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 Le jugement téméraire par le Saint Curé d'Ars

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Miséricorde de Dieu
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MessageSujet: Le jugement téméraire par le Saint Curé d'Ars   Lun 13 Mar - 22:53:03



le jugement téméraire

Deus, gratias ago tibi, quia non sum sicut coeteri homi-num : raptores, injusti, adulteri, velut hic publicanus.
Je vous rends grâces ô mon Dieu, de ce que je ne suis pas comme les autres hommes, qui sont voleurs, injustes et adultères, ni comme ce publicain que voici.
(S. Luc, XVIII, 11.)

Tel est, M.F., le langage de l'orgueilleux, qui, étant plein de bonne opinion de lui-même, méprise, de pensée, le prochain, censure sa conduite, et condamne les actions qui sont faites avec les intentions les plus pures et les plus innocentes. Il ne trouve rien de bien fait ni de bien dit, que ce qu'il fait et ce qu'il dit lui--même ; vous le voyez toujours attentif sur les paroles et les actions de son voisin, et, sur les moindres apparences du mal, sans rien examiner, il les blâme, il les juge, il les condamne. Ah ! maudit péché, que tu causes de divisions, de haines, de disputes, ou pour mieux dire, que tu traînes d'âmes dans les enfers ! Oui, M.F., nous voyons qu'une personne qui est sujette à ce péché, se scandalise et se choque de tout. Il fallait que Jésus-Christ jugeât ce péché bien mauvais, il faut que les ravages qu'il fait dans le monde soient bien affreux ; puisque, pour nous en donner autant d'horreur que possible, il nous le dépeint d'une manière si claire et si sensible dans la personne de ce pharisien. Ah ! M.F., que les maux que ce maudit péché entraîne avec lui sont grands et affreux ! Oh ! qu'il est difficile à celui qui en est atteint de s'en corriger !... Pour vous engager, M.F., à ne jamais vous laisser dominer par un aussi mauvais défaut, je vais 1° vous le montrer autant que je le pourrai ; 2° nous verrons les moyens que nous devons employer pour nous en garantir.

