) et « Il n'est soumis à aucune règle, il connaît la fragilité de ces esquifs qu'il fit lui-même, il est miséricordieux, il prend en pitié et en compassion nos faiblesses, il n'exigera pas de nous plus que nous ne pouvons lui donner » (Ps., 103).

Mon neveu, celui qui est dans cet état d'esprit doit remercier le Seigneur de n'être pas pire, et d'avoir au moins l'intention de mieux vivre à l'avenir. Mais puisqu'il ne parvient pas à regretter ses fautes, qu'il déplore au moins de ne pas s'être, d'ores et déjà, amélioré.(...)

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MessageSujet: Re: Dialogue du réconfort dans les tribulations de Saint Thomas More   Sam 22 Juil - 22:08:51

VII. OÙ IL EST QUESTION DE CEUX QUI NE PEUVENT TROUVER EN LEUR CŒUR LE REGRET DE LEURS FAUTES

ANTOINE : (...) Saint Jérôme dit à celui dont le cœur est rempli de contrition de se réjouir à cause même de cette contrition ; moi je conseille à celui qui ne peut se repentir de s'attrister parce qu'il ne peut le faire.

Je souhaite que jamais personne ne désespère. Mais qu'il prenne bien garde celui qui ne peut parvenir à la contrition. Car c'est l'indice d'une foi qui s'amollit, d'une piété qui se relâche.

Si nous étions pénétrés de la foi en Dieu, si nous nous inclinions devant sa majesté, si nous pensions à son immense bonté, alors nous devrions trembler de terreur devant lui ; notre cœur devrait se briser, car l'amour et la gratitude devraient le faire éclater en sanglots. J'ajoute que le fait de ne ressentir aucun regret d'un péché dénote un manque de pureté, et rien d'impur ne peut entrer au ciel. Je donne à ceux qui se trouvent dans cet état le conseil que Maître Gerson (1) donne à tout le monde : puisque l'homme a un corps et une âme, moins l'âme est affligée, plus il faut imposer de souffrance au corps, plus il faut purger l'esprit par le mortifiement de la chair.

En agissant ainsi, on finira par avoir le cœur gonflé de larmes et on sentira se répandre dans l'âme une bienfaisante tristesse en même temps qu'une céleste joie. Il ne faut jamais manquer non plus de joindre à ces pratiques vertueuses une prière pleine de confiance.

Cher neveu, je vous ai dit l'autre jour que sur ces sujets je ne voulais pas discuter avec ces hommes nouveaux, mais je ne puis pourtant pas leur donner raison, car, pour autant que mon pauvre esprit puisse discerner, la Sainte Écriture de Dieu leur donne entièrement tort, ainsi que toute la chrétienté. Ils ont contre eux les gens qui ont vécu dans le pays même de ces novateurs ainsi que les saints Docteurs et les saints interprètes de l'Écriture, qui ont vécu au cours des âges. Si ces novateurs découvrent tout à coup que l'Écriture a de tout temps été mal comprise, que parmi tous ces Docteurs des siècles passés il n'en était pas un qui eût pu l'interpréter correctement, alors je devrais me mettre à mon tour à étudier l'exégèse.

Hélas ! Je suis trop vieux pour cela. Je n'ose pourtant pas me fier à la science de ces novateurs, mon neveu, car je ne vois pas pourquoi ils ne se tromperaient pas aussi bien que les autres se sont, à les en croire, trompés avant eux. Cependant ; s'ils ne se sont pas trompés, s'ils ont vraiment trouvé un chemin si facile vers le ciel, soit ! Qu'ils ne réfléchissent pas, qu'ils mènent joyeuse vie, qu'ils ne fassent pas pénitence, mais trinquent à la santé de Notre Sauveur et qu'on remplisse les verres !

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MessageSujet: Re: Dialogue du réconfort dans les tribulations de Saint Thomas More   Dim 23 Juil - 23:00:21

VII. OÙ IL EST QUESTION DE CEUX QUI NE PEUVENT TROUVER EN LEUR CŒUR LE REGRET DE LEURS FAUTES

ANTOINE : (...) La Passion du Christ paiera l'écot ! Ce n'est pas moi qui envierai leur chance, mais je ne conseille à personne de s'aventurer avec eux sur cette voie-là !

Ceux qui jugent dangereux ce chemin, ceux qui préfèrent l'épreuve de la mortification et du repentir y trouvent le merveilleux réconfort dont je vous ai entretenu. Et puisque ces personnages s'ébaudissent si aisément au sujet de la pénitence, nous ne leur parlerons pas non plus du réconfort qu'ils y pourraient trouver.

VIII. DE L'ÉPREUVE QUE L'ON SUPPORTE AVEC PATIENCE


VINCENT : Je vous remercie de m'avoir si bien éclairé, mon oncle. Parlez-moi maintenant de ce point que vous vous proposiez de traiter en dernier.

ANTOINE : Bien volontiers, cher neveu. Nous traiterons maintenant des épreuves que j'avais rangées dans la deuxième catégorie, celles qui sont supportées avec patience sans toutefois avoir été voulues.

Nous diviserons cette catégorie en deux branches : la première, nous l'appellerons tentation, la seconde persécution. Mais ici, il nous faut observer que je ne veux pas parler de toute espèce de persécution mais seulement de celles qu'on se résout à supporter patiemment pour ne pas déplaire à Dieu. Pourtant, si nous y réfléchissons, nous verrons que chacune d'elles agit sur l'autre et vice-versa car, par la tentation le diable nous persécute et par cette persécution il nous tente. Et, si la persécution est une épreuve pour tout le monde, la tentation est une épreuve pour l'homme de bien. Toutes deux sont des armes du Malin, mais la différence entre elles est la suivante : la tentation est une embûche et la persécution un combat à visage découvert. Cette sorte de tribulation dont nous parlons maintenant, je l'appellerai tentation et je ferai deux divisions : dans la première, nous verrons les embûches du démon, dans la seconde, ses combats à visage découvert.

IX. DE LA TENTATION EN GÉNÉRAL


Il serait trop long de parler de chaque espèce de tentation, car il faudrait également parler des persécutions. Le démon a mille ruses pour nous prendre au piège et dans ses combats il lance mille dards empoisonnés. Il nous tente par la vie du monde, il nous tente par notre propre chair, par le plaisir, par la peine, par nos ennemis, par nos amis ; il lui arrive même, à l'intérieur d'une famille, de transformer en ennemis des êtres chers. Notre Sauveur a dit : Inimici hominis domestici eius (Mt., 10, 36). (...)

