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 Vendredi 15 Avril 2011 : Textes de la messe de ce jour

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MessageSujet: Vendredi 15 Avril 2011 : Textes de la messe de ce jour   Ven 15 Avr - 12:59:23


Vendredi 15 Avril 2011

Vendredi, 5ème Semaine de Carême
Férie



1ère lecture : Le prophète menacé de mort par les siens
Jr 20, 10-13
Lecture du livre de Jérémie

Moi, Jérémie, j"ai entendu les menaces de la foule : « Dénoncez-le ! Allons le dénoncer, l'homme qui voit partout la terreur ! » Mes amis eux-mêmes guettent mes faux pas et ils disent : « Peut-être se laissera-t-il séduire... Nous réussirons, et nous prendrons notre revanche ! »
Mais le Seigneur est avec moi, comme un guerrier redoutable : mes persécuteurs s'écrouleront, impuissants. Leur défaite les couvrira de honte, d'une confusion éternelle, inoubliable.

Seigneur de l'univers, toi qui scrutes l'homme juste, toi qui vois les reins et les coeurs, montre-moi la revanche que tu prendras sur ces gens-là, car c'est à toi que j'ai confié ma cause.

Chantez le Seigneur, alléluia ! Il a délivré le pauvre du pouvoir des méchants.

Psaume : Louange à Dieu : il est mon Sauveur !
Ps 17

Je t'aime, Seigneur, ma force :
Seigneur, mon roc, ma forteresse,
Dieu mon libérateur, le rocher qui m'abrite,
mon bouclier, mon fort, mon arme de victoire !

Les liens de la mort m'entouraient,
le torrent fatal m'emportait ;
des liens infernaux m'étreignaient :
j'étais pris aux pièges de la mort.

Dans mon angoisse, j'appelai le Seigneur ;
vers mon Dieu, je lançai un cri ;
de son temple il entend ma voix :
mon cri parvient à ses oreilles.


Acclamation

Gloire à toi, Seigneur, Fils du Dieu vivant !
Fils de l'homme, élevé sur la croix, tu attires à toi tous les hommes.
Gloire à toi, Seigneur, Fils du Dieu vivant ! (cf. Jn 12, 32)




Evangile : Jésus menacé de mort par les Juifs
Jn 10, 31-42
Evangile de Jésus Christ selon saint Jean

Les Juifs allèrent de nouveau chercher des pierres pour lapider Jésus.
Celui-ci prit la parole : « J'ai multiplié sous vos yeux les oeuvres bonnes de la part du Père. Pour laquelle voulez-vous me lapider ? »
Les Juifs lui répondirent : « Ce n'est pas pour une oeuvre bonne que nous voulons te lapider, c'est parce que tu blasphèmes : tu n'es qu'un homme, et tu prétends être Dieu. »
Jésus leur répliqua : « Il est écrit dans votre Loi : J'ai dit : Vous êtes des dieux.
Donc, ceux à qui la parole de Dieu s'adressait, la Loi les appelle des dieux ; et l'Écriture ne peut pas être abolie.
Or, celui que le Père a consacré et envoyé dans le monde, vous lui dites : 'Tu blasphèmes', parce que j'ai dit : Je suis le Fils de Dieu.
Si je n'accomplis pas les oeuvres de mon Père, continuez à ne pas me croire.
Mais si je les accomplis, quand bien même vous refuseriez de me croire, croyez les oeuvres. Ainsi vous reconnaîtrez, et de plus en plus, que le Père est en moi, et moi dans le Père. »
Les Juifs cherchaient de nouveau à l'arrêter, mais il leur échappa.

Il repartit pour la Transjordanie, à l'endroit où Jean avait commencé à baptiser. Et il y demeura.
Beaucoup vinrent à lui en déclarant : « Jean n'a pas accompli de signe ; mais tout ce qu'il a dit au sujet de celui-ci était vrai. »
Et à cet endroit beaucoup crurent en lui.


