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 Les Quatre Portes de l'Enfer

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Nicole
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MessageSujet: Les Quatre Portes de l'Enfer   Sam 26 Fév - 10:07:10

Les Quatre Portes de l'Enfer


IVe DISCOURS
Des quatre principales portes de l’enfer.
[Defixoe sunt in terra portoe ejus (Thren. II. 9.)].

La voie qui conduit aux enfers est large, et le nombre de ceux qui la suivent est considérable. Spa-tiosa via est quoe ducit ad perditionem, et multi intrant per eam. (Matth. VII. 13.). Or l’enfer a plu-sieurs portes, ces portes sont placées sur notre terre : Defixoe sunt, etc. Ce sont les vices par lesquels les hommes offensent Dieu et attirent sur eux les châtiments et la mort éternelle. De tous les vices, ceux qui font tomber aux enfers le plus d’âmes, sans parler des punitions temporelles qu’ils attirent, sont au nombre de 4 : la haine, le blasphème, le vol et l’impureté. Voilà les 4 principales portes par lesquelles on entre aux enfers ; c’est de ces 4 portes que je veux vous parler aujourd’hui afin que nous nous corrigions promptement. Si nous tardons trop, Dieu y mettra la main, mais ce sera pour notre perte.



La première porte de l’enfer


, c’est la haine ; car de même que le paradis est un royaume d’amour, l’enfer est un lieu de colère et de haine. Mon père, dira quelqu’un d’entre vous, je suis sensible et reconnaissant, j’aime beaucoup mes amis, mais je ne puis souffrir qu’on me fasse le moindre tort. Mais, mon cher frère, ce que vous dites là, les barbares de l’Orient le disent aussi. Nonne ethnici hoc faciunt ? (Matth. V. 47.). Vouloir du bien à qui vous fait du bien, c’est une chose toute naturelle ; non-seulement les peuples sauvages le pratiquent ainsi, mais les bêtes féroces elle-mêmes, se montrent sensibles aux bienfaits. Ego autem dico vobis : Diligite inimicos vestros. Voyez, dit Jésus-Christ, quelle est la loi que je vous propose de suivre ; c’est une loi toute d’amour ; je veux que vous aimiez vos ennemis. Benefacite eis qui oderunt vos ; que vous fassiez du bien à ceux qui vous haïssent. Et orate pro persequentibus vos, que vous priiez pour ceux qui vous poursuivent, si vous ne pouvez faire autre chose ; de cette manière vous serez véritablement le fils de Dieu. Ut sitis filii patris vestri qui in coelis est. (Matth. Ibid.). Saint Augustin a donc raison de dire que l’amour seul fait reconnaître les fils de Dieu et les distingue des fils du démon. Sola dilectio discernit inter lilios Dei et filios daiboli. Ainsi ont fait les saints, ils ont aimé leurs ennemis. Une femme avait calomnié sur ses mœurs Sainte Catherine de Sienne ; elle tomba dangereusement malade ; la Sainte alla remplir auprès d’elle les fonctions de domestiques. Saint Acaje vendit ses habits pour secourir un homme qui avait voulu lui ravir la réputation. Saint Ambroise assigna une pension à un assassin qui avait attenté à sa vie, pour qu’il pût vivre commodément. Voilà ceux qui véritablement pouvaient s’appeler fils de Dieu. C’est une étrange chose, dit Saint Thomas de Villeneuve ; combien de fois aurons-nous reçu quelque déplaisir de la part d’un homme ? un ami s’interpose, et nous pardonnons. Dieu nous ordonne de pardonner, et nous ne voulons pas obéir.

