sophie208 Assidu

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 | Sujet: La Croix Glorieuse, commentaire du jour "Nul n'est monté au ciel sinon celui qui est descendu du ciel" Mer 14 Sep - 17:56 | |
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LA CROIX GLORIEUSE FÊTE (627)

La vénération de la Sainte Croix, le 14 septembre, se rattache aux solennités de la dédicace de la basilique de la Résurrection, érigée sur le tombeau du Christ, en 335. Le Christ a offert sur la Croix son sacrifice pour l'expiation des péchés de la multitude ; la Croix est pour le peuple chrétien le signe de l'espérance du Royaume, que le peuple juif célèbre lors de la fête des Tentes. C'est dire de quelle lumière brille la Croix glorieuse de Jésus : objet de mépris, la Croix est devenue « notre fierté ». Si l'arbre planté au paradis originel a produit pour Adam un fruit de mort, l'arbre de la Croix a porté pour nous un fruit de vie, le Christ, « en qui nous avons le salut et la résurrection ».
Sous le règne de l'empereur Héraclius Ier, les Perses s'emparèrent de Jérusalem et y enlevèrent la principale partie de la vraie Croix de Notre-Seigneur, que sainte Hélène, mère de l'empereur Constantin, y avait laissée. Héraclius résolut de reconquérir cet objet précieux, nouvelle Arche d'alliance du nouveau peuple de Dieu. Avant de quitter Constantinople, il vint à l'église, les pieds chaussés de lumière, en esprit de pénitence ; il se prosterna devant l'autel et pria Dieu de seconder son courage ; enfin il emporta avec lui une image miraculeuse du Sauveur, décidé à combattre avec elle jusqu'à la mort.
Le Ciel aida sensiblement le vaillant empereur, car son armée courut de victoire en victoire ; une des conditions du traité de paix fut la reddition de la Croix de Notre-Seigneur dans le même état où elle avait été prise. Héraclius, à son retour, fut reçu à Constantinople par les acclamations du peuple ; on alla au-devant de lui avec des rameaux d'oliviers et des flambeaux, et la vraie Croix fut honorée, à cette occasion, d'un magnifique triomphe.
L'empereur lui-même, en action de grâce, voulut retourner à Jérusalem ce bois sacré. Quand il fut arrivé dans la Cité Sainte, il chargea la relique précieuse sur ses épaules ; mais lorsqu'il fut à la porte qui mène au Calvaire, il lui fut impossible d'avancer, à son grand étonnement et à la stupéfaction de tout : « Prenez garde, ô empereur ! lui dit alors le patriarche Zacharie ; sans doute le vêtement impérial que vous portez n'est pas assez conforme à l'état pauvre et humilié de Jésus portant sa Croix. » Héraclius, touché de ces paroles, quitta ses ornements impériaux, ôta ses chaussures, et, vêtu en pauvre, il put gravir sans difficulté jusqu'au Calvaire et y déposer son glorieux fardeau.
Pour donner plus d'éclat à cette marche triomphale, Dieu permit que plusieurs miracles fussent opérés par la vertu de ce bois sacré. À la suite de ces événements fut instituée la fête de l'Exaltation de la Sainte Croix, pour en perpétuer le souvenir.
Abbé L. Jaud, Vie des Saints pour tous les jours de l'année, Tours, Mame, 1950.
Commentaire du jour
Une homélie grecque du 4ème siècle Sur la sainte Pâque, 51, 63 ; PG 59, 743, SC 27 (inspirée d'une homélie perdue d'Hippolyte ; trad. Orval rev.)
« Nul n'est monté au ciel sinon celui qui est descendu du ciel »
L'arbre de la croix est pour moi celui du salut éternel. Il me nourrit et j'en fais mon régal. Par ses racines je m'enracine, et par ses branches je m'étends ; sa rosée me purifie et son souffle, comme un vent délicieux, me rend fécond. A son ombre, j'ai dressé ma tente, et, fuyant les grandes chaleurs, j'y trouve un havre de fraîcheur. C'est de ses fleurs que je fleuris, et de ses fruits je fais mes plus grands délices ; ces fruits qui m'étaient réservés depuis l'origine, j'en jouis sans limite... Quand je tremble devant Dieu, cet arbre me protège ; quand je vacille, il est mon appui ; il est le prix de mes combats et le trophée de mes victoires. Il est pour moi le chemin étroit, le sentier escarpé, l'échelle de Jacob parcourue par les anges, au sommet de laquelle le Seigneur est vraiment appuyé (Mt 7,14; Gn 28,12).
Cet arbre aux dimensions célestes s'est élevé de la terre jusqu'aux cieux, plante immortelle fixée au milieu du ciel et de la terre. Soutien de toutes choses, appui de l'univers, support du monde habité, il embrasse le cosmos et rassemble les éléments variés de la nature humaine. Il est lui-même assemblé par les chevilles invisibles de l'Esprit, pour ne pas vaciller dans son ajustement au divin. Touchant par son faîte le sommet des cieux, affermissant la terre par ses pieds et entourant de tous côtés par ses bras immenses les espaces innombrables de l'atmosphère, il est tout entier en tout et partout...
Peu s'en fallait que l'univers soit anéanti, dissous de terreur devant la Passion, si le grand Jésus ne lui avait infusé l'Esprit divin en disant : « Père, je remets mon Esprit entre tes mains » (Lc 23,46)... Tout était ébranlé, mais lorsque l'Esprit divin est remonté, l'univers a été en quelque sorte ranimé, vivifié, et il a retrouvé une stabilité ferme. Dieu emplissait tout, partout, et la crucifixion s'étendait à travers toutes choses.
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