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MessageSujet: Re: Dialogue du réconfort dans les tribulations de Saint Thomas More   Lun 24 Juil - 23:40:24

IX. DE LA TENTATION EN GÉNÉRAL

(...) Pourtant, dans toutes ces tentations, nous pouvons trouver une consolation merveilleuse, c'est que plus forte est la tentation plus nous devons nous en réjouir.

Écoutons saint Jacques : « Heureux celui qui supporte l'épreuve ! Sa valeur une fois reconnue, il recevra la couronne de vie que le Seigneur a promise à ceux qui l'aiment » (Jc., 1, 12).

Dans ce monde, il y a un perpétuel combat entre le peuple de Dieu et ces lutteurs puissants et rusés que sont les démons, esprits orgueilleux et damnés. En effet, ce n'est pas seulement contre notre chair que nous devons lutter mais aussi contre le démon. Et saint Paul dit : « Car ce n'est pas contre des adversaires de chair et de sang que nous avons à lutter mais contre les Principautés, contre les Puissances, contre les régisseurs de ce monde de ténèbres, contre les Esprits du Mal qui habitent les espaces célestes » (Eph., 6, 12). Dieu a préparé des couronnes pour ceux qui luttent à ses côtés et repoussent victorieusement l'ennemi – et celui qui ne lutte pas n'en recevra pas. Comme le dit saint Bernard : comment lutter s'il ne se présente aucun ennemi ? Saint Jacques a donc raison d'affirmer que nous devons nous sentir joyeux de subir des tentations, car sauf si nous avons la lâcheté d'y succomber, elles seront la cause même de notre éternelle félicité.

X. UN RÉCONFORT QUI PEUT SE TROUVER QUAND ON SUBIT N'IMPORTE QUELLE TENTATION

Si la foi est vive, on éprouvera un inestimable réconfort à se dire que Dieu est toujours prêt à donner de la force contre la méchanceté et les embûches du démon.

Le prophète dit : « Ô mon Dieu, mon Seigneur, la force de mon salut, tu me couvres la tête au matin du combat » Ps., 140, 8

Demandez à Dieu la sagesse, il vous la donnera. « Revêtez l'armure de Dieu, dit saint Paul, pour pouvoir résister aux assauts du démon » (Eph., 6, 11).

Dieu étend sa main sur celui qui veut résister au péché et qui fait appel à lui. Il a promis souvent dans son Écriture, de ne pas laisser choir ses fidèles, et si parfois il leur arrive de trébucher par faiblesse, ils ne se blesseront pas, à la condition d'invoquer l'aide du Seigneur. L'Écriture dit du juste : « Quand il tombe, il ne reste pas terrassé, car Dieu lui soutient la main »(Ps., 37, 24). (...)

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MessageSujet: Re: Dialogue du réconfort dans les tribulations de Saint Thomas More   Mar 25 Juil - 21:59:54

X. UN RÉCONFORT QUI PEUT SE TROUVER QUAND ON SUBIT N'IMPORTE QUELLE TENTATION

(...) Le prophète exprime une véritable promesse de Dieu contre les tentations quand il dit : « Celui qui se confie à Dieu est en sûreté » (Ps., 29, 25). Or, qui se confie à Dieu, cher neveu ? C'est évidemment celui qui, par une foi très vive, se garde du désespoir, celui qui sait qu'il trouvera toujours un soutien dans sa lutte contre la chair, contre le monde, contre le démon. Donc, une foi solide, une ferme confiance dans l'aide de Dieu assurent la sauvegarde divine, ce qui veut dire que, dans la tentation, Dieu ne manquera jamais de protéger ses fidèles. Et le prophète poursuit : « Il te couvre de ses ailes, tu trouveras un refuge sous son pennage » (Ps., 91).

Voici, n'est-ce pas, une promesse certaine pour tout homme dont la foi est vive ; il est assuré que dans la fièvre de la tentation ou de l'épreuve (car, je vous l'ai dit, le démon emploie chaque épreuve pour nous faire perdre patience et nous amener à blasphémer et toute tentation est une épreuve pour le juste) voici donc une promesse que Dieu fait à celui qui croit en lui, de le soutenir dans la tentation. Quelle arme satanique est assez puissante pour nous atteindre si nous sommes protégés par le Seigneur ?

Le psaume continue et dit au croyant : « Lui te couvre de ses ailes, tu trouveras un refuge sous son pennage... » C’est-à-dire, à cause de l'espoir que tu mets en lui, il t'élèvera jusqu'auprès de lui pour te protéger, comme la poule défend ses poussins du vautour en les rassemblant sous ses ailes. Ainsi, pour protéger son peuple fidèle des griffes du démon, et pour le mettre en sûreté, Dieu l'abrite dans la tutélaire chaleur de ses ailes divines. Notre-Seigneur lui-même fit allusion à cette sauvegarde quand il parla aux Juifs comme le rapporte saint Matthieu dans son chapitre XXIII : « Jérusalem, Jérusalem ! toi qui tues les prophètes et lapides ceux qui te sont envoyés, que de fois j'ai voulu rassembler tes enfants, comme une poule rassemble ses poussins sous ses ailes... et tu ne l'as pas voulu » (Mt., 23, 37).

Voilà, n'est-il pas vrai, des paroles très réconfortantes pour des chrétiens. Dieu nous y montre sa tendre affection et sa grande bonté. Il voudrait nous abriter, comme une poule ses poussins. Souvent il rappelle ses enfants menacés par le vautour vers l'ombre protectrice de ses ailes, mais plus il appelle, plus nous nous éloignons. Et cependant, n'en doutons point, si nous répondons à sa voix, si nous accourons vers lui, le cœur gonflé d'espoir, il nous prendra sous son aile en cas de tentation. Là, nous serons en sécurité : rien ne pourra plus nous déloger, ni porter atteinte à notre âme. « Prends-moi près de toi, dit le prophète, et que vienne m'attaquer qui voudra ! » Et pour mieux montrer à quel point nous serons en sécurité auprès de lui, le prophète précise : In velamento alarum tuarum exultabo. Cela ne veut pas seulement dire que sous ses ailes nous serons en sûreté ; cela signifie que nous nous y épanouirons dans l'allégresse.(...)

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MessageSujet: Re: Dialogue du réconfort dans les tribulations de Saint Thomas More   Mer 26 Juil - 21:38:12

XI. QUATRE FORMES DE TENTATIONS DONT IL EST QUESTION DANS LES PSAUMES

Dans les deux vers suivants, le prophète mentionne quatre formes de tentations et par la même occasion les épreuves dont je voudrais vous entretenir maintenant et même quelques-unes dont nous avons déjà parlé. Ainsi en terminerai-je, je l'espère, avec le sujet qui nous occupe.

Le prophète dit dans le psaume quatre-vingt-dixième : « Sa fidélité t'environnera d'une armure, tu ne craindras ni les terreurs de la nuit, ni la flèche qui vole de jour, ni le trafic se déplaçant dans les ténèbres, ni l'agression du démon de midi ».