Celui-là peut seulement espérer le pardon, qui l’accorde lui-même à ses ennemis ; il a la promesse formelle de Dieu : Dimittite et dimittemini (Luc. VI. 37.). Dimmittendo aliis, disait Saint Chrysos-tôme : Veniam tibi dedisti. Mais celui qui veut se venger des autres, peut-il prétendre par lui-même au pardon de ses fautes ? il ne peut réciter l’oraison dominicale sans se condamner lui-même : Sei-gneur, pardonnez-moi comme je pardonne à mes ennemis ; or il veut se venger de ses ennemis, c’est donc comme il disait à Dieu : Seigneur, ne me pardonnez pas, parce que je ne veux point pardonner. Tu in temetipsum fers sententiam. Tu prononces toi-même ta sentence, disait Saint Jean Chrysostôme, tu peux bien t’attendre à être jugé sans miséricorde, puisque tu ne veux pas en avoir pour ton prochain. Judicium eum sine misericordia illi qui non fecerit misericordiam. (Jac. II. 3.). Osera-t-il demander à Dieu le pardon de ses fautes celui qui ne pardonne pas à son ennemi comme Dieu le lui ordonne ? Quâ fronte indulgentiam peccatorum obtinere poterit qui proecipienti dare veniam non acquiescerit ? Ainsi, mon cher frère, si vous prétendez vous venger, vous pouvez d’avance renoncer au paradis. Foris canes. (Apoc. XXII. 15.). Les chiens, à cause de leur naturel, sont regardés comme le symbole des vindicatifs ; ces chiens, avides de vengeance, sont repoussés du paradis : ils ont un enfer dans ce monde, ils en trouvent un dans l’autre. L’homme haineux, dit Saint J. Chrysostôme, n’a jamais de paix ; sa vie est un orage. Qui inimicum habel, numquam fruitur pace ; perpetuo oestruat. (Homil. 22.).

Mais, direz-vous, cet homme m’a ôté l’honneur : honorem meum nemini dabo. Voilà la belle sen-tence qu’ont toujours à la bouche ces chiens infernaux qui veulent se venger ; il m’a ôté l’honneur, je veux lui ôter la vie. Vous voulez lui ôter la vie ! Etes-vous donc le maître de la vie d’un homme ? Dieu seul en est le maître : Tu es Domine, qui vitoe et mortis habes potestatem. (Sap. XVI. 23.). La vengeance n’est permise qu’à Dieu : Mea est ultio, et ego retribuam in tempore. (Deut. XXXII. 35.). Mais quel autre remède, dites-vous encore, pour mon honneur outragé ? Comment ? Pour votre honneur vous voulez donc fouler aux pieds l’honneur de Dieu ? Ne savez-vous pas, dit Saint Paul, que lorsque vous agissez contre la loi de Dieu, vous déshonorez Dieu : Per proevaricationem legis Deum inhonoras. (Rom. II. 13.). De quel honneur parlez-vous ? Est-ce de l’honneur d’un sauvage, d’un idolâtre ? L’honneur d’un chrétien est d’obéir à Dieu et d’observer sa loi. Mais les autres me regardent comme un homme vil ; dites-moi, vous dit Saint Bernard, si votre maison allait s’écrouler sur vous, manqueriez-vous de fuir parce que les autres vous tiendraient pour poltron ? Et pour ne pas encourir le blâme des autres, vous voulez vous-même vous condamner aux peines de l’enfer. Si vous pardonnez, les gens de bien vous loueront. Voulez-vous dignement vous venger, dit Saint J. Chrysostôme, faites du bien à votre ennemi : Beneficiis eum affice et ultus es. (Hom. XX. 6.). Car alors c’est de votre ennemi, non de vous qu’on pensera mal. Il n’est point vrai d’ailleurs q’un homme perde l’honneur, parce qu’après avoir reçu une injure, il dira : je suis chrétien, je ne puis ni ne dois me venger. Assurément, il ne perdra point l’honneur, et il sauvera son âme. Celui qui se venge sera châtié de Dieu non-seulement dans l’autre vie, mais encore dans celle-ci. Qu’il parvienne à se soustraire à la justice des hommes, cela se peut ; mais quelle vie que la sienne ! toujours obliger de fuir ou de se cacher, poursuivi par la crainte ou par la vengeance même des parents de la victime, et plus encore par les remords, privé de la grâce divine, condamné aux peines de l’enfer, aura-t-il un seul instant de repos et de bonheur ? Et remarquez bien, mes auditeurs, que le désir de la vengeance est un pêché aussi grave, que la vengeance même. S’il nous arrive donc de recevoir une injure, qu’avons-nous à faire ? Au moment même où l’injure a le plus excité notre ressentiment, ayons recours à Dieu et à la Sainte Vierge, prions-les de nous aider, de nous donner la force de pardonner ; écrions-nous : Seigneur, je pardonne par l’amour de vous l’offense qui m’a été faite ; daignez me pardonner celles que vous avez reçues de moi.




Passons à la seconde porte de l’enfer, le blasphème.


