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 Méditation avec le Combat Spirituel de Laurent Scupoli

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MessageSujet: Méditation avec le Combat Spirituel de Laurent Scupoli    Lun 25 Juil - 11:15:16

Introduction

L'éloge du combat spirituel n'est plus à faire depuis que saint François de Sales nous à donné à ce sujet la mesure de son admiration : Je demandais un jour, dit Mgr Camus, évêque de Belley, au bienheureux évêque de Genève, qui estoit son directeur. Il tira de sa pochette le livre du Combat spirituel, et me dit : Le voilà; c'est celuy qui, avec Dieu, m'enseigne dès ma jeunesse, c'est mon maître aux choses de l'esprit et de la vie intérieure. Il écrit à sainte J.F. de Chantal : Le Combat spirituel est mon cher livre, que je porte en ma poche il y a bien dix-huit ans, et que je ne relis jamais sans profit. C'est un grand livre, lui dit-il dans une autre lettre. Et complétant l'éloge du Traité, il écrit à une dame : Lisez et relisez le Combat spirituel; ce doit être vostre cher livre, il est clair et tout pratiquable. Telle est, en résumé, la pensée du grand évêque. Comparant ailleurs l'Imitation de Jésus-Christ et le Combat Spirituel, il arrivait à conclure que, pour bien faire, il fallait lire l'un et ne pas omettre l'autre. Ils sont si briefs tous les deux, que leur lecture ne nous peut mettre en de grands frais. Il prisait très fort le livre de l'Imitation pour l'oraison et la contemplation, comme fort sentencieux, mais il estimait le Combat pour le regard de la vie active et de la pratique. (Abbé Fitte Edition 1895)

CHAPITRE I

En quoi consiste la perfection chrétienne; qu'il faut combattre pour l'acquérir ; et de quatre choses nécessaires en ce combat

Si vous voulez, ô âme chrétienne, parvenir au faîte de la perfection, et vous unir si étroitement à Dieu que vous deveniez un même esprit avec lui, il faut, pour mener à bonne fin cette entreprise, la plus grande et la plus noble qui se puisse imaginer, que nous sachiez avant tout en quoi consiste la vraie et parfaite spiritualité. Quelques-uns, ne regardant la vie spirituelle que par le dehors, la font consister dans l'austérité de la vie, dans les pénitences corporelles, les cilices, les disciplines, les veilles prolongées, les jeûnes et autres mortifications du même genre. D'autres, les femmes particulièrement, s'imaginent être parvenus à un haut degré de perfection, lorsqu'ils se sont fait une habitude de réciter beaucoup de prières vocales, d'entendre plusieurs messes, d'assister aux offices divins, de visiter fréquemment les églises et de s'approcher souvent de la sainte Table. D'autres enfin, et parmi eux des personnes engagées dans l'état religieux, croient que pour être parfait, il suffit d'être assidu au chœur, d'aimer la retraite et le silence, et d'observer les prescriptions de la règle. Ainsi, les uns font consister la perfection dans tel exercice, les autres dans un autre ; mais il est certain que tous se trompent. (...)

Source : Le Combat Spirituel de Laurent Scupoli, Edition de 1895
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MessageSujet: Re: Méditation avec le Combat Spirituel de Laurent Scupoli    Mar 26 Juil - 10:25:30

CHAPITRE I

En quoi consiste la perfection chrétienne; qu'il faut combattre pour l'acquérir ; et de quatre choses nécessaires en ce combat


(...) En effet, les œuvres extérieures sont des moyens d'acquérir ; mais on ne peut pas dire qu'elles constituent la perfection chrétienne et la vraie spiritualité. Ce sont des moyens puissants d'acquérir la sainteté ; employés avec sagesse et discrétion, ils servent merveilleusement à nous fortifier contre la malice et la fragilité de notre nature, à repousser les assauts et à éviter les pièges de l'ennemi commun à obtenir de Dieu les secours nécessaires aux justes, principalement à ceux qui commencent. Ce sont, en outre des fruits de la sainteté acquise. Les personnes avancées en perfection châtient leur corps pour le punir de ses révoltes passées et pour le tenir dans une complète soumission aux ordres de son Créateur ; elles vivent dans la retraite et le silence pour éviter les moindres fautes et n'avoir plus de conversation que dans les cieux ; elles s'appliquent au service divin et aux œuvres de piété, elles s'adonnent à la prière, elles méditent la vie et la Passion de Notre-Seigneur, non par esprit de curiosité et par amour pour les consolations sensibles, mais dans le désir de mieux connaître leur propre malice et l'infinie Miséricorde de Dieu, de s'exciter de plus en plus à aimer le Seigneur, à se haïr elles-mêmes et à marcher sur les traces du Fils de Dieu avec une entière abnégation, et la croix sur les épaules ; elles fréquentent les sacrements dans la seule vue d'honorer la majesté de Dieu, de s'unir plus étroitement à lui et de se fortifier contre les tentations de l’ennemi.

Combien est différente la conduite des personnes qui font reposer sur les œuvres extérieures tout édifice de leur perfection ! Si saintes qu'elles soient en elles-mêmes, ces œuvres, par le mauvais usage qu'elles en font, peuvent devenir l'occasion de leur ruine et leur causer plus de dommage même que des fautes manifestes. Préoccupées uniquement de ces pratiques de dévotion, elles abandonnent leur cœur aux inclinations de la nature et aux pièges du démon. L'esprit malin, voyant qu'elles s'écartent du droit chemin, les pousse à continuer leurs exercices accoutumés, et à s'égarer, au gré de leurs vaines pensées, parmi les délices du paradis où elles croient jouir, en la compagnie des anges, de la présence de Dieu même.

Elles se trouvent parfois absorbées dans des méditations pleines de pensées sublimes, curieuses et agréables, et, oubliant le monde et les créatures, elles s'imaginent être transportées au troisième ciel. Mais pour peu qu'on examine leur conduite, on voit immédiatement combien profonde est leur erreur, et combien elles sont éloignées de la perfection que nous recherchons. (...)

Source : Le Combat Spirituel de Laurent Scupoli, Edition de 1895

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MessageSujet: Re: Méditation avec le Combat Spirituel de Laurent Scupoli    Mer 27 Juil - 0:03:28

CHAPITRE I

En quoi consiste la perfection chrétienne; qu'il faut combattre pour l'acquérir ; et de quatre choses nécessaires en ce combat


(...) Partout, dans les grandes comme dans les petites choses, elles veulent être préférées aux autres ; entichées de leur mérite, elles s'obstinent dans leur manière de voir ; aveugles sur leurs propres défauts, elles ont toujours les yeux ouverts sur les actions des autres pour les scruter et les censurer. Qu'on porte la moindre atteinte à la bonne opinion qu'elles ont d'elles-mêmes et qu'elles aiment à faire partager par les autres, qu'on leur commande de quitter certaines dévotions dont elles se sont fait une habitude, à l'instant elles se troublent et s'inquiètent outre mesure. Que le Seigneur, pour leur apprendre à se connaître elles-mêmes et leur enseigner le vrai chemin de la perfection, leur envoie des adversités et des maladies ; qu'il permette (car rien n'arrive ici-bas sans son ordre ou sa permission), qu'il permette, dis-je, que la persécution, cette pierre de touche de la véritable piété, s'attaque à leur personne, vous voyez aussitôt se découvrir le fond de leur cœur, et l'orgueil qui le corrompt paraître au grand jour. Dans les épreuves, comme dans les événements heureux de la vie, elles ne savent ce que c'est que de se résigner à la volonté de Dieu, que de s'humilier sous sa main puissante, que de se soumettre à ses justes et impénétrables jugements, que de s'abaisser au-dessous des créatures à l'exemple de son Fils souffrant et humilié ; que d'aimer leurs persécuteurs comme les instruments dont se sert la bonté divine pour les former à la mortification et coopérer à leur perfection et à leur salut. De là vient qu'elles sont toujours en danger de se perdre. Se considérant avec des yeux obscurcis par l'amour-propre et ne voyant rien que de louable en elles-mêmes et dans leurs actions, elles s'imaginent qu'elles sont fort avancées en perfection et jugent les autres du haut de leur orgueil, si bien qu'il ne faut rien moins qu'un miracle de la grâce pour les convertir. L’expérience est là pour prouver qu'il est plus facile de ramener au droit chemin un pécheur déclaré qu'un pécheur qui se déguise et se couvre du manteau des vertus apparentes. Vous comprenez maintenant, âme chrétienne, que la vie spirituelle ne consiste pas dans les pratiques extérieures dont nous venons de parler. En quoi donc consiste-t-elle ? Elle consiste dans la connaissance de la grandeur de Dieu et de notre propre néant, dans l'amour du Seigneur et la haine de nous-mêmes, dans la soumission de l'esprit à Dieu et aux créatures pour l'amour de Dieu, dans l'abnégation complète de notre volonté et notre entière résignation à ses décrets souverains. Encore faut-il que nous pratiquions toutes ces vertus uniquement pour la gloire de Dieu et en vue de lui plaire, par la seule raison qu'il exige et mérite d'être aimé et servi de la sorte. Telle est la loi d'amour gravée par la main de Dieu même dans le cœur de ses fidèles serviteurs ; telle est l'abnégation qu'il requiert de nous ; tel est joug aimable et le fardeau léger qu'il nous invite à prendre sur nos épaules ; telle est l'obéissance qu'il nous enseigne par sa parole et son exemple.(...)