I. – Je dis, premièrement, que le jugement téméraire est une pensée ou une parole désavantageuse sur le compte du prochain et sur de légères apparences. Il ne peut venir que d'un cœur mauvais, rempli d'orgueil ou d'envie ; parce qu'un bon chrétien, qui est pénétré de sa misère, ne pense et ne juge mal de personne ; jamais du moins, sans en avoir une connaissance certaine, et encore, quand il est obligé par son devoir de veiller sur ces personnes et jamais autrement. Nous disons, M.F., que les jugements téméraires prennent naissance dans un cœur orgueilleux ou envieux, ce qui est très facile à comprendre. Un orgueilleux ou envieux n'a bonne opinion que de lui-même, et tourne en mal tout ce que fait son prochain ; le bien qu'il aperçoit dans son prochain l'afflige et le ronge. L'Écriture sainte nous en donne un bel exemple dans la personne de Caïn, qui tournait en mal tout ce que son frère faisait . Voyant qu'il était agréable à Dieu, il conçut le noir dessein de le tuer. Ce fut le même péché qui porta Ésaü à vouloir tuer son frère Jacob . Il ne passait son temps qu'à examiner ce qu'il faisait, en pensait toujours mal dans son cœur, et dans tout ce qu'il faisait, il ne trouvait point de bonnes actions. Mais son bon frère Jacob, qui avait un cœur bon et un esprit humble, ne pensait pas seulement mal de son frère ; il l'aimait de tout son cœur, il pensait toujours bien de lui, il excusait toutes ses actions, quoique bien mauvaises, puisqu'il ne cherchait qu'à lui ôter la vie. Jacob faisait tout ce qu'il pouvait pour changer les dispositions du cœur de son frère. Il priait le bon Dieu pour lui, il lui faisait même des présents pour lui montrer qu'il l'aimait et qu'il n'avait pas les pensées qu'Ésaü croyait. Hélas ! M.F., que ce péché est mauvais dans un chrétien qui ne peut souffrir le bien dans les autres, en tournant en mal tout ce que les autres font ! Oui, M.F., ce péché est un ver rongeur qui dévore nuit et jour ces pauvres personnes : vous les voyez toutes tristes, chagrines, sans vouloir même dire ce qui les fatigue, parce que l'orgueil s'en trouverait blessé ; ce péché les fait mourir à petit feu. O mon Dieu ! quelle triste vie ! Mais quelle vie plus heureuse, M.F., que celle de celui qui n'est point sujet à juger mal son prochain, qui tourne tout en bien ! Son âme est en paix, il ne pense mal que de lui seul, et, par là, il s'humilie devant Dieu et espère en sa miséricorde. En voici un bel exemple.
Nous lisons dans l'histoire des Pères du désert, qu'un religieux qui avait mené une vie des plus pures et des plus chastes, fut attaqué d'une maladie, dont il mourut. Comme il était proche de la mort, et que tous les religieux du monastère étaient autour de lui, le supérieur le pria de leur dire en quoi il croyait s'être rendu plus agréable à Dieu. « Mon père, répondit ce saint religieux, cela me fait bien de la peine ; mais, par obéissance, je vous le dirai. Dès mon enfance, j'ai été en butte aux plus rudes tentations du démon ; mais autant il me tourmentait, autant le bon Dieu me consolait, ainsi que la sainte Vierge, laquelle un jour que j'étais bien tourmenté par le démon, m'apparut toute pleine de gloire, chassa le démon et m'encouragea à la persévérance dans la vertu. Afin, me dit-elle, de vous en rendre les moyens plus aisés, je vous découvrirai quelque chose des trésors immenses de mon divin Fils ; je veux vous apprendre trois choses, qui, si vous les pratiquez bien, vous rendront très agréable aux yeux de Dieu, et vous feront vaincre facilement le démon votre ennemi, qui ne cherche que votre perte éternelle. C'est de vous humilier : dans le manger, ne jamais chercher ce que vous aimez le mieux ; dans vos vêtements, vous vêtir toujours simplement ; dans vos fonctions, ne jamais chercher ce qui peut vous relever aux yeux du monde, que ce qui est capable de vous abaisser ; et pour votre prochain, ne juger jamais mal de lui dans les paroles et les actions que vous lui voyez faire, parce que souvent les pensées du cœur ne sont pas conformes à l'action. Jugez et pensez bien de tout le monde ; c'est une action très agréable à mon Fils. La sainte Vierge disparut en me disant cela, et c'est ce que je me suis appliqué à faire depuis ce temps ; ce qui m'a fait grandement mériter pour le ciel. »
D'après cela, M.F., vous voyez donc qu'il n'y a qu'un mauvais cœur qui puisse juger mal de son prochain. D'ailleurs, on ne doit pas juger son prochain sans avoir égard à sa faiblesse et au repentir qu'il peut avoir de son péché. Ordinairement, et presque toujours, l'on se repent d'avoir pensé mal ou mal parlé des autres, parce que souvent, après avoir bien examiné, l'on reconnaît que ce que l'on a dit du prochain est faux. Il nous arrive ce qui arriva à ceux qui jugèrent la chaste Suzanne, sur le rapport de deux faux témoins, sans vouloir même lui donner le temps de se justifier ; d'autres imitent la présomption et la malice des Juifs, qui publièrent que Jésus-Christ était un blasphémateur , qu’il était du démon enfin, d'autres se conduisent comme pharisien, qui, sans examiner si Madeleine avait renoncé à ses désordres, ou non, ne la considérait que comme une infâme pécheresse , quoiqu'il la vît affligée, accuser ses péchés et les pleurer aux pieds de Jésus-Christ son Sauveur et son Rédempteur.

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