Quelques personnes, dans l’adversité, ne s’en prennent pas aux hommes, mais elles s’attaquent à Dieu même, d’abord en blasphémant contre ses saints, ensuite en le maudissant lui-même. Savez-vous, mes frères, quel énorme péché est le blasphème ? Omne peccatum comparatum blasphemioe, dit un auteur, levius est. Blasphemia pejus nihil, ait dit Saint J. Chrysostôme. (Hom. 1. ad pap. Ant.). Les autres péchés, dit Saint Bernard, proviennent de fragilité ; celui-ci est out entier le fruit de la malice : Alia-peccata videntur procedere ex fragilitate et ignorentia sed blasphemia procedit ex propia malilia. (Sem. 33.). C’est donc avec raison que Saint Bernardin de Sienne appelle le blas-phème péché diabolique, car, semblable au démon, le blasphémateur insulte face à face le Dieu qu’il connaît. Il est pire que les chiens, car les chiens ne mordent pas le maître qui les nourrit, mais le blasphémateur outrage Dieu son bienfaiteur. Quel supplice sera donc suffisant, dit Saint Augustin, pour punir un crime aussi horrible ? Quoe suppicia sufficient cum Deo fit tam nefaria injuria ! (De Civ. Dei. Cap. IX). Nous ne devons pas nous étonner, dit le Pape Jules III dans sa bulle XXXIII, que les calamités qui nous affligent ne cessent pas quand nous voyons au milieu de nous un tel péché : Minime mirandum si flagella non amoveantur. Lorinus (in cap. 24. Levit) dit que dans le préambule de la Pragmatique-Sanction en France on lit que le roi Robert priant pour la paix du royaume, le crucifix lui répondit qu’il n’aura jamais la paix dans son royaume, tant que la race des blasphémateurs n’en aura pas été complètement extirpée. Le Seigneur menace de destruction le royaume où règne ce vice maudit : Blasphemaverunt sanctum Israel,… terra deserta desolabitur. (Is. I. exV. 4.).

Oh ! que ne se trouve-t-il des hommes capables de faire ce que dit Saint J. Chrysostôme : Contere os ejus, percussione manum tuam sanctifica. Il faudrait briser la bouche de ces maudits blasphémateurs et ensuite les lapider, comme l’ordonnait l’ancienne loi : Qui blasphemaverit nomen domini, lapidibus obruet eum monis mutitudo. (Lev. XXIV. 16.). Mais il vaudrait mieux leur faire le traite-ment qu’ils recevaient en France au temps de Saint Louis, leur percer les lèvres d’un feu brûlant. Il arriva qu’un noble ayant blasphémé, un grand nombre de personnes allèrent intercéder pour lui au-près du roi, le conjurant de lui épargner le supplice auquel on l’avait condamné ; mais le roi demeura inflexible, et il voulut que la sentence fût ponctuellement exécutée, et comme quelques personnes l’accusaient de cruauté, il répondit qu’il aurait mieux aimé subir le supplice lui-même que de souffrir que Dieu fût outragé dans son royaume.

Dites-moi, blasphémateur, de quel pays êtes-vous ? Je répondrai pour vous ; vous êtes de l’enfer. Saint Pierre dans la maison de Caïphe, fut reconnu pour Galiléen à son langage : Vere et tu ex illis es, nam et loquela tua manifestum te facit. (Matth. XXVI. 73.). Quel est le langage des damnés ? Le blasphème : Et blasphemaverunt Deum coeli proe doloribus et vulneribus suis. (Apoc. XVI. 11.). Quel fruit retirerez-vous de vos blasphèmes ? Vous n’en retirerez aucun profit temporel ; ne voyez-vous pas au contraire que ce sont vos blasphèmes qui vous tiennent dans l’indigence ? Miseros facit populos peccatum. (Prov. XIV. 34.). Vous n’en retirerez pas du plaisir ; car quel plaisir sauriez-vous prendre à blasphémer les saints. Plaisir de réprouvé ; le premier moment de fureur passé, quelle peine, quelle amertume je vois au fond de votre cœur ! Les saints vous font-ils quelque reproche ? De quoi vous plaignez-vous contre eux ? Il vous assistent, ils prient pour vous, et vous les maudissez ? Ah ! mon frère, prenez la ferme résolution de vous corriger promptement de ce vice. Prenez-y garde, si vous ne vous corrigez pas de bonne heure, vous le traînerez jusqu’à votre dernière heure, et vous ferez comme beaucoup d’autres qui sont morts le blasphème à la bouche. Mais que puis-je faire, me dites-vous, lorsque j’entre dans un accès de fureur ? Eh quoi ! ne trouvez-vous donc des expressions que pour blasphémer ; dites plutôt : Maudit soit mon péché ; dites : Vierge Sainte, don-nez-moi de la patience ! Cette fureur, cette effervescence de la passion se calmera et vous trouverez la grâce de Dieu, et si vous dédaignez ce conseil, qu’aurez-vous ? Plus de tourments, et puis l’enfer.