Voyons d'abord le premier vers. Sa fidélité t'environnera comme une armure, un bouclier, une cuirasse : cela signifie que Dieu a promis de défendre et de protéger ceux qui mettent en lui leur confiance et qu'il tiendra sa promesse. Sa fidélité te défendra toi aussi qui lui es fidèle, non seulement d'un écu de petit format qui pourrait tout juste te couvrir la tête mais bien d'une grande cuirasse qui préserve tout le corps. « Le bouclier de ce psaume, dit saint Bernard, est large en son chef car la partie supérieure, c'est la divinité, et étroit dans sa pointe, car sa partie inférieure c'est l'humanité de Notre Sauveur Jésus-Christ. » Pourtant, ce bouclier ne ressemble pas à ceux que nous connaissons, qui protègent seulement une partie du corps et laissent les autres vulnérables. Mais, comme dit le prophète : il te ceindra de tous côtés, et tes ennemis ne pourront en aucune façon blesser ton âme. Puis il montre que le diable nous attaque par quatre sortes de tentations et épreuves à la fois et qu'il est nécessaire d'être bien protégés. La fidélité du Très-Haut nous défendra le mieux du monde et nous n'aurons rien à craindre aussi longtemps qu'elle nous enveloppera.

XII. LA PREMIÈRE DES QUATRE TENTATIONS

« Tu ne craindras pas les terreurs de la nuit ». Par le mot « nuit », l'Écriture entend parfois épreuve, souffrance, comme il apparaît dans le ch. 34 du livre de Job : « Dieu connaît leurs œuvres et il les plonge dans la nuit », ce qui veut dire qu'il les enfonce dans la douleur pour les punir de leur méchanceté. Vous savez que la nuit nous apporte malaises et frayeurs. Aussi donnerai-je à ces mots : « terreurs de la nuit » le sens d'épreuves par lesquelles le diable tente les justes et s'efforce de les amener à regimber, comme il le fit pour Job. Mais celui qui garde vive en son cœur la confiance en Dieu sera merveilleusement cuirassé et n'aura rien à craindre de ce qu'on appelle ici les terreurs de la nuit. On les appelle ainsi pour deux raisons : la première est que, le plus souvent, celui qui en souffre discerne mal la cause de son épreuve. Ces épouvantes nocturnes diffèrent en cela de ces combats à visage découvert que sont les luttes engagées par le diable lorsqu'il veut empêcher un juste de faire le bien ou l'inciter à commettre une mauvaise action. (...)

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MessageSujet: Re: Dialogue du réconfort dans les tribulations de Saint Thomas More   Jeu 27 Juil - 23:54:09

XII. LA PREMIÈRE DES QUATRE TENTATIONS

(...) La seconde raison c'est que la nuit pousse tout naturellement à la terreur, et, l'imagination aidant, on se voit alors entouré d'objets effrayants. Le prophète dit dans les psaumes : « Tu poses les ténèbres, c'est la nuit, toutes les bêtes des forêts s'y remuent ; les lionceaux rugissent après la proie et réclament à Dieu leur manger » (Ps., 104, 20). Sachez bien que si les lionceaux rugissent dans la nuit et y cherchent leur proie, ils n'en trouveront point d'autre que celle qu'il plaît à Dieu de leur accorder. Ils n'en sont pas conscients, mais c'est pourtant à Dieu qu'ils la demandent et de lui qu'ils la reçoivent. Et ceci peut être un réconfort pour tous les justes dans leurs effrois nocturnes : même s'ils sont les victimes des démons, ceux-ci ne peuvent s'attaquer qu'à leur corps, lequel n'est que l'enveloppe de l'âme. L'âme elle-même, qui est la substance de l'homme, est trop fermement protégée par le bouclier de Dieu pour qu'un simple lionceau puisse lui faire le moindre mal, aussi longtemps qu'elle gardera sa confiance en l'aide de Dieu. Le « grand lion » lui-même ne put tourmenter Job que dans la mesure où Dieu lui en accorda la permission.

Les sombres ténèbres de la mi-nuit plongent l'infidèle dans une grande terreur. Il lui manque la lumière de la foi, qui lui ferait comprendre que le danger n'est pas aussi grand qu'il le craint. Mais nous sommes habitués à attribuer une grande importance à notre corps parce que nous le voyons, nous le sentons, son entretien et sa nourriture font l'objet de tous nos soins, tandis que rarement, hélas ! nous pensons à notre âme. Nous ne pouvons la voir que par les yeux de la foi, dans les méditations spirituelles auxquelles nous accordons si peu de temps que nous en arrivons à considérer la perte de notre corps comme un malheur beaucoup plus grand que la perte de notre âme.

Notre Sauveur nous dit de n'avoir nulle crainte de ces petits lions qui ne peuvent s'attaquer qu'à notre corps, mais il nous recommande de redouter le Lion dévorant qui, après avoir frappé le corps, peut entraîner l'âme dans le feu éternel. Pourtant, une fois plongés dans la sombre nuit de la souffrance, nous n'avons plus confiance dans la parole de Dieu ; les terreurs de la nuit nous enveloppent et nous font craindre de souffrir dans notre corps. Saint Paul affirme à divers endroits que le corps n'est que l'enveloppe de l'âme. Mais si faible est notre foi en la parole de Dieu, si obscure la nuit où nous plonge la souffrance que nous craignons plus pour notre corps que pour notre âme, pour le contenant que pour le contenu et même pour tout ce qui pourrait flatter le contenant. Nous sommes encore plus stupides qu'un homme qui se jette à l'eau plutôt que d'abîmer un vieux vêtement. Rappelez-vous que, dans les versets que je vous ai cités, le prophète ne parle pas seulement des lionceaux rugissant dans la nuit mais aussi de toutes les bêtes des bois. Vous savez aussi bien que moi que, la nuit, on a peur de choses qui sont en réalité parfaitement inoffensives. La nuit, pour un homme qui a peur, chaque buisson est un brigand. (...)

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MessageSujet: Re: Dialogue du réconfort dans les tribulations de Saint Thomas More   Sam 29 Juil - 22:52:24

XII. LA PREMIÈRE DES QUATRE TENTATIONS

(...) Quand j'étais jeune, je fus à la guerre avec le roi mon maître (Dieu ait son âme !). Nous campâmes en territoire turc, bien au-delà de Belgrade (plût à Dieu que cette ville fût encore nôtre comme en ce temps-là !).