Homélie

Etonnant dialogue : en réponse à Jésus qui leur offre sa Parole de vie, les juifs veulent lui lancer des pierres pour le tuer ! Sans s’en rendre compte, ils confirment par leurs œuvres qu’ils ont pour père le démon dont ils cherchent à réaliser les projets, lui qui est menteur et homicide dès les origines (cf. Jn 8, 44). Avec une étonnante patience qui ne peut procéder que de l’amour, Jésus invite encore et encore ses interlocuteurs à réfléchir sur l’incohérence de leur attitude. Les juifs en effet reconnaissent que Jésus a accompli des « œuvres bonnes » ; or « chacun sait que Dieu n’exauce pas les pécheurs, mais si quelqu’un l’honore et fait sa volonté, il l’exauce » (Jn 9, 31). Comment dès lors peuvent-ils l’accuser de blasphème ? Si réellement il mentait et revendiquait abusivement l’égalité avec Dieu son Père (cf. Jn 10, 30), il serait incapable de poser le moindre signe car il est évident que la grâce divine ne coopère pas avec un blasphémateur. Auquel cas, les juifs auraient raison de « refuser de croire en lui ». Mais dès lors que Notre-Seigneur accomplit des œuvres qui témoignent de la faveur de Dieu, ceux qui les constatent sont bien obligés de prendre en compte l’interprétation qu’il en donne et qui éclaire son identité.
Ce que Jésus affirme n’est d’ailleurs pas si choquant : l’Ecriture elle-même n’affirme-t-elle pas au Ps 82 (81) que les dépositaires de la Parole peuvent être appelés « des dieux » ? Bien plus : l’espérance d’Israël décrit le Messie en termes de filiation divine. Le Ps 2 met sur les lèvres de Dieu lui-même ces paroles adressées au Messie : « Tu es mon fils ; moi, aujourd’hui je t’ai engendré » (Ps 2, 7). Les œuvres bonnes accomplies par Jésus plaident donc en faveur de la vérité de sa parole : il est ce Fils tant attendu, « celui que le Père a consacré et envoyé dans le monde, afin que tout homme qui croit en lui ne périsse pas, mais obtienne la vie éternelle » (Jn 2, 16).
Avec une profonde humilité, et poussé par le seul souci de sauver ces hommes que le Père lui a confiés, Jésus s’efface davantage encore, et consentant à ce que les Juifs ne croient pas en lui, il les exhorte à « croire au moins les œuvres », c’est-à-dire à reconnaître que Dieu est à l’œuvre en lui et à travers lui. Car il sait bien que s’ils concèdent ce point - qui devrait être évident vu la nature des signes accomplis - ils découvriront par la force des choses « que le Père est en lui et lui dans le Père ».
La logique n’a pas pu échapper à ses opposants ; mais comme il était hors de question pour eux de s’acheminer vers une telle conclusion, ils préfèrent rejeter en bloc tout le raisonnement, et faisant la sourde oreille, ils « cherchent de nouveau à l’arrêter ». C’est cet aveuglement volontaire que vise Notre-Seigneur lorsqu’il dit : « Celui qui ne veut pas croire est déjà jugé. Et le jugement le voici : quand la lumière est venue dans le monde, les hommes ont préféré les ténèbres à la lumière, parce que leurs œuvres étaient mauvaises. En effet, tout homme qui fait le mal déteste la lumière : il ne vient pas à la lumière, de peur que ses œuvres ne lui soient reprochées » (Jn 2, 18-20).
Jésus « leur échappa », et se retire en Transjordanie, « à l’endroit où Jean avait commencé à baptiser ». Notre-Seigneur laisse chacun de nous avec sa conscience, confronté à la fois aux « œuvres bonnes » qu’il a accomplies sous nos yeux, et à nos propres œuvres, nettement moins glorieuses. Si en constatant le contraste flagrant, nous reconnaissons notre péché et la justice de celui qui nous parle, si nous acceptons de croire en lui, nous échappons au jugement (cf. Jn 2, 18), « car Dieu a envoyé son Fils dans le monde, non pas pour juger le monde, mais pour que, par lui, le monde soit sauvé » (Jn 2, 17). « Mais du moment que nous disons : “Nous voyons !”, notre péché demeure » (Jn 9, 41).

Père Joseph-Marie

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