Voyons maintenant une autre grande porte de l’enfer, par laquelle entrent un grand nombre d’hommes : je veux dire le vol.


Il y en a qui font leur dieu de l’argent, et qui regardent l’argent comme le but unique de toutes leurs actions : Simulacra gentium argentum et aurum. (Psalm. CXIII. 14.). Mais l’apôtre condamne ces hommes avides : Neque fures, neque rapaces regnum Dei possidebunt. (I. Cor. VI.9.). Le vol, dit Saint Augustin, n’est pas le plus grand péché mais c’est le plus dangereux pour le salut : Nullum peccatum periculisum furto. En voici la raison ; c’est que pour obtenir le pardon des autres péchés, il suffit d’en avoir un véritable repentir ; mais le repentir ne suffit pas dans le cas de vol ; il faut encore la restitution des objets volés, et cette restitution est difficile à faire. Un certain ermite eut une vision. Il vit Lucifer sur son trône demandant à un démon pourquoi il était resté si longtemps absent, celui-ci répondit qu’il s’était arrêté à tenter un voleur pour l’empêcher de restituer. Alors Lucifer ordonna qu’on châtiât sévèrement ce démon maladroit. A quoi bon lui dit-il, perdre ainsi le temps ; ne sais-tu pas que celui qui s’est emparé du bien d’autrui, ne le restitue pas ? Et en vérité la chose n’est que trop réelle. On s’attache au bien dérobé comme à son propre sang, et il en coûte un peu trop de se priver de son sang pour les autres. L’expérience de chaque jour le démontre. Il se commet d’innombrables vols : combien voit-on de restitutions ?

Gardez-vous, mon cher frère de prendre ou de retenir le bien d’autrui, si vous avez sur ce point quelque reproche à vous faire, apportez au mal un prompt remède. Si vous ne pouvez à la fois resti-tuer en entier, faites-le peu à peu, sachez que le bien d’autrui ne prospère pas dans les mains du ra-visseur. Vous avez dépouillé les autres, les autres vous dépouilleront, dit le prophète : Quia tu spo-liasti gentes multas, spoliabunt te omnes. (Habac. II. 9.). Le bien d’autrui porte malheur : Hoec est malediction, quoe egretur super faciem omnis terroe… et veniet ad domum furis. (Zach. V. 3.). Cela signifie, dit Saint Grégoire de Naziance, que celui qui retient le bien d’autrui, perdra tôt ou tard ce bien et le sien propre : Qui opes inique possidet, etiam suas amittit. Les biens d’autrui sont comme le feu et la flamme ; ils détruisent tout ce qu’ils touchent.

Mères, épousent, soyez attentives, quand vos fils ou vos maris apportent chez vous des objets déro-bés, n’applaudissez point, ne gardez point un coupable silence ; reprochez leur amèrement leur faute. Tobie entendit un agneau bêler dans sa maison ; allez voir, dit-il allez voir à qui appartient cet agneau, et qu’on le rende à son maître : Videte ne forte futivus sit ; reddite eum. (Tob. II. 21.). Saint Augustin dit que Tobie, parce qu’il aimait Dieu, nolebat sonum furti audire in domo. Certaines gens en s’appropriant le bien d’autrui, font quelques aumônes pour tranquilliser leurs consciences ; mais non vult Christus rapina nutriri, dit Saint J. Chrysostôme ; le Seigneur ne veut pas qu’on le revête de parures empruntées. Au reste, les vols des nobles et des grands personnages, sont les injustices, le dommage causé aux autres, le tort qu’on fait aux pauvres en les privant de ce qui leur est dû. Ce sont là de véritables vols qui obligent à l’entière réparation du préjudice ; mais la restitution est ici très difficile à faire, et faute de la faire beaucoup de gens se damnent.