Vers minuit, un cri s'éleva dans le camp : « L'armée turque marche vers nous. » Là-dessus, branle-bas de combat et ordre à toute notre armée de se tenir prête. Ensuite, on questionna plus à fond les observateurs qui avaient rapporté cette nouvelle. L'un d'entre eux dit qu'à la clarté de la lune, il les avait vus de ses yeux s'avançant en bon ordre, tous bien alignés et en rangs si larges qu'on n'en voyait pas les extrémités. Ses compagnons interrogés à leur tour dirent que celui-là les avait un peu distancés puis était revenu les prévenir en hâte et qu'ils avaient estimé préférable de rentrer bien vite au camp donner l'alarme sans aller vérifier eux-mêmes. Du reste, de l'endroit où ils étaient, ils avaient eux-mêmes entrevu l'armée ennemie. Nous veillâmes le reste de la nuit. De temps en temps, l'un de nous s'écriait : « Silence ! Il me semble entendre des pas » si bien qu'à la fin tout le monde croyait les entendre. Puis, le jour se leva. Personne ! On envoya l'observateur accompagné de quelques officiers, à l'endroit où il avait vu l'ennemi. C'est alors qu'on se rendit compte que cette terrible armée turque avançant silencieusement dans la nuit était en réalité une longue et large haie.

Ainsi en est-il de maintes terreurs. Le diable s'empare de notre imagination et nous fait voir tout en noir pour nous faire perdre tout espoir en Dieu. Ce que dans notre détresse nous prenons pour le rugissement d'un lion n'est souvent que le braiment d'un âne. Sur mer, un simple nuage peut paraître un écueil. Pourtant, comme le dit le prophète, celui qui garde en son cœur la confiance en Dieu sera si bien préservé qu'il ne devra craindre ni l'âne, ni le poulain, ni le lionceau, ni le rocher, ni la brume, ni enfin aucune des terreurs de la nuit.

XIII. LA PUSILLANIMITÉ


Les terreurs de la nuit sont souvent dues à la pusillanimité, au manque de courage. L'homme pusillanime est effrayé par un danger imaginaire mais sa fuite même encourage l'ennemi à l'attaquer. Dans l'épreuve, le couard perd patience puis se rebelle, se met à blasphémer contre Dieu, comme le font les damnés en enfer. La pusillanimité empêche souvent l'éclosion de bonnes actions qu'aurait permis le courage, puisé dans la confiance en Dieu. Le diable nous rend lâches et déguise cette lâcheté en humilité : il fait croire à l'incapacité d'accomplir ces actes justes, et l'homme ne saisit pas l'occasion que Dieu lui offre. Ceux qui souffrent de cette infirmité doivent demander secours à Dieu et avec l'aide de conseillers spirituels ils doivent débarrasser leur imagination de la lâcheté que le démon y a mise. (...)

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MessageSujet: Re: Dialogue du réconfort dans les tribulations de Saint Thomas More   Dim 30 Juil - 23:19:48

XIII. LA PUSILLANIMITÉ

(...) Qu'ils relisent donc la parabole des trois talents. Celui qui avait enterré son talent au lieu de le faire fructifier se vit accusé de pusillanimité, alors qu'il croyait pouvoir s'excuser en alléguant qu'il avait craint de le placer à intérêt chez les banquiers (Mt., 25). Cette crainte vient du démon, qui profite de la faiblesse de notre confiance dans le Seigneur

Gardons bien vive notre foi en Dieu et il nous entourera de son bouclier et nous n'aurons plus à craindre les terreurs de la nuit.

XIV. LA MANIE DU SCRUPULE


La pusillanimité dont nous venons de nous entretenir tenir donne naissance à une fille bien timorée, sotte, minable, toujours geignante, appelée « manie du scrupule ». Dans la maison, c'est une bonne servante, point paresseuse, toujours active. Sa maîtresse, douce et bonne, se déclare satisfaite de son travail et est toujours prête à pardonner quand il n'est pas bien fait. Pourtant, cette fille timide ne cesse de se plaindre et de pleurnicher : elle craint perpétuellement d'être grondée et punie. Pensez-vous que sa maîtresse soit satisfaite de cet état de choses ? Bien sûr que non !

J'en ai connu une dont la maîtresse était sage et (chose rare chez une femme) extrêmement bienveillante. Mais elle avait horreur du comportement geignard de sa servante et disait : « Mais qu'a donc cette fille ? Cette petite sotte a l'air de s'imaginer que je suis le diable. Elle me ferait dix fois plus de travail que j'aurais encore du mal à supporter dans ma maison ce caractère chagrin. »

Voilà comme sont les scrupuleux ! Ils grossissent démesurément les dangers qu'ils courent et souvent, ils les imaginent, tout simplement. Ils croient avoir commis au moins un péché véniel, alors qu'ils n'ont fait aucune faute ; ils se mettent en tête qu'ils se sont rendus coupables d'un péché mortel quand il n'était que véniel... Pourtant ils ne peuvent pas plus que les autres s'empêcher de commettre des fautes. Alors ils se disent qu'ils se sont mal confessés, que leur contrition n'était pas assez profonde et que les péchés n'ont pas été entièrement pardonnés. Ils se confessent et se confessent de nouveau, jusqu'à lasser leur confesseur et eux-mêmes par surcroît. Quand ils prient, ils le font aussi bien que le permet l'imparfaite nature humaine, mais ils ne sont jamais satisfaits et recommencent éperdument. Quand ils ont répété trois fois la même prière, ils n'en sont pas plus satisfaits. Ils ont le cœur triste, inquiet, plein de doutes, ils ne peuvent trouver de consolation spirituelle. (...)

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MessageSujet: Re: Dialogue du réconfort dans les tribulations de Saint Thomas More   Mar 1 Aoû - 0:18:37

XIV. LA MANIE DU SCRUPULE

(...) C'est le diable qui trouble de cette façon de nombreuses âmes droites. Il le fait pour les amener à pécher gravement. Il essaie d'obséder l'esprit par l'idée de la rigoureuse justice divine, de lui faire oublier l'idée réconfortante de la pitié de Dieu et de lui couper tout élan dans ses bonnes œuvres, de telle sorte qu'il n'y trouve plus la moindre consolation.

Au stade suivant, le démon en arrive, à force de la décourager, à dégoûter sa victime de toutes les bonnes œuvres et de tous les exercices spirituels, lui suggérant je ne sais quelle doctrine fallacieuse ou quelle théorie faussement latitudinaire. Il le rend bien plus coupable encore en lui faisant croire qu'il va trouver bientôt dans ces opinions trompeuses le moyen d'apaiser sa conscience. Le malheureux tombe alors dans le laxisme, sa conscience devient aussi large qu'elle était étroite au stade précédent. Pourtant, mieux vaut encore une conscience un peu trop étroite qu'une conscience un peu trop large.

