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 Communion de désir pour les « Divorcés-remariés »

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MessageSujet: Communion de désir pour les « Divorcés-remariés »   Dim 2 Fév - 18:30:41

Communion de désir pour les « Divorcés-remariés »

ou plutôt « adultères publics » ?


l'Abbé GUY PAGES Prêtre Catholique!


Communion de désir pour les « Divorcé

remariés »



l'abbé GUY PAGES nous livre une analyse de la proposition

de l’archidiocèse de Paris sur la communion de désir pour

les divorcés remariés
:

« Alors que se prépare à Rome un prochain synode sur la

famille, la revue de l’archidiocèse de Paris, Paris Notre

Dame, dans sa livraison du 28 novembre 2013 (n°1502)

p.6), s’intéresse à la situation des « divorcés-remariés » à

travers un article consacré à l’association Miséricorde et

Vérité dont la vocation est de proposer « aux personnes,

remariées ou non, un itinéraire spirituel pour qu’elles

prennent conscience qu’elles demeurent au cœur de l’Église.

» Si le manque crasse de formation sérieuse à la doctrine du

mariage catholique lors des préparations au sacrement

explique que des personnes abandonnées et non «

remariées » puissent douter demeurer au cœur de l’Église,

ce qui choque dans cette formulation est que leur condition

soit traitée au même titre que celle des personnes dites

« remariées » (civilement). Que révèle cette assimilation et

comment est-il possible de demeurer au cœur de l’Église

lorsque l’on est « remarié » ?

L’expression utilisée dans cet article ‒ et jusque dans les

documents du magistère romain ‒ de « Divorcé-remarié »

est un véritable oxymore, puisqu’au regard de la Foi il n’y a

pas plus de « divorcés » que ce qu’il y a de « remariés » :

« Ce que Dieu a uni, que l’homme ne le sépare pas. »

(Mt 19.6). En fait « divorcés-remariés » signifie :

« adultères publics ». Je n’entrerai pas ici dans la

considération sentimentale que peuvent susciter certaines

situations existentielles : il est trop facile de faire jouer « le

s bons sentiments » au détriment de la charité, qui est

amour de la vérité : « Si quelqu’un vient à Moi sans Me

préférer à son conjoint ou même à sa propre vie, il ne peut

pas être mon disciple. » (Lc 14.26).

Au début de l’article, le père Metzinger, vicaire épiscopal

pour la pastorale de la famille de l’archidiocèse de Paris,

dément que l’Église rejette les adultères publics, comme

certains certainement s’en plaignent. « La vérité,c’est de

leur faire prendre conscience qu’ils sont toujours membres

de l’Église. » dit-il. C’est vrai dans la mesure où le péché

n’annule pas le baptême, mais que l’Église ne rejette

personne n’empêche malheureusement pas ces personnes,

par leur péché, de se rejeter elles-mêmes de l’Église. Cela

non seulement le père ne le dit pas, mais il va jusqu’à faire

croire que leur péché affecte si peu leur appartenance à

l’Église qu’ils peuvent toujours « bénéficier de la grâce des

sacrements »… De quoi pourraient-ils encore se plaindre ?

Ce que cache soigneusement ce discours, c’est que tous les

baptisés n’appartiennent pas à l’Église de la même façon :

il y a ceux qui lui appartiennent comme à la vigne des

rameaux vivants et féconds, et il y a ceux qui lui

appartiennent comme des sarments secs, destinés, à moins

du travail sinon du miracle de la conversion, au feu éternel

(Jn 15.6). C’est en ce sens que j’interprète cette même

affirmation dans les textes du Magistère ordinaire récent,

par exemple dans la Lettre de la Congrégation pour la

Doctrine de la foi Sur l’accès à la communion eucharistique

de la part des fidèles divorcés remariés disant que ceux-ci :

« ne sont en rien exclus de la communion ecclésiale. ».

Car enfin, si l’adultère est un péché mortel, on ne voit pas

que les adultères participent à la communion ecclésiale,

ou alors celle-ci, contrairement à sa définition, n’est pas une,

ou est, elle-aussi, morte. Ce qui dans les deux cas est faux.

Reste donc que le Magistère ne voit la participation des

adultères publics à la communion ecclésiale que sous le

registre de la potentialité, attentant du processus de

conversion mené à son terme, le passage à son actualité.

Dans le cas contraire, elle n’aura été qu’une participation

virtuelle. Ne pas le dire, n’est-ce pas très gravement

contribuer à l’égarement les âmes ?