Source : Le Combat Spirituel de Laurent Scupoli, Edition de 1895

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MessageSujet: Re: Méditation avec le Combat Spirituel de Laurent Scupoli    Jeu 28 Juil - 11:28:31

CHAPITRE I

En quoi consiste la perfection chrétienne; qu'il faut combattre pour l'acquérir ; et de quatre choses nécessaires en ce combat


(...) Si donc vous désirez atteindre au faîte de la perfection, vous devez vous faire une continuelle violence pour dompter généreusement et réduire à néant toutes les affections mauvaises de votre cœur, si légères qu'elles vous paraissent. Il faut vous préparer avec ardeur au combat, parce que la couronne ne s'accorde qu'aux soldats valeureux. Songez que, s'il n'y a point de guerre plus rude, attendu qu'en se combattant soi-même on trouve en soi-même un adversaire, il n'y a point non plus de victoire plus agréable à Dieu et plus glorieuse au vainqueur. Si vous avez le courage de fouler aux pieds et de faire mourir en vous tous les appétits désordonnés, les désirs et les moindres mouvements de la volonté, vous serez plus agréable à Dieu et lui rendrez un hommage plus grand que si, laissant vivre volontairement en votre l'une ou l'autre de vos passions, vous vous donniez la discipline jusqu'au sang, que si vous pratiquiez un jeûne plus austère que celui des anciens ermites et anachorètes, ou même que si vous convertissiez des milliers de pécheurs. En effet, bien qu'à prendre les choses en elles-mêmes, Dieu fasse beaucoup plus d'état de la conversion d'une âme que de la mortification d'un désir de notre cœur, il reste toujours vrai que votre principal soin doit être de vouloir et de faire ce que Dieu demande particulièrement de vous. Or ce que Dieu demande de vous avant toute chose, c'est que vous travailliez courageusement à mortifier vos passions. Ce travail lui procure plus de gloire que l'œuvre en apparence la plus importante que vous accompliriez avec un cœur dominé par la passion. Maintenant que vous savez en quoi consiste la perfection chrétienne et à quelle guerre acharnée il faut vous résoudre pour y parvenir, il vous reste à vous munir de quatre choses, qui sont comme autant d'armes assurées, nécessaires à qui veut remporter la palme et sortir victorieux de ce combat spirituel. Ces quatre armes infaillibles sont : - la défiance de nous-même, - la confiance en Dieu, - le bon usage de nos facultés, - l'exercice de la prière. Nous essayerons, avec la grâce de Dieu, d'en parler d'une manière claire et succincte, dans les chapitres suivants.

CHAPITRE II

De la défiance de nous-même


La défiance de nous-mêmes nous est tellement nécessaire en ce combat, que, sans elle, non seulement nous serions impuissants à remporter la victoire, mais nous ne saurions même pas surmonter la moindre de nos passions.

Source : Le Combat Spirituel de Laurent Scupoli, Edition de 1895

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MessageSujet: Re: Méditation avec le Combat Spirituel de Laurent Scupoli    Ven 29 Juil - 0:28:40

CHAPITRE II

De la défiance de nous-même


La défiance de nous-mêmes nous est tellement nécessaire en ce combat, que, sans elle, non seulement nous serions impuissants à remporter la victoire, mais nous ne saurions même pas surmonter la moindre de nos passions. Cette vérité doit être d'autant plus profondément gravée dans notre esprit que notre nature corrompue nous pousse à concevoir une haute estime de nous-mêmes, à croire, malgré notre néant, que nous sommes quelque chose, et à présumer follement de nos forces. Point de vice que nous reconnaissions plus à contrecœur, point de vice non plus qui déplaise davantage aux yeux de Dieu. Le Seigneur veut nous voir pénétrés de cette vérité que toute grâce, toute vertu vient de lui comme de la source de tout bien, et que de nous-même nous sommes absolument incapables d'accomplir une action, d'avoir même une pensée qui lui soit agréable.

Mais, quoique cette défiance soit un don de sa main divine, un don qu'il accorde à ceux qu'il aime, tantôt par de saintes inspirations, tantôt par d'amères épreuves, par des tentations violentes et presque insurmontables, par d'autres voies encore impénétrables à notre côté, nous l'obtiendrons infailliblement si, avec l'aide de la grâce, nous employons les quatre moyens que je vous propose. Le premier, c'est de considérer notre bassesse et notre néant, et de nous bien persuader que de nous-mêmes nous ne pouvons rien faire de méritoire pour le ciel. Le second, c'est de demander avec humilité et ferveur cette importante vertu à celui qui seul peut nous la donner. Nous confesserons d'abord que, non seulement nous ne l'avons pas, mais que de nous-mêmes nous sommes dans une entière impuissance de l'obtenir. Nous nous jetterons ensuite aux pieds du Seigneur avec une confiance inébranlable en sa bonté, et nous persévérons en anges de lumière, les pièges enfin qu'ils nous tendent de toutes parts sur le chemin de la vertu. Le quatrième moyen, c'est de rentrer en nous-mêmes à chaque faute que nous commettons et de considérer attentivement jusqu'où va notre faiblesse.

Si Dieu permet que nous fassions quelque chute, c'est afin qu'à la clarté de cette lumière, nous apprenions à mieux nous connaître, à nous mépriser nous-mêmes comme de viles créatures et à désirer d'être méprisés par les autres. Sans cette volonté, nous devons désespérer d'avoir jamais la défiance de nous-mêmes qui a pour fondement l'humilité et l'expérience de notre misère.

Source : Le Combat Spirituel de Laurent Scupoli, Edition de 1895

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PS : Je prends quelques jours de vacances. Bonnes vacances à ceux qui partent et bon courage à ceux qui restent.
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MessageSujet: Re: Méditation avec le Combat Spirituel de Laurent Scupoli    Ven 29 Juil - 18:58:57

Citation :
PS : Je prends quelques jours de vacances. Bonnes vacances à ceux qui partent et bon courage à ceux qui restent.

Bonne Vacances ma petite soeur, bon repos
et tout plein de Joie pour toi ....

A Bientôt Nadine....

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MessageSujet: Re: Méditation avec le Combat Spirituel de Laurent Scupoli    Jeu 11 Aoû - 10:26:29

De la défiance de nous-même

La connaissance de soi-même est donc absolument nécessaire à quiconque veut s'approcher de la lumière éternelle, de la vérité incréée. Cette connaissance, la bonté divine la donne ordinairement aux superbes et aux superbes et aux présomptueux par la voie de l'expérience : il les laisse tomber dans l'une ou l'autre faute grave propres forces, afin que leur chute, en leur dévoilant leur faiblesse, leur apprenne à se défier d'eux-mêmes. Mais Dieu ne se sert ordinairement de ce remède extrême que lorsque les moyens plus doux n'ont pas obtenu l'effet qu'en attendait sa Miséricorde. Il permet que l'homme tombe plus ou moins souvent, selon qu'il a plus ou moins d'orgueil, et si quelqu'un se rencontrait qui fût, comme la Sainte Vierge, entièrement exempt de ce vice, j'ose affirmer qu'il ne tomberait jamais. Lors donc qu'il arrive quelque chute, faites immédiatement un retour sur vous-même, demandez instamment à Notre Seigneur la lumière nécessaire pour vous connaître et vous défier entièrement de vous-même, si vous ne voulez pas retomber dans les mêmes fautes ou dans des fautes plus préjudiciables encore au salut de votre âme.


CHAPITRE III

De la confiance en Dieu


Quoique la défiance de nous-mêmes soit indispensable dans le combat spirituel, ainsi que nous venons de le montrer, cependant si nous n'avons qu'elle pour défense, nous serons bientôt forcés de prendre la fuite ou de nous laisser vaincre et désarmer par l'ennemi. Il faut donc y joindre une confiance absolue en Dieu, espérer et attendre de lui seul les grâces et les secours qui assurent la victoire. S'il est vrai que de nous-mêmes, misérable néant que nous sommes, nous n'avons que des chutes à attendre, et que de ce chef nous ne saurions assez nous défier de nos forces, il n'est pas moins certain que le Seigneur nous fera triompher de nos ennemis si, pour obtenir son assistance, nous armons notre cœur d'une inébranlable confiance en lui. Nous avons quatre moyens d'acquérir cette vertu. Le premier moyen, c'est de la demander à Dieu. Le second moyen c'est de considérer des yeux de la foi la toute-puissance et la sagesse infinie de ce Dieu à qui rien n'est impossible ni difficile, sa bonté sans bornes, son amour ineffable disposé nous accorder d'heure en heure, de moment en moment, tous les secours dont nous avons besoin pour vivre de la vie spirituelle et triompher de nous-mêmes. La seule chose qu'il demande de nous, c'est que nous nous jetions avec une entière confiance dans les bras de sa Miséricorde. (...)

Source : Le Combat Spirituel de Laurent Scupoli, Edition de 1895

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MessageSujet: Re: Méditation avec le Combat Spirituel de Laurent Scupoli    Jeu 11 Aoû - 20:04:41

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Je suis heureuse de te revoir sur le Forum ma petite soeur en Jésus Miséricorde,

J'espère que tu as passé de superbe Vacance....