Quand j'étais petit garçon, ma mère employait, pour garder ses enfants, une bonne vieille qu'on appelait mère Maud. En avez-vous entendu parler ?

VINCENT : Oui, souvent.

ANTOINE : Quand elle s'asseyait avec nous près du feu, elle nous racontait des histoires. Pline dit qu'il n'est pas de livre si mauvais qu'on n'y puisse glaner quelque idée utile, moi je pense qu'il n'est guère d'histoire d'enfant qui ne puisse illustrer l'une ou l'autre pensée.

Elle nous conta, une fois, l'histoire de l'âne et du loup qui s'en allèrent se confesser au renard. Le pauvre âne s'en vint un jour ou deux avant le mercredi des Cendres. Mais le loup n'y voulut point penser avant les Rameaux ; puis il remit la chose de jour en jour jusqu'au vendredi saint.

Avant de le bénir, le renard demanda à l'âne pourquoi il venait si tôt, avant même le commencement du carême. Le pauvre animal répondit qu'il craignait de perdre le bénéfice des prières que les prêtres dans ces jours de purification disent pour ceux qui se sont déjà confessés. Il s'accusa d'une faute qui lui causait un cuisant remords : un jour, il avait mis son maître en colère en l'éveillant au petit matin par son braiment peu harmonieux.

Le renard, en confesseur avisé, lui ordonna de ne plus recommencer, mais de dormir lui-même, comme un bon fils jusqu'au lever de son maître. De la sorte il serait assuré de ne plus le réveiller.

La confession de l'âne se poursuivit. La raconter toute serait beaucoup trop long. Il considérait toutes ses actions comme des péchés mortels : pauvre âme, et si scrupuleuse ! Mais son sage et avisé confesseur compta ces fautes pour des bagatelles (ce qu'elles étaient en effet). Puis il déclara au pénitent qu'il était fatigué de l'écouter, et qu'il aurait mille fois préféré passer tout son temps à table devant une belle oie bien grasse. Mais quand vint le moment d'indiquer une pénitence, le renard déclara que le plus gros péché de toute cette confession était la gloutonnerie. Aussi ordonna-t-il à l'âne de ne jamais faire tort à aucun animal pour se procurer de la nourriture. Mais à part cela, ajouta-t-il, l'âne devait manger tranquillement, sans se faire de souci. (...)

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MessageSujet: Re: Dialogue du réconfort dans les tribulations de Saint Thomas More   Mar 1 Aoû - 22:45:26

XIV. LA MANIE DU SCRUPULE

(...) ANTOINE : Quand le loup vint se confesser, continuait la mère Maud, c'était le vendredi saint. Le confesseur lui demanda en secouant furieusement son chapelet, dont les grains étaient gros comme des balles, pourquoi il venait si tard. « Père Renard, dit le loup, je vous dirai la vérité ; c'est d'ailleurs pour cela que je suis ici. Je n'ai pas osé venir plus tôt tant je craignais qu'en pénitence de ma gloutonnerie vous ne me prescriviez de jeûner pendant une partie du carême. » — « Voyons, dit Père Renard, je ne suis pas si déraisonnable. Je ne jeûne même pas moi-même. Je vous le dis, mon fils, ici, entre nous, en confession, ce jeûne n'est pas un commandement de Dieu, mais une invention des hommes. Les prêtres, en faisant jeûner les gens, leur donnent du souci pour un reflet dans l'eau ; ils les font tourner à bourrique. Mais moi je ne m'y laisse pas prendre, mon fils, j'ai fait gras tout le carême. Mais pour ne pas causer de scandale, je mange en cachette dans ma chambre, à l'insu de ces frères stupides dont la conscience faible et timorée eût été troublée de me voir. Je vous conseille de faire comme moi. » « C'est bien ce que je fais, autant que possible, dit le loup, Dieu merci ! Je ne prends mes repas qu'en la compagnie de frères dont je suis sûr et qui ont ma complexion. Ils n'ont pas la conscience faible, eux, je vous le garantis, et leur estomac est aussi solide que le mien. »

« C'est sans importance », dit le renard.

Cependant, au cours de la confession, le loup lui apprit qu'il dévorait parfois en seul repas tant de nourriture que, pour le même prix, une famille modeste aurait pu vivre une semaine. Prudemment, le renard lui en fit grief et lui fit un beau sermon où il louait sa propre frugalité : « Je ne dépense mie plus de cent sols par repas, dit-il, souvent mon écot n'atteint même pas cette somme. Quand j'ai envie d'une oie, je ne vais pas l'acheter chez le marchand de volailles, où elles sont toutes plumées, parées et où on peut aisément choisir la plus grasse ; non, je me fournis directement à la ferme, c'est moins cher. Je ne vais même pas les choisir de jour, mais j'y vais la nuit et je prends au hasard, la première qui se présente. Bien sûr, il me faut la plumer moi-même. Parfois elle est vraiment maigre et ne vaut même pas vingt sols, mais je trouve encore le moyen d'en faire deux repas. Vous me dites que vous vivez de rapine. Je n'y vois aucun mal. Vous avez toujours vécu ainsi, et je ne pense pas que vous puissiez agir autrement, ce serait folie y de vous l'interdire, vraiment ce serait contre ma conscience. Il vous faut vivre, et vous n'avez pas d'autre moyen d'existence : vous devez donc garder celui-là.

Pourtant, vous devez observer quelque mesure, et je vois, d'après votre confession, que vous n'en avez pas la notion. Je vous donne donc pour pénitence, de ne pas dépasser la somme de cent sols pour un repas, vous évaluerez vous-même le prix, en conscience. » (...)

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MessageSujet: Re: Dialogue du réconfort dans les tribulations de Saint Thomas More   Mer 2 Aoû - 22:18:40

XIV. LA MANIE DU SCRUPULE

ANTOINE : (...) Voilà comment la mère Maud nous racontait ces deux confessions. Voyons maintenant comment l'âne et le loup ont, chacun de son côté, accompli leur pénitence. Le pauvre âne affamé, vit une truie et ses porcelets confortablement installés sur de la paille fraîche. Il s'approcha avec l'envie d'en manger quelques fétus, mais sa conscience scrupuleuse se mit à le tourmenter. La pénitence lui interdisait de faire tort à qui que ce fût par gourmandise, or s'il prenait, ne fût-ce qu'un brin de paille, l'un ou l'autre de ces petits porcelets pourrait bien prendre froid. Il resta sur sa faim jusqu'à ce qu'on lui apportât sa ration de son. Il allait se jeter dessus quand il lui vint un nouveau scrupule. Il se dit qu'en mangeant ce son il désobéirait à son confesseur, car il risquait de priver un autre animal qui pourrait être affamé lui aussi. Il jeûna donc jusqu'à ce que son confesseur le renseignât mieux. Alors, il rejeta ce scrupule, mangea ses repas sans arrière-pensée et mena dans la suite une longue et honnête existence.