L’association, soutenue par la Pastorale familiale se propose

« de ‘ramener la paix dans les cœurs’ jusqu’au moment où

les personnes acceptent leur situation et peuvent prendre

une part active à la vie de l’Église, sans être en rébellion.

». Un tel objectif, dit-il autre chose que la volonté de

tranquilliser des âmes tourmentées par leur état de

damnation afin qu’elles y restent ? Le but de l’Église et donc

de toute pastorale, n’est-il pas de sauver les âmes ?

Et qu’est-ce que « la participationactive à la vie de l’Église »

si celle-ci ne peut être surnaturellement féconde, tant il est

vrai que sans la grâce nous ne pouvons rien (Jn 15.5) ?

Occulter du péché d’adultère la damnation méritée,

est-ce vraiment aider ces personnes, ou bien se compter

avec ces prêtres amis de la « dureté de cœur » et ennemis

du Christ (Mt 19.6) ? N’est-ce pas de surcroît se rendre

coupable de banaliser et donc encourager ce péché ?

Quel témoignage est ainsi donné aux personnes

abandonnées par leur conjoint mais fidèles aux promesses

de leur mariage ? Comment la pastorale de la famille peut-

elle se justifier d’aider « les personnes divorcées, remariées

ou non » à « vivre de manière différente leur appartenance à

l’Église » ? Y aurait-il deux manières de vivre l’appartenance

à l’Église : une en étant fidèle et l’autre en étant infidèle ?

Bruno et Anny Perrin « divorcés et engagés dans une

nouvelle union depuis seize ans » sont appelés à titre de

témoins de cette autre manière d’appartenir à l’Église…

Et voici leur témoignage : « Dieu nous réconforte et nous

comble autrement ». Comment ? « Par la communion de

désir ».

La communion de désir, encore appelée communion

spirituelle, voilà la notion sur laquelle s’appuie la présente

pastorale des adultères publics. Elle leur fait croire qu’ils

peuvent, par la communion de désir, « bénéficier de la grâce

des sacrements », c’est-à-dire accéder à l’essentiel de la vie

chrétienne, en sorte qu’à côté de cet essentiel, la vie

surnaturelle, leur péché s’en trouve nécessairement réduit à

des dimensions anecdotiques… Cette participation des

adultères publics à la communion eucharistique par le désir

de celle-ci, pour appartenir au Magistère ordinaire récent de

l’Église, est un enseignement qui me semble fondé sur une

tragique incompréhension du sens réel de la notion de

« communion de désir ». En effet, celle-ci n’est pas, et n’a

jamais été, le moyen de communier de ceux qui ne sont pas

en état de grâce, mais de ceux qui sont empêchés de le

faire pour des raisons indépendantes de leur volonté, comme

c’est le cas pour les prisonniers, les malades, etc. En dehors

de toute participation souhaitée mais physiquement

impossible au Sacrifice de Jésus, Dieu peut donner les fruits

de cette participation qui, pour être seulement désirée, n’en

est pas moins réelle à Ses yeux, Lui qui tient pour

spirituellement acquis ce qui est librement désiré (Mt 6.21 ;

5.28). Toutefois, cette communion, comme toute

communion, exclut nécessairement l’attachement au péché,

aussi vrai que participer dignement à l’Eucharistie, c’est

donner sa vie au Père, et donc, par Jésus, avec Jésus et en

Jésus, mourir au monde pécheur… On ne voit pas que l’on

puisse à la fois s’unir au Christ dans le mystère de Sa mort

(1 Co 11.26) et se refuser à Lui, violer le sacrement de

mariage, « signe et instrument efficace » de Son Amour

indissoluble parce qu’irrévocable (Mt 19.6 ; 5.32), et

prétendre s’unir à Lui : « Qui n’est pas avec Moi est contre

Moi » (Mt 12.30). Raison pour laquelle l’Église primitive

demandait aux pécheurs publics de quitter l’église après la

liturgie de la Parole, consciente que n’étant pas en état de

grâce ils ne pouvaient pas s’unir à l’offrande du Sacrifice de

Jésus, ni donc en recevoir les fruits par la communion.

Or, voici qu’aujourd’hui, les adultères publics sont invités à

participer à la Messe et à en recevoir la grâce…

Ce qu’indirectement on laisse ainsi entendre aux adultères

publics est que ne pouvoir physiquement prendre part au

sacrement n’aurait en définitive que peu d’importance pour

eux, puisqu’ils ne seraient en cela privés que de la

« théâtralité » des sacrements, des « apparences » de la

communion eucharistique, mais non de sa « substance »

. Or, on ne voit pas en quoi le fait de ne pas pouvoir recevoir

les « espèces » de l’Eucharistie permettrait d’en recevoir la

substance… Ou on peut communier ou on ne le peut pas.