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MessageSujet: Re: Méditation avec le Combat Spirituel de Laurent Scupoli    Ven 12 Aoû - 8:30:41

CHAPITRE III

De la confiance en Dieu


(...) Eh quoi ! ce divin pasteur aurait couru durant trente-trois ans après la brebis égarée, il aurait perdu la vois à la rappeler à lui ; il l'aurait suivie opiniâtrement à travers les épines et les ronces du chemin, au point d'y répandre tout son sang et d'y laisser la vie ; et maintenant que cette brebis revient à lui avec la volonté de se soumettre à sa loi, ou du moins avec le désir, faible peut-être, mais sincère, d'observer ses commandements ; maintenant qu'elle appelle et supplie son pasteur, celui-ci refuserait d'abaisser sur elle un regard de Miséricorde, de prêter l'oreille à ses cris, de la prendre sur ses épaules divines pour aller se réjouir avec ses voisins, les élus et les anges du Ciel ! Ce maître si bon qui cherche avec tant de soin et d'amour la drachme de l'Évangile, image du pécheur aveugle et muet, abandonnerait celui qui, semblable à la brebis égarée, appelle à grands cris son bien-aimé pasteur ? Est-ce possible ? Et qui croira jamais que ce Dieu qui frappe sans cesse à la porte de notre cœur avec un désir immense d'en obtenir l'entrée, d'y trouver un repos qu'il aime, et d'y répandre ses faveurs, fasse le sourd et refuse d'entrer, quand ce cœur s'ouvre à lui et implore sa visite ? Le troisième moyen d'acquérir cette salutaire confiance, c'est de rappeler souvent à notre mémoire les oracles de la sainte Écriture qui déclarent en mille endroits que celui qui espère en Dieu ne sera point confondu. Voici enfin le quatrième moyen d'avoir tout ensemble et la défiance de nous-mêmes et la confiance en Dieu. Ne formons aucun projet, ne prenons aucune résolution que nous n'ayons auparavant considéré notre faiblesse ; munis alors d'une sage défiance de nous-mêmes, tournons nos regards vers la puissance, la sagesse et la bonté de Dieu et, pleins de confiance en lui, prenons la résolution d'agir et de combattre généreusement ; avec ces armes jointes à la prière (comme nous le dirons plus tard), marchons à la peine et au combat. Si nous n'observons pas cet ordre, nous risquons fort de nous tromper, quand bien même tout semblerait nous indiquer que la confiance en Dieu est le principe de nos actions. La présomption nous est si naturelle ; elle est, pour ainsi parler, formée d'une matière si subtile qu'elle s'infiltre à notre insu dans notre cœur et se mêle imperceptiblement à la défiance de nous-mêmes et à la confiance que nous croyons avec en Dieu. Tenez-vous donc le plus possible en garde contre la présomption et, pour établir nos œuvres sur les deux vertus opposées à ce vice, ayez soin que la considération de votre faiblesse marche avant la considération de la toute-puissance de Dieu, et que l'une et l'autre précèdent toutes vos œuvres.

Source : Le Combat Spirituel de Laurent Scupoli, Edition de 1895

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MessageSujet: Re: Méditation avec le Combat Spirituel de Laurent Scupoli    Sam 13 Aoû - 11:17:27

CHAPITRE IV

Des signes, on peut reconnaître si l'on a la défiance de soi-même et la confiance en Dieu


Il arrive à certaines personnes de s'imaginer qu'elles ont acquis la défiance d'elles-mêmes et la confiance en Dieu, quoique ces vertus leur fassent entièrement défaut. Vous jugerez si vous partagez leur erreur à l'effet que vos chutes produiront sur vous. Si ces chutes vous troublent et vous chagrinent, si elles vous ôtent l'espoir d'avancer jamais dans la vertu, c'est un signe que vous n'avez pas mis votre confiance en Dieu, mais en vous-même ; et si votre tristesse est grande et votre désespoir profond, c'est une marque que vous avez beaucoup de confiance en vous-même et très peu dans le Seigneur. En effet, celui qui se défie beaucoup de lui-même, pour placer son espoir en Dieu seul, ne s'étonne nullement de ses fautes ; il ne se laisse point aller au trouble et au chagrin, persuadé que ces fautes sont l'effet de sa faiblesse et de son peu de confiance en Dieu. Il trouve dans sa chute même une occasion de se défier de plus en plus de ses forces pour ne compter que sur le secours du Seigneur. Plein d'horreur pour sa faute et ses passions déréglées, il conçoit de son offense une douleur vive, tranquille et paisible. Il se remet aussitôt à l'œuvre et reprend avec un redoublement de courage et d'ardeur la lutte qu'il faudra soutenir jusqu'à la mort contre l'ennemi du salut. Puissent ces choses être mûrement pesées par certaines personnes qui, après une chute, ne peuvent ni ne veulent se donner de repos, qui aspirent d'aller au plus tôt trouver leur père spirituel et cela en vue de se décharger de l'anxiété où les jette leur amour-propre, bien plus que pour tout autre motif ! Elles feraient beaucoup mieux de s'approcher du tribunal de la pénitence pour se purifier de leurs souillures, et aller ensuite puiser dans la sainte communion les forces nécessaires pour ne plus retomber dans le péché.

CHAPITRE V

De l'erreur qui fait prendre à plusieurs la pusillanimité pour une vertu


C'est une illusion commune à bien des gens que celle qui fait prendre pour vertu la crainte et le trouble qui s'empare de l'âme après le péché. Trompées par le sentiment de douleur qui se mêle à leur inquiétude, ces personnes ne s'aperçoivent pas que leur trouble naît d'un orgueil secret et d'une folle présomption. Elles se confiaient dans leur propre force ; convaincues par l'expérience que cette force ; convaincues par l'expérience que cette force leur manque, elles se troublent, elles s'étonnent de leur chute comme d'une chose surprenante ; et, voyant renversé le frêle appui qui faisait leur assurance, elles se laissent aller au découragement et à la crainte. Ce malheur n'arrive pas à l'homme humble qui se défie de lui-même et met son appui dans le Seigneur. S'il vient à commettre une faute, il la regrette amèrement, mais il ne s'en trouble ni ne s'en étonne, parce que le flambeau de la vérité qui l'éclaire la lui montre comme un effet naturel de sa faiblesse et de son inconstance.

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MessageSujet: Re: Méditation avec le Combat Spirituel de Laurent Scupoli    Dim 14 Aoû - 9:08:53

CHAPITRE VI

De quelques avis utiles pour acquérir la défiance de soi-même et la confiance en Dieu


Puisque la force qui nous fait triompher de nos ennemis naît principalement de la défiance de nous-mêmes et de la confiance en Dieu, voici quelques avis qui vous aideront, avec le secours de la grâce, à acquérir ces vertus. Apprenez donc et gravez profondément dans votre esprit cette vérité incontestable qu'il n'y a ni dons naturels ou acquis, ni grâces gratuites, ni connaissance si parfaite de la sainte Écriture, ni constance dans le service de Dieu, qui puisse nous faire accomplir sa sainte volonté si, dans les œuvres que nous entreprenons pour sa gloire, dans les tentations que nous avons à surmonter, dans les croix que la Providence nous envoie, notre cœur n'est aidé et élevé en quelque sorte au-dessus de lui-même par sa main tout-puissante. Il faut donc que, durant toute notre vie, à chaque jour, à chaque heure, à chaque instant nous ayons cette vérité devant les yeux. De cette façon, jamais nous ne pourrons nous confier en nous-mêmes ; la pensée ne nous en viendra même pas. Pour ce qui regarde la confiance en Dieu, persuadez-vous bien qu'il renverse nos ennemis avec une égale facilité, qu'ils soient nombreux ou en petit nombre, qu'ils soient forts ou faibles, aguerris ou inexpérimentés. Qu'une âme donc soit chargée de péchés, qu'elle ait tous les défauts imaginables, qu'elle ait épuisé tous les moyens de se corriger de ses vices et de pratiquer la vertu et n'ait pu avancer d'un seul pas dans le sentier du bien, qu'elle se soit au contraire enfoncée plus profondément dans la fange du péché, ce n'est pas une raison pour désespérer de la bonté de Dieu, jeter les armes et abandonner les exercices spirituels. Elle doit, au contraire, redoubler de courage et combattre généreusement : elle doit savoir que la victoire est promise à ceux qui persévèrent dans la lutte et mettent leur confiance dans le Seigneur. Si Dieu permet parfois que ses soldats soient blessés, jamais i ne les abandonne. Combattre, c'est là tout le secret de la victoire. Un remède est prêt pour chaque blessure, et ce remède guérit infailliblement ceux qui cherchent le Seigneur et espèrent en son secours. Le jour qu'ils y penseront le moins, ils trouveront leurs ennemis étendus à leurs pieds.


CHAPITRE VII

Un bon usage des puissances et premièrement qu'il faut tenir l'intelligence en garde contre l'ignorance et la curiosité


Si la défiance de nous-mêmes et la confiance en Dieu sont nos seules armes dans ce combat, non seulement nous ne remporterons pas la victoire, mais nous nous précipiterons dans une infinité de maux. C'est pourquoi nous devons à ces deux armes en ajouter une troisième que nous avons mentionnée plus haut: l'exercice de nos facultés. Cet exercice consiste principalement dans le bon usage de l'intelligence et de la volonté. L'ignorance cherche à obscurcir l'intelligence, à l'empêcher d'atteindre son objet propre: la vérité. C'est l'exercice qui doit lui rendre la clarté et la lucidité requises pour qu'elle soit à même de bien discerner ce qu'elle doit faire afin de purger l'âme de ses passions déréglées et de l'orner des vertus chrétiennes. Cette lumière peut s'obtenir par deux moyens. Le premier et le plus important est l'oraison: il faut demander à l'Esprit Saint de répandre la lumière dans nos cœurs.(...)

Source : Le Combat Spirituel de Laurent Scupoli, Edition de 1895

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MessageSujet: Re: Méditation avec le Combat Spirituel de Laurent Scupoli    Lun 15 Aoû - 8:47:57

CHAPITRE VII

Un bon usage des puissances et premièrement qu'il faut tenir l'intelligence en garde contre l'ignorance et la curiosité


(...) Il ne vous refusera pas, si nous cherchons sincèrement Dieu et l'accomplissement de sa volonté, et si nous sommes disposés à soumettre en toute occasion notre jugement à celui de nos supérieurs. Le second est une continuelle application de l'esprit à examiner les choses soigneusement et de bonne foi, pour les juger conformément aux enseignements de l'Esprit Saint, et non d'après le témoignage des sens et les maximes du monde. Cet examen convenablement fait nous convaincra que ce que le monde corrompu aime, désire et recherche avec tant d'empressement n'est qu'illusion et mensonge; que les honneurs et les plaisirs de la terre ne sont que vanité et affliction d'esprit; que les injures et les opprobres sont des sujets de gloire, et la souffrance une source de joie; que le pardon des offenses et l'amour des ennemis constituent la vraie grandeur d'âme et notre plus grand trait de ressemblance avec Dieu; que le mépris des choses d'ici-bas est préférable à l'empire du monde; que la soumission volontaire aux créatures, même les plus viles, pour l'amour de Dieu, est plus honorable que la domination exercée sur les plus grand monarques; que l'humble connaissance de soi-même est plus digne d'estime que la sublimité de la science; qu'il y a plus de gloire véritable à vaincre et à mortifier ses moindres passions qu'à prendre d'assaut des cités nombreuses, mettre en fuite des armées puissantes, opérer des miracles et ressusciter des morts.