Le loup, lui, quitta le confessionnal, dûment absous. Il avait le même état d'esprit qu'une femme malicieuse de ma connaissance, qui sortant du tribunal de la pénitence dit à son mari : « Me voilà bien confessée, Dieu merci ! Maintenant que j'ai renoncé à mon ancienne malice, je puis recommencer à loisir. »

VINCENT : Vraiment, mon oncle, pouvez-vous lui prêter ces paroles ? Je l'ai entendue moi-même. Elle parlait en plaisantant, pour faire rire son mari.

ANTOINE : Elle avait l'air en effet de parler à moitié en plaisantant. Elle plaisantait quand elle disait renoncer à sa malice. Mais quand elle affirma qu'elle allait recommencer à loisir, son mari vit bien qu'elle parlait sérieusement.

VINCENT : Eh bien ! Je lui raconterai ce que vous dites d'elle !

ANTOINE : Vous pouvez le lui répéter.

Revenons-en au loup. Il s'était déchargé par la confession de son brigandage mais la faim revint bientôt, et il fit comme cette femme pleine de malice dont je vous parlais tout à l'heure : il recommença. Pourtant, sa conscience le freinait. Il ne voulait pas désobéir à son confesseur en prenant un repas de plus de cent sols.

Un jour qu'il rôdait à la recherche d'une proie, il vit dans un pré deux chevaux maigres et boiteux. Le premier tenait à peine sur ses pattes, le second était déjà mort et dépouillé de sa peau. Le premier mouvement du loup fut de se jeter sur ces misérables carnes. Mais alors, il aperçut, dans un pré voisin, une belle vache avec son veau. Il soupira : « Hélas ! pauvre de moi ! J'allais désobéir à mon confesseur sans même y prendre garde. Voilà un cheval mort, dont j'ignore le prix, car, au marché, onques ne vis vendre un cheval mort, et je ne sais pas le moins du monde ce qu'il peut valoir. (...)

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MessageSujet: Re: Dialogue du réconfort dans les tribulations de Saint Thomas More   Jeu 3 Aoû - 22:16:03

XIV. LA MANIE DU SCRUPULE

ANTOINE (...) Mais, en mon âme et conscience, il vaut certainement plus de cent sols, aussi n'y puis-je toucher. Cet autre cheval, qui est vivant, doit valoir une forte somme, les chevaux coûtent cher dans ce pays, surtout quand ils vont l'amble comme celui-là, car je vois qu'il ne trotte pas, c'est à peine s'il déplace une patte. Je le laisse, car il vaut sûrement plus de cent sols. Mais les vaches abondent en ces parages. Beaucoup de vaches, mais pas beaucoup d'argent. Si je tiens compte de l'abondance des bovidés et de la rareté de l'argent, il me semble que cette vache ne vaut guère plus de trois francs ; son veau ne doit guère coûter plus de vingt sols. Adonc puis-je fort bien me permettre de les manger tous les deux sans pour cela manquer à ma pénitence. »

Si les animaux d'aujourd'hui pouvaient parler comme la mère Maud prétendait qu'ils le faisaient alors, quelques-uns en raconteraient certainement d'aussi sottes. Un court sermon aurait tout aussi bien fait notre affaire, mais si puérile que paraisse cette histoire, elle nous est utile : elle nous enseigne que mieux vaut être trop scrupuleux que trop peu, bien que ce soit parfois pénible, comme nous l'avons vu pour le pauvre âne. C'est également meilleur que d'avoir une conscience élastique, ajustée au gré de la fantaisie et des commodités, comme celle du loup.

De telles gens n'ont pas besoin de consolation, nous n'en parlerons pas. Mais que celui qui pâtit d'un excès de scrupules prenne bien garde, en évitant un péché d'être tenté d'en commettre un autre : il tomberait ainsi de Charybde en Scylla. Le bateau qui entre dans un port à l'entrée duquel se trouvent de dangereux écueils sous-marins doit être dirigé par un habile pilote, qui le guidera d'une main sûre dans la passe. Il en va de même des âmes scrupuleuses : elles doivent se soumettre aux conseils avisés d'un directeur de conscience.

Et même si le scrupuleux est un théologien, qu'il imite les docteurs en médecine ! Un médecin, même très versé dans son art, prendra, s'il est malade, l'avis de ses confrères, il se mettra entre leurs mains. Il a bien des motifs d'agir ainsi. Un de ces motifs est la peur qu'il éprouve au sujet de lui-même ; certains symptômes risquent de l'effrayer plus que de raison.

En l'occurrence, il serait préférable qu'il ignorât tout de la médecine.

J'ai connu dans cette ville un des médecins les plus éminents, homme très expert, qui réussissait des cures merveilleuses. Il tomba lui-même gravement malade. J'entendis alors les confrères qui le soignaient souhaiter que ce savant praticien n'eût aucune connaissance en thérapeutique. Pourtant chacun de ses confrères avait recours à lui quand eux-mêmes étaient malades. Mais pendant cette grave maladie, il s'effrayait de chaque symptôme et cette frayeur lui faisait grand tort. (...)

Source : livres-mystiques.com

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MessageSujet: Re: Dialogue du réconfort dans les tribulations de Saint Thomas More   Ven 4 Aoû - 21:13:35

XIV. LA MANIE DU SCRUPULE

ANTOINE (...) Une conscience scrupuleuse doit parfois rejeter son propre jugement pour accepter celui d'un homme savant et vertueux, particulièrement pendant la confession, car Dieu y est présent et sa grâce nous est donnée par le sacrement. L'esprit doit se rasséréner, il faut oublier un moment la justice de Dieu pour ne plus penser qu'à sa bonté. Il faut persévérer dans les prières pour obtenir la grâce, et garder fidèlement l'espoir d'être soutenu par le Seigneur. Ainsi, encore un coup, se vérifieront les paroles de la Sainte Écriture : « La vérité du Seigneur, t'environnera comme d'une cuirasse, tu n'auras plus rien à craindre des terreurs de la nuit ».

XV. LES TERREURS DE LA NUIT ET LA TENTATION DU SUICIDE

VINCENT : Mon oncle, vous m'avez bien fait comprendre ce que sont ces « terreurs de la nuit ».

ANTOINE : Cher neveu, il y en a bien plus que je ne puis m'en souvenir. Pourtant, en voici une qui me revient à l'esprit maintenant, et à laquelle je ne pensais pas, c'est la plus horrible, celle où l'on voit le diable pousser quelqu'un à se détruire.