Ou on est en état de grâce ou on ne l’est pas. Mais si on

peut communier, c’est à la substance du sacrement qu’on le

peut, c’est-à-dire au Christ Lui-même, réellement présent

sous les apparences des espèces consacrées. Personne ne

communie jamais aux seules apparences, sinon pour sa

condamnation (1 Co 11.27-31) ! Communier au Corps du

Christ implique toujours et nécessairement de le faire

spirituellement, c’est à dire d’accueillir le Christ tel qu’Il est

en Lui-même, avec foi et par amour, et non pas seulement

avec ses dents, comme savent le faire les chiens !

« Ne donnez pas ce qui est sacré aux chiens ! » (Mt 7.6).

Comment comprendre que l’on en soit arrivé à présenter la

communion spirituelle comme compatible avec le péché

sinon par le défaut, aussi monstrueux qu’incompréhensible,

d’une authentique vie spirituelle, jusqu’aux plus hauts

niveaux de la hiérarchie ecclésiastique ?Parce que la vie

spirituelle est invisible aux yeux de ceux qui n’ont pas

l’Esprit du Christ, elle pourrait leur être présentée comme la

nuit enchantée servant à vivre cachés ce qu’ils ne peuvent

vivre au grand jour ? Parce que la vie spirituelle est invisible

aux yeux de chair, elle permettrait de tromper les innocents

sur son contenu ? Pas vu, pas pris ? Si je te dis que tu peux

communier spirituellement, pourquoi ne pas le croire,

puisque n’y voyant rien et soumis à mon autorité (dont

j’abuse), tu ne peux le contester ? Si tu as la foi, crois que

tu peux communier ! Mais pour qui a l’Esprit du Christ, la vie

spirituelle n’est pas le monde de la religiosité New-Age, faite

d’imagination, livrée à la subjectivité. Elle est aussi réelle

que ce qu’elle contient la substance même des réalités du

monde visible : « Ce que vous aurez lié sur la terre sera lié

dans les Cieux, et tout ce que vous délierez sur la terre sera

délié dans les Cieux. » (Mt 18.18)…

« En renonçant à la communion sacramentelle, nous

communions à la croix du Christ. » confessent Bruno et

Anny, accusant ainsi non seulement l’Église de blesser le

Christ par la demande qu’elle leur fait de ne pas communier,

mais encore le Christ de Se contredire, Lui qui a dit : « Qui

vous écoute, M’écoute. » (Lc 10.16 ; Mt 18.18)… Si l’Église,

par sa discipline, fait porter au Christ une croix, et si les

adultères publics sont les saints qui portent avec Lui cette

croix, quel est le rôle des responsables de la pastorale

familiale ?

Si « Ce que confesse la foi, les sacrements le communiquent

» (CEC n°1692), que confesse la foi qui n’a pas besoin de

sacrements ? Est-ce encore la foi ? Quel est le sens de

l’excommunication (Can 915) si l’excommunié peut quand

même « bénéficier de la grâce des sacrements » ? Qu’est-ce

qui est véritablement important : les sacrements ou la grâce

qu’ils donnent ? S’il en est ainsi que l’on puisse « bénéficier

de la grâce des sacrements » tout en vivant dans le péché,

qu’est-ce que le péché ? Et qu’est-ce que la grâce ?

N’est-on pas en pleine apostasie ?

Bref, en donnant aux personnes qui ne sont objectivement

pas en état de grâce, le fallacieux conseil de communier

spirituellement, non seulement on contribue à leur

damnation en ne les invitant à demeurer dans leur situation

objective de péché (Mt 3.8 ; 4.17 ; 11.20 ; Lc 13.3,5) mais

on fausse leur relation ‒ et celle de toute l’Église ‒ au

Mystère de Jésus-Eucharistie, laissant croire qu’Il donnerait

ce que Son Église interdit… A moins que ce ne soit l’Église

qui veuille aujourd’hui donner ce que son Seigneur interdit ?

Que révèlent de l’authenticité de la vie spirituelle de l’Église

cette pastorale et cette compréhension de la communion

spirituelle, aujourd’hui si largement répandues qu’elles sont

ratifiées à Rome même ?


Pour la défense de notre Église, une, sainte,

catholique et apostolique
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