CHAPITRE VIII

Des obstacles à la juste appréciation des choses et du moyen de les bien connaître


Ce qui nous empêche de juger sainement des choses, c'est notre tendance à nous laisser aller à l'amour ou à la haine qu'elles nous inspirent de prime abord. L'entendement, obscurci par les passions, ne voit plus les choses telles qu'elles sont. Pour éviter cette illusion, veillez avec soin à conserver une volonté entièrement libre de toute affection désordonnée. Quand un objet se présente à vous, regardez-le des yeux de l'intelligence, considérez-le mûrement avant que la haine vous porte à le rejeter, si l'objet est contraire aux inclinations de votre nature, ou que l'amour vous le fasse embrasser, s'il flatte vos désirs. Votre entendement, libre encore des nuages de la passion, jouit d'une lucidité pleine et entière pour connaître la vérité ; il est apte à découvrir le mal sous l'appât d'un plaisir trompeur et à discerner le bien sous le voile d'un mal apparent. Mais si l'amour ou la haine s'est déjà emparé de la volonté, l'entendement est incapable de bien juger. La passion qui s'est placée entre l'objet et l'entendement offusque ce dernier au point de lui faire voir l'objet tout autrement qu'il n'est en réalité ; l'entendement le propose alors sous ce faux jour à la volonté, et celle-ci dans son exaltation se laisse entraîner à l'amour ou à la haine contre toutes les lois de la raison. (...)

Source : Le Combat Spirituel de Laurent Scupoli, Edition de 1895

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MessageSujet: Re: Méditation avec le Combat Spirituel de Laurent Scupoli    Mar 16 Aoû - 8:14:30

CHAPITRE VIII

Des obstacles à la juste appréciation des choses et du moyen de les bien connaître


(...) La passion obscurcit de plus en plus l'intelligence, et l'intelligence ainsi obscurcie fait paraître à la volonté cet objet plus aimable ou plus odieux que jamais. C'est ainsi que, faute d'observer la règle que j'ai posée et qui est ici d'une importance extrême, l'intelligence et la volonté, ces facultés si nobles de notre âme, ne font pour ainsi dire que tourner misérablement dans un cercle et tomber de ténèbres en ténèbres, d'erreurs en erreurs, jusqu'au plus profond de l'abîme. Tenez-vous donc bien en garde, âme chrétienne, contre toute affection désordonnée ; ne vous attachez à quelque objet que ce soit, que vous ne l'ayez auparavant examiné avec soin, et reconnu pour ce qu'il est à la lumière de l'intelligence, et plus encore à la lumière de la grâce de l'oraison et des conseils de votre directeur. Ces précautions, vous devez les prendre en certaines actions extérieures qui, de soi, sont bonnes et saintes, plus encore qu'en d'autres moins louables, parce qu'on y est plus sujet à l'inconsidération et à l'erreur. Le mauvais choix du temps ou du lieu, un défaut de mesure, un manque d'obéissance pourraient vous les rendre très pernicieuses, ainsi qu'on peut s'en convaincre par l'exemple de bon nombre de personnes qui se sont perdues dans les ministères les plus saints et les plus augustes.

CHAPITRE IX

D'un autre défaut à éviter pour bien juger de ce qui nous est utile


Un autre défaut contre lequel nous devons tenir notre intelligence en garde, c'est la curiosité. Ce vice, en remplissant notre esprit d'une multitude de pensées vaines ou coupables le rend complètement impropre aux connaissances que réclament la mortification de nos passions et notre avancement spirituel. Soyez donc tout à fait mort aux choses de la terre ; ne recherchez point celles qui ne sont pas nécessaires, fussent-elles permises. Restreignez le plus possible les limites dans lesquelles se meut votre entendement ; prenez plaisir à le rendre insensé aux yeux des hommes. Que les affaires du siècle, que les révolutions, grandes ou petites, dont le monde est le théâtre, soient pour vous comme si elles n'étaient pas ; et si ces vanités veulent s'introduire dans votre esprit, fermez-leur le passage et chassez-les loin de vous. Soyez sobre et humble, même en ce qui regarde la connaissance des choses célestes, ne voulant savoir que Jésus crucifié, sa vie, sa mort, et ce qu'il demande de vous. Tout le reste, éloignez-le de votre pensée et vous serez singulièrement agréable à Dieu, qui regarde comme ses enfants bien-aimés ceux qui se contentent de lui demander les grâces nécessaires pour aimer sa bonté infinie et accomplir sa sainte volonté. Toute autre demande, toute autre recherche n'est qu'amour-propre, orgueil et piège du démon. En suivant ces conseils, vous échapperez aux embûches que l'antique serpent tend sous les pas des personnes qui s'adonnent aux exercices de la vie spirituelle. (...)

Source : Le Combat Spirituel de Laurent Scupoli, Edition de 1895

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MessageSujet: Re: Méditation avec le Combat Spirituel de Laurent Scupoli    Mer 17 Aoû - 10:42:10

CHAPITRE IX
D'un autre défaut à éviter pour bien juger de ce qui nous est utile


(...) Voyant leur volonté affermie dans le bien, il s'attaque à leur entendement, afin que devenu maître de l'un, il parvienne à s'emparer de l'autre. Pour arriver à son but, il leur inspire des pensées sublimes, vivez et curieuses, surtout si ce sont des esprits subtils, élevés et enclins à l'orgueil. Trompés par les charmes qu'ils trouvent à ces vains raisonnements et par la persuasion qu'ils ont de jouir de la présente de Dieu, ils oublient de purifier leur cœur et de s'appliquer à se connaître eux-mêmes et à mortifier leurs passions. Pris de la sorte aux pièges de l'orgueil, ils se font une idole de leur intelligence. Ils en viennent peu à peu, et sans s'en apercevoir, à se persuader qu'ils n'ont besoin des conseils et de la conduite de personne, habitués qu'ils sont d'avoir, en toute rencontre, recours à l'idole de leur propre jugement. C'est là une maladie grave et fort difficile à guérir. L'orgueil de l'entendement présente bien plus de dangers que l'orgueil de la volonté. Ce dernier orgueil, en effet, étant connu de l'intelligence, se guérira sans trop de difficulté, le jour où nous nous déciderons à obéir à nos supérieur. Mais celui qui a la conviction que son sentiment est préférable à celui des autres, par qui et comment pourra-t-il être guéri ? Comment se soumettre au jugement d'autrui, quand on le trouve moins bon que le sien propre ? Si l'entendement qui est l'œil de l'âme et à qui seul il est donné de découvrir et de panser la plaie de la volonté orgueilleuse, si l'entendement, dis-je, est mal disposé, s'il est aveugle et rempli du même orgueil, qui est-ce qui pourra le guérir ? Si la lumière devient ténèbres, si la règle se trompe, comment le reste ira-t-il ? Opposez-vous donc de bonne heure à cet orgueil si funeste, et n'attendez pas qu'il ait pénétré jusqu'à la moelle de vos os. Émoussez la pointe de votre esprit ; aimez à soumettre votre opinion à celle d'autrui ; devenez fou pour l'amour de Dieu, et vous serez plus sage que Salomon.

CHAPITRE X
De l'exercice de la volonté, et de la fin que nous devons nous proposer dans toutes nos actions, tant les extérieures que les intérieures


Après avoir appris à bien user de votre entendement, il vous reste à régler votre volonté, à la détacher de ses propres désirs pour la rendre entièrement conforme à la volonté de Dieu. Remarquez bien qu'il ne suffit pas de vouloir et de faire les choses que vous croyez les plus agréables à Dieu ; vous devez en outre les vouloir et les faire sous l'impulsion de la grâce et dans la seule vue de plaire au Seigneur. C'est ici surtout, plus encore que dans le précédent combat, que nous aurons à lutter contre notre nature. Toujours occupée d'elle-même, elle ne songe en toutes choses, plus parfois dans les choses spirituelles que dans les autres, qu'à ses commodités et à sa satisfaction propre. (...)