Nous arrivons enfin à la quatrième porte de l’enfer, celle par laquelle entrent le plus grand nombre des damnés : l’impureté.


L’impureté, dit-on, n’est pas un péché bien grave. Comment ? il n’est pas bien grave ! N’est-ce donc pas un péché mortel ? Ce péché est si révoltant, dit Saint Antonin, que les démons eux-mêmes ne peuvent le supporter. Il y a même des docteurs qui soutiennent que certains démons qui ont été d’un rang supérieur aux autres, se rappelant leur ancienne noblesse, dédaignaient de tenter l’homme pour ce péché ; figurez-vous donc combien d’horreur et de dégoût devra inspirer au Seigneur celui tel qu’un chien effronté, ou tel qu’un animal immonde se vautrera dans la fange de ce vice détes-table : Canis reversus ad suum vomitum, et sus lota in volutabro luit. (II. Petre. II. 22.). Mais les impudiques prétendent que Dieu aura compassion de ceux qui se livrent à ce péché, parce qu’ils sont de chair et par conséquent fragiles. Quel langage est-cela ? Ignorez-vous que les plus terribles châtiments que Dieu a infligés aux hommes ont toujours été la peine de ce péché ? C’est l’écriture sainte qui nous le dit, si Dieu a quelquefois montré du repentir d’avoir créé l’homme , dit Saint Jé-rôme, c’est parce que l’homme s’est rendu coupable de ce péché hideux : Poenituit eum quod ho-minem fecisset… omnis quippe caro corruperat viam suam. (Gen. VI.). Et c’est pour cela, dit Eu-sèbe, que les châtiments ont été si rigoureux : Pro nullo peccato tam manifestam justitiam exercuit Deus, quam pro isto. (Euseb. Epist. Ad Dama.). Le feu du ciel tombé sur 5 villes, engloutit dans un gouffre de feu tous leurs habitants coupables d’impureté. Ce fut pour la même cause que Dieu en-voya le déluge universel qui fit périr tout le genre humain, une famille exceptée. Ce péché Dieu ne le punit pas seulement dans l’autre vie, il le punit encore dans celle-ci. Il suffit pour s’en convaincre d’entrer dans un hospice. Combien de jeunes auparavant forts et robustes, aujourd’hui pâles, blêmes, exténués, pleins de douleurs, mutilés en expiation de ce péché maudit : Oblita es mei, et projecisti me post corpus tuum ; tu quoque porta scelus tuum et fornicationes tuas. (Ezech. XXIII. 25.). Puisque tu m’as oublié, dit le Seigneur, et que pour le misérable plaisir de ton corps tu t’es éloigné de moi, je veux qu’à compter de cette vie même tu portes le prix de ta scélératesse.

Dieu a compassion de ce péché ? et c’est celui qui traîne le plus d’âmes aux enfers. La plus grande partie des damnés, dit saint Rémi, ne le sont que pour leur impureté. Le P. Segneri dit que l’impureté rempli le monde de pécheurs et l’enfer d’âmes. Hoc peccatum, dit Saint Bernard, quasi totum mundum trahit ad supplicium. (Tom. IV. Serm. 21.). Saint Isidore avait dit avant Saint Bernard : Magis per luxuriam humanum genus subditur diaboli, quam per coetera vitia. (Lib. II. Sen. Cap. 3.). La raison en est simple, c’est que notre inclination naturelle nous porte à ce vice. Aussi le docteur angélique dit-il que le démon se complaît infiniment à voir l’homme livré à ce péché, parce que ce péché attache, et qu’une fois plongé dans le vice, il est presque impossible d’en sortir. Nullus in peccato tenacior, dit Saint Thomas de Villeneuve, quam luxuriosus. (Cap. I. de S. Ildeph.). Il y a plus, ce vice nous ôte la lumière céleste au point que l’impudique oublie Dieu tout à fait. Voluptates impudicoe, dit Saint Laurent Justinien, oblivionem dei inducunt. (De lib. Vitae.). cela se rapporte à ses paroles du prophète Osée. Non dabunt cogitationes suas, ut revertantur ad Deum suum, quia spritus fornicationum in medio eorum et Doninum non cognoverunt. (Os. V.). L’impudique mécon-naît Dieu ; il n’obéit plus ni à Dieu ni à la raison, comme le dit Saint Jérôme. Il n’obéit qu’à l’effervescence des sens, qui le rendent semblable aux bêtes. Nec paret rationi qui empetu ducitur. (S. Hier. In ep.).