VINCENT : C'est là, en effet, une étrange épreuve, et on dit que ceux qui tombent dans ces singulières obsessions ne peuvent plus, par la suite, s'en libérer.

ANTOINE : Hélas, c'est vrai, mon neveu. Ceux qui se donnent la mort font beaucoup parler d'eux et provoquent l'étonnement. Mais beaucoup de femmes et d'hommes vertueux ont pendant des années été assaillis par cette tentation, l'ont combattue ; aidés de bons conseils et soutenus par la grâce de Dieu ils s'en sont finalement affranchis. Leur épreuve est restée secrète, et nul n'en a parlé.

Il n'en est pas moins vrai qu'il est terrible d'être ainsi sollicité par le diable. J'ai entendu parler de nombreux cas semblables et je me suis entretenu moi-même avec des personnes qui ont subi cette épreuve. Ils en ont beaucoup souffert.

VINCENT : Je vous en prie, cher oncle, expliquez-moi comment vous voyez cela. Vous appelez cette tentation la fille de la pusillanimité, et vous l'apparentez aux « terreurs de la nuit ». Il me semble à moi que c'est plutôt un acte de courage et de témérité. Presque tout le monde a peur de la mort et la fuit, même les plus vaillants.

ANTOINE : J'ai dit, cher Vincent, que la tentation du suicide vient d'un manque de courage et c'est vrai, mais je n'ai pas dit qu'elle ne venait que de là. Car le diable a plus d'un tour dans son sac. (...)

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MessageSujet: Re: Dialogue du réconfort dans les tribulations de Saint Thomas More   Dim 6 Aoû - 8:32:03

XV. LES TERREURS DE LA NUIT ET LA TENTATION DU SUICIDE

ANTOINE : (...) Je ne vous ai parlé que de la tentation du suicide provenant du manque de courage, car les autres sortes de morts volontaires ne font pas partie de notre sujet. Du reste, dans ces épreuves-là on a besoin de conseils mais non de réconfort. Ceux qui sont ainsi tentés se complaisent dans leur hantise et dans ses suites. Il y en a qui sont tentés par fol orgueil, par colère, sans crainte aucune, et très heureux de s'en aller, je ne le nie pas. Mais si vous pensez qu'aucun n'a peur, vous verrez bien que vous vous trompez. C'est précisément ceux dont le courage vous paraît le moins discutable qui vous prouveront que j'ai raison.

VINCENT : Vous m'étonnez, mon oncle. Ainsi, d'après vous, cette tentation ne serait pas une épreuve pour ceux qui se tuent par orgueil, par colère, ils n'auraient pas besoin de réconfort spirituel dans une si grande détresse, dans un si grand danger de perdre à la fois leur âme et leur corps ?

ANTOINE : Je vais vous donner un ou deux exemples et vous comprendrez mieux.

Au temps du roi Ladislas vivait, ici, à Buda, un homme très bon, très pauvre, très honnête. Sa femme était si perverse que le diable lui mit dans la tête le projet que voici : elle exciterait la colère de son mari jusqu'à un tel paroxysme, qu'il la tuerait, et qu'alors il serait pendu pour ce forfait.

VINCENT : Étrange dessein en vérité ! À quoi cela pouvait-il lui servir ?

ANTOINE : À rien, mais son cur satanique se réjouissait à l'idée de faire pendre son mari. Si par hasard vous regardez autour de vous, vous trouverez plus d'un cur comme celui-là. N'avez-vous jamais entendu dire : « Pour voir telle ou telle personne frappée de malheur, je veux bien rôtir en enfer pendant l'éternité ? »

VINCENT : C'est vrai, j'ai entendu des gens parler ainsi.

ANTOINE : Eh bien ! pour en revenir au mari et a sa femme, on peut dire qu'il était aussi fou qu'elle, peut-être même l'était-il plus, car peut-être la femme ne discerna-t-elle pas aussi nettement les dangers de l'entreprise. Voyons cependant quel était son projet. Un jour que son mari, charpentier de son état, était en train de fendre du bois, elle se mit à l'injurier à tel point qu'il en devint fou de colère et lui ordonna de se calmer sinon il lui caresserait le dos avec le manche de sa hache. Il ajouta que ce ne serait d'ailleurs pas grand péché si cette hache tranchait la tête dans laquelle frétillait une aussi méchante langue.

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MessageSujet: Re: Dialogue du réconfort dans les tribulations de Saint Thomas More   Dim 6 Aoû - 23:54:56

XV. LES TERREURS DE LA NUIT ET LA TENTATION DU SUICIDE

ANTOINE : (...) À ces mots, le diable intervint et affûta la dite langue sur les dents de la virago. Alors elle provoqua méchamment son homme, « Par la Messe, fils de putain, vas-y ! Tiens, voici ma tête ! » Et elle posa sa tête sur le billot. « Si tu ne la coupes pas, je te maudis, fils de putain ! » À ce moment, il semble bien que le diable se tenait au côté de la femme tandis que près du mari se tenait son ange gardien, qui lui donna le courage d'agir. Et voilà comment cet homme tua sa femme. Des gens avaient entendu la mégère et s'amusaient de ses propos, mais ils ne prévoyaient pas ce qui allait se passer, et ce fut fait avant qu'ils aient eu le temps d'intervenir. Ils racontèrent avoir entendu la tête séparée du corps continuer à lancer ses insultes : « Fils de putain, fils de putain ! » Ils en témoignèrent ensuite devant le roi, sauf une femme, qui affirma n'avoir rien entendu.

VINCENT : Quelle étrange histoire ! Et qu'arriva-t-il au mari ?

ANTOINE : Le roi lui donna son pardon.

VINCENT : En conscience, il ne pouvait faire moins.

ANTOINE : Mais ensuite, on voulut promulguer un édit : en pareille circonstance, le mari (à condition de pouvoir prouver la vérité de ses accusations contre son épouse) n'aurait pas besoin de pardon mais serait libre d'agir comme le charpentier.

VINCENT : Comment se fait-il que cette bonne loi ne dépassa jamais l'état de projet ?

ANTOINE : Comment cela se fait-il ? Mais, cher neveu, bien des lois aussi justes sont restées à l'état de projet ! Ici et ailleurs, parfois, on en a même promulgué de mauvaises à la place. On dit que c'est la reine qui empêcha celle-ci de sortir. Dieu lui pardonne ! C'est la plus grande faute dont cette bonne dame eut à rendre compte quand elle mourut car, à part cela, elle fut toujours une bonne personne.

Quoi qu'il en soit, il semble bien que la tentation de provoquer sa propre mort ne fut pas une épreuve pour la femme du charpentier. Elle aimait penser à son trépas et même elle le désirait. Supposez qu'elle ait fait part de son projet à vous ou à moi, nous n'aurions pas eu l'occasion de la réconforter, comme une âme en peine, mais, naturellement, nous aurions pu la conseiller comme je vous l'ai dit plus tôt, et tâcher de la faire renoncer à son infernal projet.