Source : Le Combat Spirituel de Laurent Scupoli, Edition de 1895

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MessageSujet: Re: Méditation avec le Combat Spirituel de Laurent Scupoli    Jeu 18 Aoû - 10:37:27

CHAPITRE X
De l'exercice de la volonté, et de la fin que nous devons nous proposer dans toutes nos actions, tant les extérieures que les intérieures

(...) Elle en fait en quelque sorte sa nourriture et elle s'en repaît avidement, comme d'un mets qui ne doit lui inspirer aucune défiance. De là vient qu'aussitôt qu'une œuvre nous est proposée, nous l'envisageons et nous la désirons, non sous l'impulsion de la volonté de Dieu et dans le but de lui plaire, mais pour le plaisir et le contentement que nous trouvons à vouloir ce que Dieu veut. L'illusion en ce point est d'autant plus facile que l'objet de nos désirs est meilleur en soi. L'amour-propre trouve à se glisser jusque dans le désir que nous avons de nous unir à Dieu. En formant ce désir, nous prenons souvent plus garde à notre intérêt et à notre satisfaction qu'à la volonté même de Dieu, et nous oublions que ce Dieu demande et exige d'être aimé, désiré et servi uniquement en vue de sa gloire. Pour éviter ce piège qui vous empêcherait d'avancer dans la voie de la perfection, et pour vous habituer à ne rien vouloir et à ne rien faire que sous l'impulsion de la grâce et dans le seul but d'honorer et de satisfaire celui qui veut être le principe et le but unique de toutes nos actions et de toutes nos pensées, voici le moyen que vous avez à prendre. Quand une occasion se présente de faire quelque bonne œuvre, attendez pour vous y porter que vous ayez premièrement élevé votre esprit à Dieu, afin de vous assurer qu'il veut que vous la fassiez, et que vous-même vous ne la voulez que pour vous conformer à sa volonté et lui être agréable. Votre volonté ainsi excitée et attirée par celle de Dieu, se pliera facilement à vouloir ce que Dieu veut, parce qu'il le veut, uniquement en vue de son bon plaisir et de sa gloire. Agissez de même à l'égard des choses que Dieu ne veut pas ; ne les rejetez qu'après avoir arrêté l'œil de votre intelligence sur cette volonté de Dieu qui veut que vous les rejetiez en vue de lui plaire. Il faut toutefois observer que la nature a mille artifices pour nous induire en erreur. En se cherchant elle-même, elle nous persuade que nous agissons dans le but de plaire au Seigneur, tandis que nous avons toute autre chose en vue. De là vient que ce que nous embrassons ou rejetons par pur intérêt, nous croyons souvent l'embrasser ou le rejeter dans le but de plaire à Dieu ou dans la crainte de lui déplaire. À cette illusion si dangereuse, il y a un remède essentiel, radical : la pureté du cœur. Elle consiste à nous dépouiller du vieil homme et à nous revêtir du nouveau. C'est, on le voit, le but auquel doivent tendre tous nos efforts dans ce combat spirituel. Mais pour ne pas trop entreprendre à la fois, voici le moyen que je vous propose, maintenant que vous êtes encore plein de vous-même. Au commencement de vos actions, appliquez-vous à vous dépouiller autant que possible de tout mélange où vous soupçonnez qu'il entre un élément humain, et à ne rien vouloir, rien embrasser, rien rejeter que vous ne vous y sentiez auparavant poussé ou attiré par le seul motif de la volonté de Dieu. Si dans toutes vos actions, et particulièrement dans les mouvements intérieurs de l'âme et les actes extérieurs qui ne durent qu'un instant, vous ne pouvez pas sentir toujours l'influence actuelle de ce motif, faites en sorte du moins qu'il se trouve virtuellement dans chacune de vos actions en conservant l'intention générale de les faire toutes pour plaire au Seigneur.

Source : Le Combat Spirituel de Laurent Scupoli, Edition de 1895

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MessageSujet: Re: Méditation avec le Combat Spirituel de Laurent Scupoli    Jeu 18 Aoû - 22:22:31

CHAPITRE X  
De l'exercice de la volonté, et de la fin que nous devons nous proposer dans toutes
nos actions, tant les extérieures que les intérieures


(...) Mais dans les actions qui ont quelque durée, ce n'est pas assez d'exciter en vous ce motif au moment de vous mettre à l'œuvre ; il faut le renouveler souvent et le tenir éveillé jusqu'à la fin. Sinon, vous courez le risque d'être pris au piège de l'amour-propre. Toujours plus enclin à retomber sur lui-même qu'à s'élever vers Dieu, l'amour-propre profite de l'instant de répit que nous lui donnons pour nous faire changer insensiblement d'intention et d'objet. Le chrétien qui manque de vigilance à cet égard peut, il est vrai, commencer ses actions dans le seul but de plaire à Dieu ; mais peu à peu et comme à son insu, il se laisse aller au sentiment de la vaine gloire, si bien qu'oubliant la volonté divine, il s'en détourne pour s'attacher au plaisir qu'il trouve en son œuvre, et à l'utilité ou à l'honneur qu'il peut en retirer. Si Dieu lui-même lui envoie une infirmité, un contretemps, un obstacle quelconque qui l'empêche de continuer son œuvre, il tombe dans le trouble et l'inquiétude ; il se plaint tantôt de celui-ci, tantôt de celui-là, quand il ne va pas jusqu'à se plaindre de Dieu même. C'est là une preuve évidente que son intention n'était pas dirigée uniquement vers Dieu, mais qu'elle venait d'une racine gâtée et d'un fond corrompu. Quiconque, en effet, suit l'impulsion de la grâce et agit en vue de plaire à Dieu n'a de préférence pour rien. Il ne veut que ce que Dieu veut, de la manière et au temps qu'il lui plaît. Quelle que soit l'issue de ses entreprises, il est heureux et tranquille. De toute façon, il arrive à la fin qu'il s'était proposée : l'accomplissement de la volonté divine. Tenez-vous donc bien recueilli en vous-même et soyez attentif à rapporter toutes vos actions à une fin si noble et si parfaite. Et si, parfois, la disposition de votre âme vous porte à faire le bien dans le but d'éviter les peines de l'enfer, vous pouvez, en cela encore, vous proposer pour fin dernière de plaire au Seigneur et de satisfaire le désir qu'il a de vous voir échapper à l'enfer et entrer dans son royaume. Jamais on ne comprendra tout ce que ce motif renferme de force et de vertu. L'action la plus humble, faite en vue de plaire à Dieu seul et de procurer sa gloire, l'emporte infiniment sur les œuvres les plus importantes faites dans un autre but. C'est ainsi que l'aumône d'un denier, faite uniquement pour plaire à sa divine majesté, est plus agréable au Seigneur que l'abandon d'une fortune immense faite dans le but, si bon pourtant et si désirable, de se procurer ainsi la jouissance des biens éternels. Cette pratique de faire toutes nos actions en vue de plaire à Dieu pourra dès le principe vous paraître pénible ; mais l'usage vous la rendra aisée et facile. Pour cela, tournez vers Dieu les désirs et les affections de votre cœur ; aspirez à lui comme à votre unique et suprême trésor, comme au bien infiniment parfait, digne, à cause de sa perfection même, d'être recherché, servi et souverainement aimé par toutes les créatures. Plus notre intelligence s'attachera à considérer les titres infinis que Dieu présente à nos hommages et à notre amour, plus les affections de notre volonté deviendront tendres et fréquentes, et partant, plus vite et plus facilement se formera en nous l'habitude de rapporter toutes nos actions à Dieu. J'ajoute un dernier avis. Pour obtenir cette grâce incomparable, demandez-la instamment au Seigneur, et considérez souvent les bienfaits sans nombre qu'il vous a accordés et qu'il vous accorde encore tous les jours, sans aucun avantage pour lui-même et par un pur effet de son amour.

Source : Le Combat Spirituel de Laurent Scupoli, Edition de 1895

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MessageSujet: Re: Méditation avec le Combat Spirituel de Laurent Scupoli    Sam 20 Aoû - 11:02:34

CHAPITRE XI

De quelques considérations qui peuvent porter notre volonté à se conformer en tout au bon plaisir de Dieu


Pour amener plus facilement votre volonté à ne vouloir en toute chose que le bon plaisir et la gloire de Dieu, rappelez-vous qu'il vous a, le premier, entouré de témoignages d'honneur et de marques d'amitié. C'est lui qui vous a tiré du néant, vous a formé à son image et a fait toutes les autres créatures pour votre service. C'est lui qui vous a donné pour rédempteur non pas un ange, mais son Fils unique lui-même, avec mission de vous racheter non pas à prix d'argent et d'or, qui sont des choses corruptibles, mais au prix de son sang précieux et de sa mort cruelle et ignominieuse. C'est lui qui, à toute heure, à tout instant vous garde contre vos ennemis, combat avec vous par sa grâce et tient à votre disposition, comme défense et comme nourriture, le corps de son Fils bien-aimé. Ne sont-ce pas là autant de preuves irrécusables de l'estime et de l'amour que ce grand Dieu pour des créatures aussi viles, aussi misérables que nous, jamais personne ne la pourra concevoir, comme aussi personne ne comprendra jamais la reconnaissance que nous devons à cette majesté souveraine pour les bienfaits signalés qu'elle nous a si libéralement accordés. Si les grands de la terre se croient obligés de rendre aux pauvres et aux personnes de basse condition les marques de respect qu'ils en reçoivent, que fera notre bassesse pour répondre à l'estime et à l'amour dont la majesté divine se plaît a nous honorer ? Tenez par-dessus tout cette vérité profondément gravée dans votre mémoire que l'infinie majesté de Dieu mérite d'être honorée et servie uniquement dans le but de lui plaire.


CHAPITRE XII

Des différentes volontés de l'homme et de la guerre qu'elles se font entre elles



Bien qu'il y ait en nous deux volontés, l'une qui fait partie de la raison et que l'on appelle à cause de cela volonté raisonnable et supérieure, l'autre qui a son siège dans les sens et qu'on désigne sous le nom de volonté inférieure et sensuelle, ou plus communément sous les noms d'appétit, de sens, de passion ; toute fois, comme on n'est homme que par la raison, ce n'est pas, à proprement parler, vouloir une chose que d'y être porté par le seul mouvement des sens ; il faut, pour qu'il y ait vouloir véritable, l'assentiment de la volonté supérieure. La guerre spirituelle que nous avons à soutenir vient principalement de ce que la volonté raisonnable a, au-dessus d'elle, la volonté divine, et, au-dessous, la volonté des sens ; placée au milieu, elle se trouve engagée dans un combat sans trêve, chacune de ces deux volontés cherchant à l'attirer à son parti et à l'assujettir à sa puissance. Ce combat, au début surtout, est extrêmement pénible à ceux qui, après avoir contracté de mauvaises habitudes, prennent la résolution de changer de vie et de s'arracher aux étreintes du monde et de la chair pour se dévouer au service et à l'amour de Jésus-Christ.(...)