Comme ce péché flatte les sens, il fait de suite contracter des habitudes funestes qui durent jusqu’à la mort. Vous verrez souvent des hommes mariés et même des vieillards décrépits livrés à de mau-vaises pensées et à tous les péchés de leur jeunesse. Ce péché d’ailleurs est si aisé à commettre que les fautes se multiplient au-delà de tout nombre. Demandez à un de ces pécheurs combien de fois il s’est abandonné à ses mauvaises pensées, il vous dira qu’il ne s’en souvient pas. Mais, mon cher frère, si vous ne connaissez plus le nombre de vos péchés, Dieu s’en souviendra ; et vous savez bien qu’un seul de ces péchés suffit pour vous précipiter dans l’enfer. Combien de paroles obscènes que vous avez proférées complaisamment, au grand scandale des autres ! Or, des pensées et des paroles on arrive aux faits et l’on finit par se plonger dans les voluptés les plus immondes, sus in volutabro lutti, sans se rassasier jamais, et voilà pourquoi ce péché se renouvelle chaque jour, et à chaque ins-tant. Mais quel parti prendre, dites-vous, contre tant de tentations dont je suis assailli ? Je suis fra-gile, je suis de chair. Eh bien ! puisque vous êtes fragile, que ne vous recommandez-vous à Dieu et à la Vierge Marie, source de toute pureté ? Puisque vous êtes de chair, pourquoi ne fuyez-vous pas l’occasion ? Pourquoi ne mortifiez-vous pas vos regards ? Saint Louis de Gonzague ne levait jamais les yeux sur une femme, même sur sa mère. Observez encore que le péché d’impureté est souvent cause de beaucoup d’autres péchés ; qu’il fait naître des haines violentes, qu’il provoque au vol, et surtout qu’il entraîne au sacrilège dans la confession et dans la communion, parce que qu’on rougit d’avouer toutes se faiblesses. Remarquons de plus en passant que c’est à la suite des sacrilèges que viennent les maladies et la mort. Qui enim manducat et bidit indigne, dit l’apôtre, judicium sibi manducat et bidit, non dijudicans corpus Domini… Ideo inter vos multi infirmi et imbecilles, et dormiunt multi. (I Cor. XII. 19.). Saint Chrysostôme, en expliquant ce texte, dit que saint Paul parle de ceux qui sont punis par des maladies mortelles pour avoir reçu les sacrements en état d’indignité. Quando quidem peccabant quod participes fierent mysteriorum, non expurgata conscientia. (Chrys. In cap. 3 Isa.).

Toutefois, mon cher frère, je ne veux point que vous vous livriez au désespoir, s’il vous arrive de vous trouver plongé dans des habitudes vicieuses ; mais levez-vous et sortez promptement de cette porte d’enfer, promptement, et tandis que Dieu vous éclaire et qu’il vous tend la main pour vous soutenir. La première chose à faire, c’est d’éviter les occasions ; car autrement tout sera inutile : sermons, bons propos, larmes, confessions ; fuyez les occasions et puis recommandez-vous sans cesse à Dieu et la Vierge Marie, Mère de la chasteté. Quand vous éprouverez quelque tentation, ne vous arrêtez pas à discuter avec elle, mais invoquez soudain les noms de Jésus et de Marie. Ces noms sacrés mettent le démons en fuite, et ils éteignent l’ardeur infernale qui vous brûle ; si le démon continue à vous tenter, continuez à invoquer Jésus et Marie, et certainement vous ne tomberez pas. Pour déraciner ensuite les mauvaises habitudes, tâchez de faire quelque dévotion particulière à la Sainte Vierge : commencez le samedi à jeûner en son honneur ; allez chaque jour visiter quelqu’une de ses images ; priez-la de vous délivrer du vice qui vous afflige. Ne manquez pas le matin, aussitôt à votre lever et le soir avant de vous coucher, de dire 3 Ave Maria en l’honneur de sa pureté ; et surtout, comme je l’ai dit, dès que la tentation se montre, invoquez Jésus et Marie. Prenez-y bien garde, mon cher frère, car si vous ne vous amendez maintenant, vous ne trouverez peut-être plus l’occasion ou la volonté de la faire. (L’acte de contrition).






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