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MessageSujet: Re: Dialogue du réconfort dans les tribulations de Saint Thomas More   Mar 8 Aoû - 10:03:01

XV. LES TERREURS DE LA NUIT ET LA TENTATION DU SUICIDE

(...) VINCENT : C'est vrai, mais ceux qui nourrissent d'aussi noirs desseins n'en parlent à personne : ils ont trop honte.

ANTOINE : Il y en a, en effet, qui n'en parlent pas, mais d'autres vont jusqu'à trouver des gens qui les aident à les réaliser. Il n'y a pas bien longtemps, un voyageur venu de Vienne nous raconta cette autre histoire : Une riche veuve, orgueilleuse et méchante (les deux vont de pair) était en brouille avec son voisin. Elle entra en relation avec un autre voisin, peu fortuné, dont elle pensait pouvoir se servir en l'achetant. Elle lui parla secrètement et lui offrit dix ducats s'il acceptait de venir un matin chez elle et de lui couper la tête avec une hache, puis d'aller, toujours secrètement, déposer la hache dans la propriété du voisin avec qui elle était en querelle, de façon à faire croire qu'il était l'assassin. Elle pensait qu'elle serait considérée comme une martyre et même, se disait-elle, en y ajoutant une somme d'argent qu'on enverrait à Rome en même temps qu'un rapport, elle pourrait être canonisée.

L'homme pauvre promit, sans avoir l'intention de tenir sa promesse. Mais quand il voulut renvoyer à plus tard l'exécution de ce noir projet, elle lui fournit elle-même une hache. Ils décidèrent du jour où il viendrait chez elle. Ce matin-là, il vint, mais il plaça aux environs des gens qui seraient témoins de la folie de cette femme, il les cacha de telle sorte qu'ils pussent entendre. Quand il eut parlé pendant un moment avec la femme, il lui dit de se préparer et il saisit la hache d'une main. De l'autre, cependant, il tâta le tranchant et lui trouva un défaut ; il déclara qu'il fallait aiguiser cette hache, sans quoi il risquait de faire souffrir la patiente. Exaspérée de ces retards, elle se pendit de ses propres mains.

VINCENT : Voilà une bien tragique histoire, je n'ai jamais entendu rien de pareil.

ANTOINE : Celui qui me l'a racontée jura que c'était la vérité. Et c'est quelqu'un de confiance. Voici donc une femme qui n'hésita pas à faire part de ses projets à un tiers, et je connais personnellement celui à qui elle confia l'argent qui devait lui assurer la canonisation. La tentation que subissait cette femme n'était pas, je crois, causée par la peur, mais par la méchanceté et l'orgueil. Elle caressait avec délices ses diaboliques projets et, comme je vous l'ai dit, cela ne lui causait aucun souci, aucune peine. Elle n'aurait eu que faire de paroles réconfortantes. Tout ce qu'on aurait pu tenter, c'eût été de la conseiller sagement. Je vous l'ai dit, dans cette tentation du suicide c'est de conseils qu'on a besoin, non de réconfort ; nous sortons donc ici de notre sujet. (...)

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MessageSujet: Re: Dialogue du réconfort dans les tribulations de Saint Thomas More   Mer 9 Aoû - 1:43:05

XVI. DE CEUX QUI VEULENT SE TUER POUSSÉS PAR LE DÉMON QUI LEUR FAIT CROIRE À UNE RÉVÉLATION DIVINE

Pour bien vous montrer que ces deux exemples ne sont pas inventés, je vous rappellerai une histoire que vous avez lue dans les conférences de Cassien. Si vous ne l'avez pas lue vous pourrez facilement l'y trouver. Je l'ai moi-même à moitié oubliée. Voici ce dont je me souviens : Un moine vécut longtemps comme un saint dans le désert. Il jouissait de l'estime de ses confrères et des anachorètes. Pourtant, quelques-uns craignaient que les nombreuses révélations qu'il faisait ne fussent des tromperies du démon. Par la suite, on vit bien que c'en étaient, car le diable l'avait si subtilement envoûté, il lui avait insufflé un tel orgueil que, finalement, il l'amena à se tuer. Pour autant que je m'en souvienne sans avoir l'ouvrage sous les yeux, il lui persuada que telle était la volonté divine et qu'ainsi il irait droit au ciel. Si tel était le motif de son suicide, il n'entre pas dans notre propos de parler de ce moine, car il se complaisait dans son idée de suicide et il avait plus besoin d'être sagement conseillé pour ne pas céder aux séductions du Malin, que d'être réconforté. Mais si le diable lui avait fait comprendre comment il avait été trompé et s'il l'avait poussé à se suicider par honte ou par désespoir, alors cette histoire entrerait dans notre sujet. Car alors son orgueil serait tombé et il aurait souffert de pusillanimité, de cette sorte de « terreur nocturne » dont je vous parlais. Si tel avait été son cas, le conseil à lui donner eût consisté en une parole encourageante.

Mais, comme je vous le disais, cet acte ne relève ni du courage, ni de la force de caractère, non seulement parce que la véritable force (qui est une vertu chez les gens raisonnables) doit toujours être accompagnée de prudence, mais aussi parce que en y réfléchissant bien on verra que le motif du suicide est une peur folle, même chez ceux qui sont connus pour leur bravoure.

Prenez par exemple Caton d'Utique, qui se tua après la victoire de Jules César. Saint Augustin déclare dans son ouvrage De civitate Dei qu'en se suicidant Caton ne fit preuve d'aucune grandeur, d'aucune force de caractère, mais seulement de manque de résistance dans l'adversité. Il n'avait pas le courage d'assister au triomphe d'un autre ni de souffrir les malheurs qu'il pressentait. Ainsi, comme saint Augustin le prouve, cet acte horrible n'exige aucun courage. Il peut être causé par une imagination perverse, qui détourne du respect de soi-même. Dans ce cas, l'homme doit être ramené à la raison par de bons conseils, ou alors, cet acte est le fait d'un homme qui manque de force de caractère. Dans ce cas, ce qu'il lui faut c'est une solide consolation, un puissant réconfort. (...) Si nous nous trouvions devant un homme très pieux, comme le père dont parle Cassien, un homme connu pour son austérité, pour sa très grande vertu, ayant une vie spirituelle très profonde, et sujet à de nombreuses et étranges visions, si donc nous nous apercevions que cet homme nourrit secrètement des idées de suicide, nous devrions, avant d'agir pour l'empêcher de les mettre à exécution, étudier son caractère et ses comportements. (...)

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