Source : Le Combat Spirituel de Laurent Scupoli, Edition de 1895

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MessageSujet: Re: Méditation avec le Combat Spirituel de Laurent Scupoli    Dim 21 Aoû - 9:06:21

CHAPITRE XII
Des différentes volontés de l'homme et de la guerre qu'elles se font entre elles

(...) En butte aux assauts de la volonté souffre cruellement des coups multipliés qu'elle reçoit. Tout autre est la condition de ceux qui se sont déjà fait de la vertu ou du vice une habitude invétérée et se proposent de continuer le genre de vie dans lequel ils se sont engagés. Les uns, formés à la vertu, se soumettent sans difficulté à la volonté de Dieu, les autres, corrompus par le vice, se plient sans résistance aux exigences des passions. Mais que personne ne s'imagine pouvoir acquérir une vertu solide et servir Dieu comme il faut, s'il n'est résolu à se faire violence à lui-même. Il ne suffit pas en effet de renoncer aux plaisirs coupables : il faut, en outre, se détacher de toute affection terrestre. C'est ce qui fait que peu d'âmes arrivent à la perfection chrétienne. Après avoir surmonté, au prix de grands efforts, les vices plus considérables, elles reculent devant la violence qu'elles ont à se faire pour résister à une infinité de petites volontés et de passions moins considérables qui se fortifient par les succès continuels qu'elles remportent, et finissent par exercer un empire absolu sur leur cœur. C'est ainsi qu'il se rencontre des personnes qui, sans vouloir s'approprier le bien d'autrui, s'attachent outre mesure à ce qu'elles possèdent. Elles ne veulent pas arriver aux honneurs par des moyens défendus, mais elles ne les fuient pas comme elles devraient le faire ; elles les désirent même et emploient pour y parvenir des moyens qu'elles croient honorables. Elles observent les jeûnes d’obligation, mais elles aiment la bonne chère et les mets délicats. Elles vivent dans la continence, mais elles s'affectionnent à certains plaisirs qui nuisent considérablement à la vie spirituelle et à l'union de l'âme avec Dieu. Ce sont là toutes choses fort dangereuses pour les personnes même les plus saintes, et plus particulièrement pour celles qui les craignent le moins ; nous ne saurions donc les éviter avec trop de soin. Cet attachement aux choses de la terre est cause encore que l'on fait ses bonnes œuvres avec tiédeur et qu'on y mêle beaucoup d'amour-propre et d'imperfections cachées, une estime exagérée de soi-même et un désir secret d'être loué et applaudi par les hommes. Ceux qui se laissent aller à ces défauts, non seulement n'avancent pas dans la voie du salut, mais retournant en arrière, ils courent grand risque de retomber dans leurs anciens vices, parce qu’ils n'aiment point la vertu véritable, qu'ils sont peu reconnaissants envers Jésus-Christ qui les a délivrés de la tyrannie du démon et que, fermant les yeux sur le péril qu'ils courent, ils s'endorment dans une trompeuse sécurité. Faisons remarquer ici une illusion d'autant plus dangereuse qu'elle est plus difficile à découvrir. Parmi les personnes qui s'adonnent à la vie spirituelle, il s'en rencontre un bon nombre qui s'aimant trop elles-mêmes, ou plutôt ignorant la bonne matière de s'aimer, choisissent parmi les exercices spirituels ceux qui sont plus conformes à leur goût, et laissent là ceux qui vont à l'encontre de leurs penchants naturels, sur lesquels pourtant ils devraient concentrer tout l'effort de la lutte. Je vous conseille donc, âme chrétienne, et je vous conjure d'aimer la peine qu'on éprouve à se vaincre soi-même. C'est de là que tout dépend : la victoire sera d'autant plus prompte et plus assurée que vous aimerez davantage les difficultés que la lutte présente à ceux-là surtout qui marchent pour la première fois à la conquête de la vertu. Et si vous avez plus d'ardeur pour la fatigue du combat que pour les douceurs de la victoire, nul doute que vous n'arriviez plus promptement encore au terme de vos désirs.

Source : Le Combat Spirituel de Laurent Scupoli, Edition de 1895

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MessageSujet: Re: Méditation avec le Combat Spirituel de Laurent Scupoli    Lun 22 Aoû - 9:10:45

CHAPITRE XIII

De quelle manière il faut combattre la sensualité, et quels actes la volonté doit produire pour acquérir les habitudes des vertus.


Lorsque vous sentez la volonté de Dieu et l'appétit sensitif se disputer la possession de votre cœur, vous devrez, pour faire triompher en vous la volonté divine, prendre les moyens suivants. Dès que les mouvements de l'appétit sensitif s'élèvent en vous, opposez-leur une vigoureuse résistance, de peur qu'ils n'entraînent à leur suite la volonté supérieure. Ces premiers mouvements apaisés, réveillez-les en vous pour les réprimer avec plus de force et de vigueur. Provoquez-les ensuite à un troisième combat, afin de vous accoutumer à les repousser avec horreur et dédain. Ces deux derniers moyens sont excellents pour dompter les appétits désordonnés, hormis pourtant les passions charnelles dont nous parlerons en un autre endroit. Enfin, produisez des actes opposés aux passions que vous voulez vaincre. Un exemple éclaircira ma pensée. Vous êtes, je suppose, porté aux mouvements d'impatience. Si vous êtes bien recueilli en vous-même et attentif à ce qui se passe dans votre intérieur, vous remarquerez que ces mouvements s'attaquent sans relâche à la volonté supérieure pour la faire fléchir et obtenir son consentement. Usez alors du premier moyen que nous avons indiqué ; opposez à chacun de ces mouvements une résistance opiniâtre, et faites tous vos efforts pour empêcher la volonté d'y donner son consentement. N'abandonnez pas la lutte avant que l'ennemi, abattu et terrassé, vous ait rendu les armes. Mais voyez la malice du démon. Lorsqu'il s'aperçoit que nous résistons courageusement aux mouvements d'une passion quelconque, il cesse de les exciter en nous, et cherche même à les apaiser. Il veut par là nous empêcher d'acquérir, à l'aide de cet exercice, l'habitude de la vertu contraire, et nous faire tomber dans les pièges de la vaine gloire et de l'orgueil, en nous insinuant qu'il ne nous a fallu, comme aux vaillants soldats, qu'un instant pour faire tomber l'ennemi à nos pieds. Vous passerez donc au second combat : vous rappellerez à votre mémoire et réveillerez en vous-même les pensées qui vous ont excité à l'impatience, et quand vous sentirez l'émotion gagner la partie sensitive, vous en réprimerez les mouvements avec un redoublement de force et de vigueur. Bien que nous repoussions nos ennemis en vue de bien faire et de nous rendre agréables à Dieu, il n'en est pas moins vrai que bien souvent nous n'avons pas pour eux toute la haine qu'ils méritent, et qu'ainsi nous courons le risque de succomber à de nouvelles attaques. Pour échapper à ce danger, livrez-leur un troisième assaut et chassez-les loin de vous, non seulement avec des sentiments d'aversion, mais avec un suprême mépris, jusqu'à ce qu'ils ne soient plus pour vous qu'un objet d'honneur et d'abomination. Enfin, pour orner et enrichir votre âme des habitudes des vertus, il faut produire des actes intérieurs directement contraires à vos passions déréglées. Vous voulez, par exemple, acquérir l'habitude de la patience, et voilà qu'une marque de mépris qu'on vous donne fait naître en vous un mouvement d'impatience. (...)

Source : Le Combat Spirituel de Laurent Scupoli, Edition de 1895

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MessageSujet: Re: Méditation avec le Combat Spirituel de Laurent Scupoli    Mar 23 Aoû - 8:17:33

CHAPITRE XIII

De quelle manière il faut combattre la sensualité, et quels actes la volonté doit produire pour acquérir les habitudes des vertus.


(...) Ne croyez pas qu'il vous suffise des prendre les trois moyens que j'ai indiqués plus haut ; non, il faut en outre aimer l'affront qu'on vous fait, désirer d'être souvent méprisé de la même manière et par la même personne, et vous disposer à souffrir de plus grands outrages encore. La nécessité où nous sommes pour arriver à la perfection de poser des actes de vertus contraires aux vices qui nous assiègent vient de ce que les autres actes, si vigoureux et si multipliés qu'ils soient, sont impuissants à arracher la racine du mal. Ne sortons point de notre exemple. Quoique nous refusions notre consentement aux mouvements d'impatience que les affronts éveillent en nous, que nous employions même pour les dompter les trois moyens mentionnés plus haut, il n'en est pas moins vrai qu'à moins de nous habituer, à l'aide d'actes souvent répétés, à aimer les opprobres et à nous en réjouir, jamais nous ne pourrons nous débarrasser entièrement du vice de l'impatience qui a pour racine l'horreur de tout ce qui va à l'encontre du besoin d'estime que nous ressentons naturellement en nous-mêmes. Aussi longtemps que cette racine vicieuse demeure vivante en notre cœur, elle pousse continuellement des rejetons qui rendent la vertu languissante et finissent parfois par l'étouffer entièrement, sans compter qu'elle nous tient dans un péril continuel de retomber à la première occasion qui se présentera. Il suit de là que, si nous ne posons des actes contraires aux vices que nous voulons combattre, jamais nous n'acquerrons l'habitude solide des vertus. Encore faut-il que ces actes soient souvent répétés. L'habitude du vice s'est formée en nous par la multiplication des actes vicieux : il faut donc des actes multipliés pour l'extirper de notre cœur et y introduire l'habitude de la vertu. Je vais plus loin, et je dis qu'il faut plus d'actes bons pour former en nous l'habitude de la vertu que d'actes mauvais pour y créer l'habitude du vice, par la raison que la corruption de notre nature favorise cette dernière habitude, et va à l'encontre de la première. J'ajoute aux précédentes observations que, si la vertu à laquelle vous vous exercez le comporte, vous devez joindre aux actes intérieurs les actes extérieurs correspondants. Ainsi, pour nous tenir toujours au même exemple, vous devez répondre avec douceur et charité à ceux qui vous maltraitent et profiter des occasions que vous aurez de leur rendre service. Si faibles que vous paraissent ces actes intérieurs et extérieurs, votre volonté semblât-elle même n'y point avoir de part, gardez-vous bien de les abandonner : nonobstant leur faiblesse apparente, ils vous soutiennent dans le combat et vous aplanissent le chemin de la victoire. Soyez attentifs à ce qui se passe au-dedans de vous et attachez-vous à combattre jusqu'aux moindres mouvements désordonnés que vous y découvrirez. Les petites passions ouvrent la voie aux grandes, et les habitudes vicieuses finissent par s'emparer de notre âme. Combien, pour avoir négligé de résister aux attaques légères d'une passion dont ils avaient repoussé les plus violents assauts, combien, dis-je, attaqués ensuite plus vigoureusement au moment où ils y songeaient le moins, ont subi une défaite plus désastreuse que jamais. Je vous conseille encore de vous appliquer à mortifier vos désirs, même dans les choses permises.(...)

Source : Le Combat Spirituel de Laurent Scupoli, Edition de 1895

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MessageSujet: Re: Méditation avec le Combat Spirituel de Laurent Scupoli    Mer 24 Aoû - 8:24:20

CHAPITRE XIII

De quelle manière il faut combattre la sensualité, et quels actes la volonté doit produire pour acquérir les habitudes des vertus.


(...) Cette mortification vous procurera de grands avantages et vous rendra plus facile et plus prompte la victoire à remporter sur vous-même dans les choses défendues. Vous en deviendrez plus fort et plus aguerri dans le combat que vous soutenez contre vos tentations ; vous éviterez diverses embûches du démon et vous vous rendrez en même temps très agréable au Seigneur. Laissez-moi vous parler clairement. Si vous persévérez dans ces exercices si salutaires, si propres à réformer votre intérieur et à vous faire triompher de vous-même, je vous promets que vous avancerez à grands pas dans la voie de la perfection et que vous deviendrez véritablement spirituel, et non pas de nom seulement. Mais si vous vous engagez dans une autre voie, si vous choisissez d'autres pratiques, quelque excellentes que ces pratiques vous paraissent, quelques délices que vous y goûtiez, eussiez-vous même la persuasion d'être étroitement uni à Dieu et de vous entretenir intimement avec lui, soyez convaincu que jamais vous n'acquerrez la véritable spiritualité. La perfection, vous ai-je dit au chapitre premier, ne consiste pas dans les pratiques qui charment et flattent notre nature, mais dans les exercices qui l'attachent à la croix avec toutes ses affections. C'est par là que les vertus s'acquièrent et que l'homme intérieurement renouvelé s'unit à son Sauveur crucifié et à son divin Créateur. S'il est clair pour tous que les habitudes vicieuses se forment par les actes réitérés de la volonté supérieure cédant aux appétits des sens, il n'est pas moins évident que les saintes habitudes s'acquièrent par la fréquente répétition d'actes conformes à la volonté divine qui nous appelle à pratiquer tantôt une vertu, tantôt une autre. De même que la volonté, malgré les assauts violents qu'elle subit du côté des sens et des passions, ne peut devenir l'esclave du vice et des désirs terrestres, si elle ne cède elle-même à l'effort de la tentation ; de même aussi elle ne peut, quelque forte que soit l'action de la grâce, devenir véritablement vertueuse et unie à Dieu, si elle ne se conforme par ses actes intérieurs, et au besoin par ses actes extérieurs, aux inspirations de la grâce divine.

CHAPITRE XIV
De la conduite à tenir quand la volonté semble vaincue et dominée par l'appétit sensitif


S'il vous semble parfois impossible de repousser les assauts des passions et des ennemis qui vous obsèdent, et cela parce que vous ne sentez point en vous-même une volonté efficace de leur résister, tenez bon cependant : vous avez le droit de vous croire victorieux, aussi longtemps que vous n'aurez point la certitude d'avoir succombé. (...)

Source : Le Combat Spirituel de Laurent Scupoli, Edition de 1895

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MessageSujet: Re: Méditation avec le Combat Spirituel de Laurent Scupoli    Jeu 25 Aoû - 8:14:01

CHAPITRE XIV
De la conduite à tenir quand la volonté semble vaincue et dominée par l'appétit sensitif


(...) Comme la volonté supérieure n'a pas besoin de l'appétit sensitif pour produire les actes qui lui sont propres, jamais la violence de l'attaque ne peut, malgré elle, la forcer à s'avouer vaincue. Dieu a doué notre volonté d'une liberté et d'une force telles qu'alors même que toutes les passions, tous les démons et toutes les créatures se ligueraient ensemble pour la combattre, elle conserverait, en dépit de leurs efforts, une liberté complète de faire ce qu'elle veut et de ne pas faire ce qu'elle ne veut pas, et cela autant de fois, aussi longtemps, de la manière et pour la fin que bon lui semble. Si vos ennemis vous attaquent et vous pressent avec tant de violence que votre volonté, en quelque sorte étouffée, ne puisse plus reprendre haleine pour se dégager de leur étreinte, ne perdez point courage, et ne jetez point les armes : mais appelez la parole à votre aide et criez au tentateur : jamais je ne cèderai à les suggestions. Arrière, arrière : je ne veux point de toi. Faites comme un homme qui, se trouvant aux prises avec un ennemi acharné et ne pouvant le percer de son épée, le frappe avec le pommeau. Et de même qu'il s'efforce de reculer de quelques pas pour pouvoir donner de la pointe à son adversaire, ainsi retirez-vous en vous-même, considérez votre impuissance et votre néant, et, ranimant votre confiance en Dieu, élancez-vous sur la passion ennemie, en vous écriant : Aidez-moi, ô Seigneur et mon Dieu ; Jésus et Marie, venez à mon secours, de peur que je ne succombe. Et si l'ennemi vous en laisse le temps, appelez l'entendement au secours de la volonté. Faites les considérations qui vous sembleront les plus propres à relever votre courage et à ranimer vos forces épuisées. Prenons un exemple. Vous êtes, je suppose, sous le poids d'une persécution ou de toute autre peine ; et vous vous sentez porté à l'impatience au point de ne pouvoir ou de ne vouloir plus rien souffrir. Fortifiez votre volonté en arrêtant votre pensée sur les considérations suivantes ou sur d'autres semblables. • Premièrement, voyez si vous ne méritez pas le mal que vous endurez, et si vous n'y avez pas donné occasion ; si ce mal est arrivé par votre faute, dites-vous que ce n'est que justice de souffrir patiemment les blessures que l'on s'est à soi-même. • Deuxièmement, si vous n'avez rien à vous reprocher à cet égard, rappelez à votre souvenir les fautes dont Dieu ne vous a pas encore châtié ou que vous n'avez pas encore expiées vous-même par la pénitence et, voyant que Dieu daigne en sa Miséricorde commuer la peine éternelle ou temporelle qui vous était réservée dans l'autre monde en cette peine incomparablement plus légère qu'il vous envoie ici-bas, recevez-la non seulement avec joie, mais avec actions de grâces. • Troisièmement, si vous voyez avoir fait beaucoup de pénitences et peu offensé la majesté divine (pensée contre laquelle il faut vous prémunir toujours), songez qu'on n'entre dans le royaume des cieux que par la porte étroite des tribulations. Quatrièmement, considérez que si une autre voie vous était ouverte, la loi d'amour devrait vous empêcher de la suivre, puisque le Fils de Dieu et les saints, qui sont ses membres, sont entrés au Ciel par un chemin semé d'épines et de croix. Enfin, ce que vous devez surtout envisager ici et en toutes choses, c'est la volonté de Dieu : il a tant d'amour pour vous qu'il prendra un plaisir extrême à voir les actes de vertu et de mortification que vous accomplirez pour correspondre à son affection et vous montrer fidèle et généreux défenseur de sa cause. (...)

Source : Le Combat Spirituel de Laurent Scupoli, Edition de 1895

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MessageSujet: Re: Méditation avec le Combat Spirituel de Laurent Scupoli    Ven 26 Aoû - 10:12:45

CHAPITRE XIV
De la conduite à tenir quand la volonté semble vaincue et dominée par l'appétit sensitif


(...) Tenez pour certain que plus la persécution sera injuste et odieuse de la part de son auteur, et partant plus pénible pour vous, plus aussi votre constance sera agréable au Seigneur. Elle lui montrera que, jusque dans les choses répréhensibles en elles-mêmes et pour vous remplies d'amertume, vous savez approuver et aimer cette volonté adorable qui fait plier sous sa loi les événements qui lui sont le plus contraires et les ramener à l'ordre invariable de sa Providence.


CHAPITRE XV
Quelques avis touchant la manière de combattre, et spécialement contre qui et avec quel courage il faut le faire


Vous connaissez les moyens à prendre pour vous vaincre vous-même et embellir votre âme des ornements de la vertu. Apprenez aujourd'hui que, pour triompher de vos ennemis avec plus de promptitude et de facilité, il est éminemment utile, nécessaire même, que vous déclariez une guerre continuelle à vos vices et tout spécialement à l'amour-propre, et que vous vous accoutumiez à aimer, comme vos plus chères délices, les mépris et les outrages que le monde vous prodiguera. Si les victoires sont difficiles, rares, incomplètes et peu durables, il faut, ainsi que je l'ai insinué déjà, en attribuer la cause au peu de soin que l'on apporte à se préparer à ce combat et au peu d'estime qu'on en fait. Sachez, en outre, que ce combat doit être soutenu avec un courage à toute épreuve. Ce courage, vous l'obtiendrez infailliblement si vous le demandez à Dieu et si, après avoir considéré la rage de vos ennemis, la haine implacable qui les anime et les bataillons nombreux dont ils disposent, vous songez que la bonté de Dieu et son amour pour vous l'emportent infiniment sur la haine des démons, et que les anges et les élus qui combattent avec vous sont plus nombreux que les satellites de Satan. C'est cette considération qui a rendu tant de faibles femmes victorieuses de la puissance et de la sagesse du monde, des assauts des passions et de la rage de l'enfer. Que l'ennemi donc redouble d'efforts, que la lutte se prolonge au point de vous faire croire qu'elle ne finira qu'avec votre vie, qu'elle vous menace de plusieurs côtés à la fois d'une ruine presque certaine, ce n'est pas une raison de vous épouvanter. Sans revenir sur ce que nous avons déjà dit, vous devez savoir que toutes les forces et tous les artifices de nos ennemis sont dans les mains du divin capitaine pour l'honneur duquel nous combattons. Puisqu'il a ce combat en si grande estime et qu'il nous y appelle avec tant d'instances, il ne permettra pas que vos ennemis vous surprennent, mais il combattra lui-même pour vous et les livrera vaincus entre vos mains, à l'heure qui lui plaira, mais toujours à votre plus grand avantage, dût-il différer la victoire jusqu'au dernier jour de votre vie. Tout ce qu'il demande de vous, c'est que vous combattiez généreusement et que, si nombreuses que soient vos blessures, vous ne déposiez jamais les armes, ni ne preniez la fuite. Enfin, pour soutenir vigoureusement la lutte, sachez qu'elle est inévitable, et que refuser le combat, c'est assurer votre défaite et votre ruine. Vous avez affaire à des ennemis si acharnés à votre perte, qu'il n'y a ni paix, ni trêve à espérer de leur part.

Source : Le Combat Spirituel de Laurent Scupoli, Edition de 1895

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MessageSujet: Re: Méditation avec le Combat Spirituel de Laurent Scupoli    Sam 27 Aoû - 11:09:31

CHAPITRE XVI
Comment le soldat de Jésus-Christ doit se mettre en campagne dès le matin



La première chose que vous avez à faire à votre réveil, c’est d’ouvrir les yeux de l’âme et de vous considérer comme en un champ clos, avec cette loi expresse que celui qui ne combat pas doit périr à jamais. Là, vous vous figurerez être en présence de votre ennemi, je veux dire de cette inclination mauvaise que vous avez déjà entrepris de combattre et qui se tient tout armée pour vous blesser et vous donner la mort. À votre droite, vous verrez Jésus-Christ votre invincible capitaine, la Vierge Marie avec Saint Joseph son époux bien-aimé, d’innombrables troupes d’anges et de saints, parmi lesquels l’archange saint Michel ; à votre gauche, vous verrez le démon et ses satellites prêts à exciter la passion ennemie et à vous persuader de céder à ses suggestions. Vous vous imaginerez alors entendre la voix de votre ange gardien, vous parlant de la sorte : « Vous avez aujourd’hui à combattre contre cet ennemi, et contre d’autres encore. Ne craignez point, ne perdez point courage ; ne cédez ni à la frayeur ni à quelque considération que ce soit ; car votre Seigneur et votre capitaine est ici près de vous avec ses glorieuses phalanges, pour combattre avec elles contre vos ennemis et il ne souffrira pas qu’ils vous soumettent par la force ou la ruse. Demeurez ferme, faites-vous violence, quoiqu’il doive vous en coûter parfois. Criez souvent au secours du plus profond de votre cœur ; appelez à votre aide votre Seigneur, la Vierge Marie et tous les saints, et vous remporterez infailliblement la victoire. « Si vous êtes faible et peu aguerri, si vos ennemis sont forts et nombreux, songez que les troupes de celui qui vous a créé et racheté sont plus nombreuses encore, que votre Dieu est infiniment plus puissant que votre ennemi et qu’il désire bien plus ardemment vous sauver que le démon ne désire vous perdre. Combattez donc ; et ne vous lassez jamais de souffrir : de cette fatigue, de la violence que l’on déploie contre ses mauvaises inclinations, de la peine que l’on éprouve à surmonter les habitudes mauvaises, naissent la victoire et ce trésor inestimable qui procure le royaume du Ciel, et l’éternelle union de l’âme avec son Dieu. « Vous commencerez le combat au nom du Seigneur et vous prendrez pour armes la défiance de vous-même, la confiance en Dieu, la prière et l’exercice de vos puissances spirituelles. Vous appellerez au combat cet ennemi et cette passion que vous vous êtes proposé de vaincre, selon l’ordre indiqué ci-dessus ; vous lui apposerez tantôt la résistance, tantôt la haine, tantôt les actes de la vertu contraire, lui donnant ainsi coup sur coup des blessures mortelles, pour plaire aux regards de votre divin Maître qui est là, avec toute l’Église triomphante, à contempler votre combat. « Je vous répète que vous ne devez point vous lasser de combattre, mais considérer l’obligation qui nous incombe à tous de servir Dieu et de lui plaire, et la nécessité où nous sommes de combattre, attendu que nous ne pouvons abandonner le champ de bataille sans être blessés et blessés à mort. « J’ajoute qu’en fuyant loin de Dieu comme un rebelle, et en vous donnant au monde et aux plaisirs de la chair, vous n’échapperez point à la peine. Il vous faudra combattre malgré vous, et vous serez en butte à tant de contrariétés que vous sentirez souvent la sueur inonder votre front et des angoisses mortelles pénétrer votre cœur. « Considérez ici quelle folie il y aurait à s’imposer un travail si rude, avec la perspective de tourments infiniment plus horribles et d’une mort éternelle, et cela pour échapper à une peine passagère qui nous conduit à la vie éternelle et infiniment heureuse où l’âme jouit de la présence de son Dieu ».

Source : Le Combat Spirituel de Laurent Scupoli, Edition de 1895

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MessageSujet: Re: Méditation avec le Combat Spirituel de Laurent Scupoli    Dim 28 Aoû - 2:29:53

CHAPITRE XVII
De l’ordre à suivre dans la lutte que nous avons à soutenir contre nos passions

Il est extrêmement important de connaître l’ordre à suivre dans ce combat, afin de ne pas agir au hasard et par caprice, comme plusieurs le font au préjudice de leur salut. Pour lutter avec fruit contre vos ennemis et vos inclinations vicieuses, vous devez d’abord rentrer en vous-même et examiner avec soin qu’elles sont les pensées et les sentiments qui vous occupent habituellement, quelle est la passion qui domine en vous et tyrannise votre cœur. C’est contre cette passion spécialement que vous devez prendre les armes et lutter. S’il arrive que d’autres ennemis vous attaquent, marchez d’abord à celui qui vous fait la guerre actuellement et de plus près, et puis vous retournerez à votre principale entreprise.


CHAPITRE XVIII
De quelle manière il faut combattre les mouvements soudains des passions


Si vous n’êtes pas encore accoutumé à parer les coups inopinés des injures ou de toute autre contrariété, attachez-vous, pour acquérir cette habitude, à les prévoir, à les souhaiter ensuite plusieurs et plusieurs fois, et attendez-les avec un esprit préparé à la lutte. Le moyen de les prévoir, c’est, après vous être rendu compte de la nature de vos passions, de considérer les personnes à qui vous avez affaire et les lieux où vous savez devoir les rencontrer. De la sorte, il vous sera facile de conjecturer les assauts que vous aurez à soutenir. Le soin que vous mettrez à tenir votre âme préparée aux événements prévus vous sera d’un grand secours, même dans le cas d’un accident prévu ; mais voici, en outre, un moyen que je vous conseille. Dès que vous commencerez à sentir l’émotion que vous cause une injuste ou une affliction quelconque, efforcez-vous d’élever votre esprit vers Dieu ; considérez son ineffable bonté et son amour pour vous ; pensez que, s’il vous envoie cette adversité, c’est afin qu’en la supportant pour son amour, votre âme devienne plus pure, s’approche de lui et contracte une union plus étroite avec lui. Après avoir considéré combien Dieu se plaît à vous voir supporter patiemment cette adversité, adressez-vous à votre âme et faites-lui ces reprochez : Pourquoi ne veux-tu pas porter cette croix qui te vient, non de telle ou telle personne, mais de ton Père céleste lui-même ? Puis, vous tournant vers la croix, embrassez-la avec le plus de patience et de joie qu’il vous sera possible, et dites-lui : Ô croix préparée par la Providence divine bien longtemps avant ma naissance ; ô croix rendue douce par l’amour ineffable de mon Jésus crucifié, attachez-moi désormais à vous, afin que je sois tout entier à celui qui m’a racheté en mourant sur vos bras. Si la passion, victorieuse d’abord, vous empêche d’élever votre âme à Dieu et vous laisse une blessure au cœur, revenez à la charge au plus tôt, comme si vous n’aviez pas été blessé. Mais le remède le plus efficace contre ces mouvements soudains de la passion, c’est de supprimer de bonne heure la cause qui les produit. Si vous remarquez, par exemple, que l’affection que vous avez pour une chose est cause que la moindre traverse vous jette dans une soudaine altération d’esprit, le moyen d’y remédier, c’est de rompre cette attache. Mais si ce trouble provient non de la chose, mais de la personne même ; si vous éprouvez pour elle une telle aversion que ses moindres actions vous chagrinent et vous impatientent efforcez-vous, pour remédier à ce mal, d’incliner votre volonté à l’aimer et à la chérir, non seulement parce qu’elle est une créature formée comme vous de la main souveraine de Dieu et comme vous rachetée par son sang divin, mais parce qu’elle vous offre l’occasion d’acquérir, en la supportant, un trait de ressemblance avec votre Seigneur qui est plein d’amour et de bonté pour tous les hommes.

Source : Le Combat Spirituel de Laurent Scupoli, Edition de 1895

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